Naomi Osaka s'incline en demi-finale du DC Open
Naomi Osaka ne disputera pas la finale du Mubadala DC Open. La Japonaise, quadruple championne du Grand Chelem, a été battue samedi en demi-finale par la Filipina Alexandra Eala, 21 ans, en deux sets secs : 6-4, 6-2. Une défaite frustrante pour Osaka, qui avait montré de belles choses plus tôt dans la semaine, notamment en quart de finale. Mais l'essentiel, pour elle, n'est peut-être pas là : à un mois de l'US Open, cette semaine dans la capitale américaine avait aussi pour but de retrouver des repères et la confiance.
Alexandra Eala, elle, continue d'impressionner. Déjà tombeuse de la tenante du titre Leylah Fernandez et d'Elina Svitolina, elle s'offre une nouvelle victoire de prestige et se qualifie pour sa première finale en catégorie WTA 500. Elle y affrontera l'Américaine Jessica Pegula, numéro 3 mondiale, qui a dû batailler pour venir à bout de la Russe Diana Shnaider en deux sets accrochés (7-5, 6-4).
Une semaine contrastée mais encourageante pour Osaka
Avant cette défaite en demi-finale, Naomi Osaka avait livré une semaine contrastée à Washington. Après une élimination au troisième tour à Wimbledon en juillet, elle cherchait à retrouver des sensations sur dur, elle qui a remporté deux de ses quatre Majeurs sur cette surface, à l'US Open. Dans la capitale fédérale, elle a montré des séquences de très bon tennis, notamment au service et en coup droit, mais a aussi affiché des passages à vide qui lui ont coûté cher face à une adversaire aussi solide qu'Eala.
L'ancienne numéro 1 mondiale a surtout marqué les esprits hors des courts. Comme le raconte The Athletic, elle a organisé un barbecue gratuit pour ses fans, une initiative rare sur le circuit, où elle a pu échanger avec le public, notamment avec de nombreuses femmes noires venues l'encourager. « Il n'y a pas beaucoup de diversité sur le circuit, et quand je suis venue ici, j'ai vu tellement de belles femmes noires. Elles sont toutes venues vers moi et m'ont prise dans leurs bras, je me suis sentie tellement accueillie et aimée », a-t-elle confié. Une démarche qui lui a valu de nombreux éloges et qui illustre son lien particulier avec le public.
Sur le plan sportif, Osaka a confirmé qu'elle visait une montée en puissance pour l'US Open, dernier Grand Chelem de la saison. Prochaine étape : le tournoi WTA 1000 de Toronto, où elle tentera d'aller plus loin que l'an passé (défaite au premier tour).
Alexandra Eala, la nouvelle pépite asiatique
À seulement 21 ans, Alexandra Eala est en train de devenir l'une des joueuses les plus en vue de la saison. Commencée à la 50e place mondiale, elle pointera lundi au 24e rang, son meilleur classement. Sa progression est fulgurante : elle a déjà battu six joueuses du top 10 cette saison, dont Iga Swiatek à Wimbledon, où elle a atteint les huitièmes de finale, une première pour une joueuse philippine dans l'ère Open.
Face à Osaka, elle a fait preuve d'une maturité impressionnante. Après un premier set très disputé, elle a su accélérer au meilleur moment, breakant à 5-4 avant de servir pour le set. Dans la deuxième manche, elle a immédiatement pris le service de son adversaire et n'a plus jamais été inquiétée. Elle a notamment remporté 71 % de ses points derrière sa première balle, un secteur où elle a énormément progressé.
« Je suis plus complète qu'avant, physiquement un peu plus forte. J'ai très bien joué, j'ai eu une grande mentalité et je suis restée concentrée jusqu'à la fin », a analysé la Filipina, qui s'est qualifiée pour sa deuxième finale sur le circuit WTA après celle perdue à Eastbourne en 2025. Jessica Pegula, son adversaire dimanche, a d'ailleurs prévenu : « Elle est l'avenir du circuit. »
Cette finale, qui s'annonce passionnante, opposera deux générations : d'un côté Pegula, 32 ans, membre du top 5 depuis plusieurs saisons, toujours à la recherche d'un premier titre en WTA 500 ; de l'autre Eala, qui joue sans pression et pourrait devenir la première joueuse philippine à remporter un titre WTA en simple. Les deux joueuses se sont déjà affrontées en demi-finale du Masters de Miami l'an dernier, avec une victoire en trois sets de l'Américaine. Mais depuis, Eala a clairement franchi un palier.
Cap sur l'US Open : le rendez-vous manqué de Washington ?
Pour Naomi Osaka, cette défaite à Washington n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Elle a montré des choses intéressantes et a engrangé du temps de jeu, précieux avant l'US Open, qui débutera le 31 août à Flushing Meadows. La Japonaise a toujours brillé à New York, où elle s'est imposée en 2018, 2019 et 2021. Elle y avait également atteint les quarts de finale l'an dernier.
Reste que la concurrence sera rude. Outre la domination d'Aryna Sabalenka et d'Iga Swiatek, la nouvelle génération pousse fort, à l'image d'Eala, mais aussi de la jeune Américaine Emma Navarro ou de la Russe Diana Shnaider. Osaka le sait : pour aller loin, il faudra éviter les baisses de régime qui lui ont coûté cher cette semaine. Sa préparation se poursuivra donc à Toronto, où elle tentera de confirmer avant de se rendre à Cincinnati, puis à New York. Une chose est sûre : la route vers un cinquième titre du Grand Chelem est semée d'embûches, mais la championne japonaise a encore une fois montré qu'elle avait toujours faim. Simplement, elle devra être plus constante. Et c'est peut-être là tout le défi de cette fin de saison.
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