Marc Marquez impérial à Misano, Bagnaia sombre
Marc Marquez a signé sa sixième victoire de la saison en sprint en s'imposant sur le circuit de Misano lors du Grand Prix de Saint-Marin. Le pilote Ducati, parti deuxième sur la grille, a pris la tête dès le premier tour en profitant d'un choix de pneu arrière medium, là où son rival Marco Bezzecchi restait fidèle au soft. Une stratégie payante qui lui a permis de contenir le retour de l'Aprilia dans les derniers tours pour s'imposer avec un peu plus d'une seconde d'avance.
« Je savais que les premiers tours seraient cruciaux avec cette gomme medium », a expliqué l'Espagnol, désormais à 14 points du leader du championnat Jorge Martin. Ce dernier, également en medium, n'a pu faire mieux que troisième après avoir longtemps buté sur Fabio Di Giannantonio. Bezzecchi, deuxième, signe son meilleur résultat en sprint cette saison et revient à 22 longueurs de son coéquipier chez Aprilia.
Derrière, Pedro Acosta a sauvé les meubles avec une sixième place pour KTM, tandis que Pecco Bagnaia a vécu un calvaire supplémentaire. Le double champion du monde, qui disputait sa dernière course à domicile avec Ducati, n'a terminé que 13e et n'a toujours pas inscrit le moindre point depuis le Sachsenring en juillet.
Bagnaia parle d'humiliation
Le contraste est saisissant. Alors que Marquez enchaîne les succès, Pecco Bagnaia traverse la pire crise de sa carrière. « Je me sens frustré, mais aussi humilié par ce qui m'arrive », a-t-il déclaré après la course. « Il est extrêmement facile de voir la différence entre ma moto et toutes les autres Ducati. Le problème est énorme, et nous n'avons pas de réponses. »
Le pilote italien a décrit une perte totale de ressenti, notamment à l'arrière. « Je ne sens aucune différence entre un pneu neuf et un pneu usé, entre le soft et le medium. Quand on en arrive là, c'est que quelque chose ne va pas du tout. » Une situation d'autant plus douloureuse qu'elle intervient lors de sa dernière apparition devant son public sous les couleurs de Ducati, lui qui devrait rejoindre un autre constructeur la saison prochaine.
KTM révèle l'ampleur de sa crise moteur
En marge de ce week-end de course, KTM a levé le voile sur les difficultés techniques qui ont failli faire dérailler sa saison. Pit Beirer, directeur de la compétition, a révélé que sept moteurs de la RC16 avaient explosé cette année, conséquence d'un défaut de fabrication sur un composant externe soumis à de fortes contraintes.
« Ce fut le moment le plus horrible de tout notre projet MotoGP », confie-t-il. Le plus déroutant ? Les moteurs étaient homologués et scellés depuis la saison précédente. Impossible de les ouvrir sans l'autorisation des rivaux, naturellement méfiants. « Nous avions perdu le contrôle total, sans pouvoir réagir », poursuit Beirer.
La crise est survenue alors que l'équipe autrichienne commençait tout juste à se remettre de graves difficultés financières. À cela s'est ajouté un problème électronique inédit : lors du Grand Prix de Catalogne, le moteur de Pedro Acosta s'est coupé net alors qu'il menait, provoquant une violente collision avec Alex Marquez. Un incident isolé, causé par un dysfonctionnement du boîtier électronique, qui a ajouté à la confusion générale.
Malgré ces déboires, Beirer se veut optimiste pour la suite. La sixième place d'Acosta à Misano, après une performance solide à Aragon, laisse entrevoir des jours meilleurs.
Capirossi honoré, l'Italie célèbre ses légendes
Ce week-end de Misano a également été marqué par l'intronisation de Loris Capirossi comme légende du MotoGP. Le pilote italien, 29 victoires en Grand Prix et 99 podiums en vingt ans de carrière, a reçu sa médaille des mains de Carmelo Ezpeleta, PDG de la MotoGP Group. « C'est un moment incroyablement émouvant », a déclaré Capirossi, encore plus jeune champion du monde de l'histoire à 17 ans. « Je veux remercier tout le monde, car c'est vous qui faites le MotoGP. »
Une saison 2026 sous tension
À quatre courses de la fin, le championnat reste plus indécis que jamais. Marquez revient à 14 points de Martin, tandis que Bezzecchi s'affirme comme un outsider sérieux. Derrière, la crise de Bagnaia et les soubresauts techniques de KTM rappellent que la MotoGP reste un exercice d'équilibre permanent entre performance pure et fiabilité.
Pour Ducati, l'équation est double : gérer la fin de cycle de Bagnaia tout en assurant la transition vers l'ère Marquez. Pour KTM, l'objectif est simple : retrouver une normale mécanique et capitaliser sur les progrès d'Acosta. Quant aux fans, ils retiennent que le spectacle, lui, ne faiblit pas. La lutte pour le titre s'annonce haletante jusqu'au dernier tour.
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