Bertrand Chameroy annonce son départ de France Inter
C'est une annonce qui secoue la Maison ronde. Bertrand Chameroy, l'humoriste et chroniqueur star de "C à vous" sur France 5, a officialisé ce lundi 8 juin 2026 sur Instagram son départ de France Inter. Arrivé en septembre 2025 pour animer le billet d'humeur de 7h57 dans la matinale de la station, il ne sera pas de retour à la rentrée. "La fin de saison signera également celle de mon aventure à France Inter", écrit-il sobrement, avant de remercier la direction qui l'a accueilli : "Merci à Adèle Van Reeth et Jonathan Curiel qui m'ont fait venir dans cette belle maison, pour leur confiance."
Dans son message, Bertrand Chameroy évoque avec émotion les liens tissés avec l'équipe de la matinale : "Florence, Patrick, Dominique, Benjamin, alias Benji la Malice... Mes mails VDEF pas DEFDEF mais si celle-ci est def de chez chez vont me manquer. Vous formez une super équipe." Il conclut en adressant un message à celui ou celle qui lui succédera dans ce créneau stratégique : "Je souhaite le meilleur pour la suite à celui ou celle qui officiera à la rentrée à 7h57 en cette année qui s'annonce fort politique."
Ce départ intervient alors que le chroniqueur a livré son dernier billet ce lundi, dans lequel il évoquait la candidature potentielle de Laurent Berger pour la gauche réformiste. Un sujet politique qui illustre bien la tonalité éditoriale qu'il avait insufflée à sa chronique durant cette saison marquée par les tensions autour du service public.
Un turn-over sans précédent dans la matinale de France Inter
Le départ de Bertrand Chameroy n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans une série de départs qui rebattent les cartes de la matinale de France Inter, la reine des audiences du paysage radiophonique français. En février 2026, la directrice de la station Adèle Van Reeth avait quitté son poste, remplacée par Céline Pigalle, alors directrice de l'information de Radio France. Un changement de gouvernance qui a probablement pesé sur les choix d'orientation éditoriale.
À cette même période, Tanguy Pastureau, autre chroniqueur emblématique de la matinale, a annoncé son départ pour RTL. Simon Le Baron, également pilier du 7h-9h, s'en va lui aussi, direction la matinale de France Info. En l'espace de quelques mois, c'est tout l'équilibre de la bande qui a volé en éclats. Un contexte que Bertrand Chameroy n'a pas manqué de commenter avec son humour mordant, notamment lorsqu'Adèle Van Reeth avait reconnu dans Le Parisien avoir dû "recadrer quelque peu" son nouveau chroniqueur, soulignant la difficulté de l'exercice radiophonique : "L'exercice est hyper compliqué… Bertrand doit apprendre un langage radiophonique qui n'est pas le même qu'à la télé."
Cette saison 2025-2026 restera donc comme celle d'une transition tumultueuse pour la station publique, confrontée à une légère baisse d'audience et à des attaques récurrentes de l'extrême droite contre le service public, auxquelles Bertrand Chameroy n'a pas hésité à répondre dans ses chroniques, comme en témoigne la photo de l'article de Télérama le montrant "monté au créneau".
Quel avenir pour le créneau 7h57 et pour Bertrand Chameroy ?
La succession s'annonce délicate pour la direction de France Inter. Le créneau de 7h57, véritable sas avant le journal de 8h, est un rendez-vous capital pour l'audience matinale. Pendant ses congés, c'est Paul de Saint-Sernin, autre chroniqueur télévisé venu du "Petit Journal" et de "Quotidien", qui avait assuré l'intérim. La question se pose désormais de savoir si la station lui confiera définitivement les clés de ce billet, ou si elle choisira une nouvelle voix, peut-être moins télévisuelle, pour incarner l'esprit de la matinale.
De son côté, Bertrand Chameroy n'a pas encore dévoilé ses projets. S'il quitte la radio, il reste un pilier de "C à vous" sur France 5, où son impertinence fait recette. Il pourrait également se tourner vers d'autres projets, peut-être sur une chaîne privée ou sur une plateforme de streaming. Sa popularité auprès du public, forgée sur ses vidéos vues des millions de fois et ses chroniques décapantes, lui ouvre toutes les portes. Dans un paysage audiovisuel en pleine recomposition, son départ de France Inter pourrait bien n'être qu'une pause avant un retour fracassant ailleurs, peut-être même dans un format plus politique en vue de la présidentielle de 2027.
Ce départ, conjugué à celui des autres chroniqueurs, marque aussi une tendance plus large : la fin d'une certaine époque pour les matinales radio, où les voix se stabilisaient sur le long terme. Avec la multiplication des offres de podcasts, des vidéos et des plateformes, les chroniqueurs sont devenus des nomades des ondes, changeant de station comme on change de costume. Pour France Inter, l'enjeu est désormais de recruter des talents capables de fidéliser un auditoire exigeant, tout en renouvelant une grille qui doit rester compétitive face à RTL et France Info.
Pendant ce temps, l'actualité ne s'arrête pas. La journée du 8 juin 2026 est également marquée par les obsèques de Bernadette Chirac et par les préparatifs de la grève SNCF du mercredi. Mais pour les amateurs de radio et de politique, l'onde de choc du départ de Bertrand Chameroy résonnera encore longtemps dans les couloirs de la Maison ronde.
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