Meta saisit la justice : NSO Group accusé d'avoir violé l'injonction
Meta a déposé lundi 8 juin une plainte pour outrage au tribunal fédéral américain contre le groupe israélien NSO Group. Le géant de la technologie affirme que des tentatives de spear-phishing liées au logiciel espion Pegasus ont visé des utilisateurs de WhatsApp, en violation directe d'une injonction permanente prononcée en 2025. Ce nouvel épisode judiciaire relance un bras de fer qui dure depuis 2019.
Selon Meta, l'attaque découverte est une campagne de « 1-click phishing », où les victimes étaient invitées à cliquer sur des liens malveillants. Les cibles, moins d'une dizaine, se trouvaient principalement en Jordanie et au Liban. La société précise ne pas avoir constaté de compromission sur les comptes identifiés. Les tests effectués par NSO sur des comptes et des groupes WhatsApp ont été démantelés.
Des domaines identifiés comme indicateurs de compromission
Meta a publié une liste de domaines utilisés dans cette attaque : ikhwancast[.]com, ghazacast[.]com et fr24cast[.]com. Ces adresses ont été utilisées pour piéger les utilisateurs. L'entreprise encourage les internautes à vérifier s'ils ont été exposés.
Contexte historique : une décennie de procédure et un verdict en 2025
Cette plainte s'inscrit dans une longue bataille judiciaire. En 2019, Meta avait intenté un procès à NSO Group pour avoir utilisé Pegasus afin de pirater des activistes, des journalistes et des dissidents. En 2025, un jury a accordé 167 millions de dollars de dommages et intérêts à Meta. Ce montant a été réduit à 4 millions de dollars par un juge, mais une injonction permanente interdisait à NSO toute nouvelle intrusion sur WhatsApp ou ses utilisateurs.
L'injonction contestée en appel
NSO Group a fait appel de cette décision. La plainte pour outrage déposée ce mois-ci vise justement à faire respecter l'injonction pendant que l'appel est en cours. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déposé des mémoires d'amicus curiae pour soutenir Meta.
Les enjeux : sécurité nationale et listes noires américaines
NSO Group figure depuis novembre 2021 sur la « Entity List » du gouvernement américain, une liste noire qui restreint les exportations de technologies. L'entreprise a tenté d'en être retirée, arguant notamment de son changement de direction et de son nouveau président exécutif, proche de l'ancien président Donald Trump.
Meta défend le maintien de cette sanction : « Lorsqu'une entreprise malveillante figurant sur la liste des entités du gouvernement américain continue de défier les tribunaux américains, les restrictions existantes doivent rester fermement en place. » Cette position est partagée par John Scott-Railton, chercheur principal au Citizen Lab de l'Université de Toronto, qui estime que les actions de NSO renforcent la nécessité de son maintien sur la liste noire.
Perspectives : vers un durcissement des régulations sur les logiciels espions
Ce nouvel incident soulève des questions sur l'efficacité des sanctions et des interdictions judiciaires face à des sociétés de surveillance internationales. Si NSO Group devait être reconnu coupable d'outrage, cela pourrait constituer un précédent judiciaire important, renforçant la capacité des tribunaux américains à imposer leurs décisions à des entreprises étrangères.
Sur le plan technologique, Meta insiste sur le fait que le chiffrement de bout en bout de WhatsApp protège les messages et les appels, même contre des logiciels comme Pegasus. L'entreprise recommande toutefois aux utilisateurs d'activer les fonctions de sécurité avancées sur leurs smartphones (mode « Protection avancée » sur Android, « Mode verrouillage » sur iOS).
Un signal pour l'industrie tech
Cette affaire pourrait influencer les futures régulations sur la surveillance de masse et le commerce des logiciels espions. Plusieurs enquêtes parlementaires sont en cours, en Europe et aux États-Unis, pour encadrer plus strictement ce secteur. L'attaque de 2026 contre WhatsApp, bien que limitée en nombre de cibles, montre que les menaces persistent et que les acteurs privés doivent rester vigilants.
En parallèle, le monde du sport et de la culture connaît aussi ses propres secousses : alors que la France se prépare pour le Mondial 2026, l'ambiance Mbappé-Kanté : une brouille qui enflamme les Bleus à l’aube du Mondial 2026 est tendue, tandis que Olivier Giroud prolonge à Lille à 39 ans et jouera sous les ordres du fils Ancelotti. Un autre feuilleton agite l'audiovisuel : Bertrand Chameroy quitte France Inter après une seule saison, la matinale se réinvente.
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