Matthieu Lartot se livre sans fard sur son cancer : un documentaire intime et familial
Le journaliste sportif Matthieu Lartot, figure emblématique de France Télévisions, a choisi de lever le voile sur l'une des épreuves les plus intimes de sa vie. Victime à deux reprises d'un synovialosarcome — un cancer rare des tissus mous —, il est aujourd'hui au cœur de l'actualité avec la diffusion de son documentaire "Ce qui nous tient debout", réalisé avec Anouk Burel et disponible sur la plateforme France.tv. Ce film, qui a déjà suscité une vive émotion dans le milieu sportif et médiatique, propose un regard cru et sans tabou sur la maladie, vue de l'intérieur mais aussi à travers le prisme de ses proches.
Dans ce long-métrage, Matthieu Lartot revient sur les deux grandes épreuves de sa vie : le cancer qui a frappé à l'adolescence, mettant fin à ses rêves de rugbyman, et la récidive, 26 ans plus tard, en avril 2023, qui l'a contraint à une amputation de la jambe droite. Mais ce qui fait la singularité de ce documentaire, c'est la place accordée à sa famille. Loin des clichés du "héros solitaire", le journaliste montre comment sa femme Magalie et ses enfants, Noah (20 ans) et Jeanne (15 ans), ont vécu cette épreuve, chacun à leur manière.
"Mon fils ne supportait pas de me voir en chimio" : des réactions familiales contrastées
Le documentaire révèle des dynamiques familiales poignantes, où la maladie agit comme un révélateur. Si sa fille Jeanne a choisi de se tenir au plus près de son père, l'accompagnant aux rendez-vous médicaux, à l'hôpital et au centre de rééducation après l'amputation, son fils Noah a adopté une attitude plus distante. Interrogé par Paris Match, Matthieu Lartot confie : "Il a eu beaucoup de mal. Il m'a dit à un moment qu'il ne supportait pas l'idée de me voir en chimiothérapie. Il ne supportait pas l'image de son père, de ses cheveux, de ses cils, affaibli. Il est venu très peu de fois me voir en centre de rééducation."
Cette mise à distance, le journaliste l'explique par un mécanisme de protection. Pour Noah, la maladie est devenue "un tabou", un sujet qu'il préfère éviter pour ne pas confronter la fragilité de son père. Une réaction que Matthieu Lartot comprend et accepte, tout en soulignant la difficulté de voir son enfant s'éloigner au moment où l'on a le plus besoin de soutien. "Quand on a été touché une fois par le cancer, on a toujours ça quelque part dans un coin de sa tête, on l'enfouit à certains moments de sa vie, et puis parfois, ça rejaillit", analyse-t-il dans les colonnes de Closer.
Magalie, le pilier de l'ombre
Dans ce combat, la femme de Matthieu Lartot, Magalie, a joué un rôle central. Présentée comme un "véritable pilier" par l'entourage du journaliste, elle a su apporter une légèreté essentielle dans les moments les plus sombres. "C'est quelqu'un qui est fondamentalement optimiste. Pour moi, c'était aussi important de me dire qu'il y avait ce côté un peu léger avec elle", confie-t-il. Un témoignage qui rappelle que le cancer n'affecte pas seulement le patient, mais transforme profondément les relations familiales, parfois en les renforçant, parfois en les mettant à l'épreuve.
Un documentaire qui dépasse le cadre sportif et interpelle sur la santé mentale
Au-delà de l'histoire personnelle de Matthieu Lartot, "Ce qui nous tient debout" s'inscrit dans une tendance plus large : celle de la parole libérée autour du cancer et de la santé mentale. En France, où des centaines de milliers de personnes sont touchées chaque année par un cancer, ce documentaire offre une caisse de résonance à des vécus souvent tus. Il rejoint ainsi d'autres initiatives médiatiques récentes qui cherchent à déstigmatiser la maladie, comme les prises de parole de personnalités sportives sur leur propre combat.
Le documentaire, salué par la critique pour sa sincérité et sa réalisation sobre mais efficace, a également été présenté par L'Équipe comme l'un des "documentaires sport à ne pas manquer cette semaine". Il voisine avec des sujets aussi variés que le portrait intimiste de Léon Marchand ou le record du monde de Thomas Coville, preuve que le sport, au-delà de la performance, est aussi un terrain d'expression pour les récits de vie les plus forts.
Un message d'espoir et de résilience
Aujourd'hui, trois ans après son amputation, Matthieu Lartot va beaucoup mieux. Il a retrouvé le chemin des stades de rugby, son micro en main, mais aussi celui de la vie de famille. Son documentaire, disponible en streaming, est devenu un outil précieux pour les proches de malades, qui y trouveront peut-être des réponses à leurs propres questionnements. En brisant le silence, le journaliste montre que la vulnérabilité n'est pas une faiblesse, mais une force qui, partagée, peut aider à tenir debout.
Pour ceux qui suivent l'actualité des personnalités publiques face à l'adversité, ce témoignage fait écho à d'autres parcours de résilience, comme celui de Kate Middleton : micro mystérieux, polo et défi des 3 sommets, une princesse en pleine lumière. Ou encore, dans un registre très différent, aux inquiétudes soulevées par Cody Garbrandt interpelle l'UFC sur la santé mentale des retraités après le crash de Poirier. Autant de preuves que la santé mentale et le bien-être des sportifs et des figures médiatiques sont devenus des sujets de premier plan.
Perspectives : le cancer, un tabou en voie de disparition dans les médias ?
La diffusion de "Ce qui nous tient debout" marque une étape supplémentaire dans le mouvement de transparence autour du cancer. Longtemps considérée comme une affaire privée, la maladie est aujourd'hui de plus en plus souvent racontée par ceux qui la vivent, avec des mots simples et des images fortes. Ce changement de paradigme, porté par les réseaux sociaux et les plateformes de streaming, permet de briser l'isolement des malades et de leurs familles. En montrant les coulisses de son traitement — la chimio, l'amputation, la rééducation — Matthieu Lartot contribue à normaliser la discussion autour de la maladie grave, et à rappeler que derrière chaque diagnostic, il y a une histoire humaine, faite de doutes, de peurs, mais aussi d'amour et de résilience.
Commentaires