Narges Mohammadi « entre la vie et la mort » : l’appel urgent de ses soutiens

Iran: Narges Mohammadi "entre la vie et la mort", selon ses soutiens

Narges Mohammadi dans un état critique : ses proches tirent la sonnette d'alarme

L'état de santé de Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran, suscite une vive inquiétude à travers le monde. Le 5 mai 2026, ses soutiens ont déclaré qu'elle était « entre la vie et la mort », après avoir été hospitalisée en urgence le vendredi 1er mai à Zanjan, dans le nord-ouest du pays. Selon la fondation qui porte son nom, la militante de 54 ans a subi « une détérioration catastrophique de sa santé », marquée par deux épisodes de perte de connaissance et une grave crise cardiaque.

Son frère, Hamidreza Mohammadi, basé en Norvège, a confié à la BBC se réveiller chaque jour « en attendant le pire appel possible ». Il a précisé que sa sœur souffrait d'hypotension et avait été victime d'un infarctus. Elle avait déjà été retrouvée inconsciente fin mars par ses codétenues de la prison de Zanjan, après un probable arrêt cardiaque. Les autorités pénitentiaires avaient alors refusé de la transférer à l'hôpital, malgré ses antécédents cardiovasculaires et pulmonaires.

Depuis son admission à l'unité de soins intensifs cardiologiques, son état reste instable. La fondation Narges Mohammadi a indiqué que son traitement se limite à une oxygénothérapie pour tenter de stabiliser sa tension, qui continue de fluctuer dangereusement. Ses proches réclament son transfert immédiat vers un hôpital de Téhéran, où son équipe médicale personnelle pourrait lui prodiguer des soins adaptés. « Le seul traitement efficace pour les pathologies de Narges Mohammadi n'est possible que si elle est transférée vers son équipe médicale à Téhéran », a souligné la fondation dans un communiqué.

Le comité Nobel et les soutiens internationaux montent au créneau

Face à cette situation critique, le président du comité Nobel norvégien, Joergen Watne Frydnes, a lancé un appel solennel aux autorités iraniennes. « Sa vie est entre les mains des autorités iraniennes », a-t-il déclaré samedi 2 mai, réclamant sa libération immédiate pour qu'elle puisse recevoir les soins nécessaires. Il a rappelé que la lauréate est emprisonnée « uniquement pour son travail pacifique en faveur des droits humains ». Le comité Nobel avait déjà demandé sa libération en février, après qu'elle a été condamnée à une nouvelle peine de 7 ans et demi de prison, quelques semaines avant le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

À Paris, une conférence de presse a été organisée le 5 mai par le comité de soutien à Narges Mohammadi. Son avocate, Chirinne Ardakani, a exhorté le président Emmanuel Macron à adopter « une position forte » face à l'Iran. « Nous ne nous battons pas seulement pour la liberté de Narges, nous nous battons pour que son cœur continue de battre », a-t-elle lancé. Le responsable Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF), Jonathan Dagher, a insisté sur l'urgence : « Quand on dit aujourd'hui qu'elle est entre la vie et la mort, c'est la première fois qu'on évoque un risque de mort. Il faut agir avant qu'il ne soit trop tard. »

Narges Mohammadi a perdu 20 kg en prison et serait aujourd'hui « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation. Elle a des difficultés à s'exprimer et nécessite des soins spécialisés que l'hôpital de Zanjan ne peut pas lui offrir, selon ses proches.

Une militante de longue date, symbole de la résistance iranienne

Narges Mohammadi a consacré plus de deux décennies au militantisme pour les droits des femmes, l'abolition de la peine de mort et la défense des prisonniers politiques en Iran. Son engagement lui a valu de multiples arrestations et condamnations. Elle a été arrêtée une nouvelle fois le 12 décembre 2025 à Machhad (est de l'Iran), après avoir dénoncé le décès d'un avocat, Khosrow Alikordi, lors d'une cérémonie funéraire. Le procureur Hasan Hematifar lui a reproché des « propos provocateurs ».

En février 2026, la fondation Narges Mohammadi a annoncé qu'elle avait été condamnée à 7 ans et demi de prison supplémentaire. Cette sentence est intervenue dans un contexte géopolitique tendu, quelques semaines avant le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le prix Nobel de la paix lui avait été décerné en 2023 « pour sa lutte contre l'oppression des femmes en Iran et sa promotion des droits humains et de la liberté pour tous ».

Des implications géopolitiques et humanitaires majeures

L'état de santé critique de Narges Mohammadi intervient dans un contexte régional explosif. Depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, la répression s'est accrue à l'intérieur du pays, et les conditions de détention des opposants politiques se sont encore durcies. La militante est détenue dans la prison de Zanjan, où elle purgeait déjà une peine pour ses activités pacifiques.

L'affaire prend une dimension diplomatique nouvelle. Les appels à une intervention française se multiplient, alors que le mari et les deux enfants de Narges Mohammadi résident à Paris. L'avocate de la famille a estimé qu'il était légitime d'attendre du président Macron « une position forte », sans que cela soit « excessif ». Pour l'instant, aucune déclaration officielle de l'Élysée n'a été rendue publique.

Cette situation rappelle celle d'autres figures de l'opposition iranienne, comme Mohsen Shekari ou Mahsa Amini, dont les morts avaient déclenché des vagues de protestations massives en 2022. L'issue du sort de Narges Mohammadi pourrait avoir des répercussions significatives sur la dynamique des droits humains en Iran et sur les relations internationales de la République islamique.

Le compte à rebours est lancé

Alors que les heures passent, l'angoisse grandit parmi les défenseurs des droits humains. La fondation Narges Mohammadi a réitéré son appel urgent pour que la lauréate soit transférée à Téhéran, où elle pourrait bénéficier de soins spécialisés. « Il y a un danger de mort aujourd'hui, il faut agir avant que ce soit trop tard », a martelé Jonathan Dagher de RSF.

Le cas de Narges Mohammadi cristallise les tensions entre la communauté internationale et le régime iranien. Son état de santé critique pourrait devenir un test de la capacité des pressions internationales à infléchir les pratiques du pouvoir iranien. La militante incarne, aux yeux de ses soutiens, la résistance pacifique face à l'oppression. Sa survie dépend désormais de la volonté des autorités iraniennes de lui accorder des soins adéquats.

Parallèlement, d'autres actualités internationales continuent d'occuper le devant de la scène. Par exemple, Connor Storrie fait ses débuts éclatants au Met Gala 2026, un événement mondain qui contraste avec la gravité de la situation iranienne. Mais pour l'heure, tous les regards se tournent vers Zanjan, où le sort d'une femme qui a consacré sa vie à la liberté est en suspens.

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