À la veille de l'UFC 329, Cody Garbrandt tire la sonnette d'alarme sur la fin de carrière des combattants
En pleine effervescence de l'UFC 329, qui verra ce samedi 11 juillet 2026 le retour de Conor McGregor face à Max Holloway, c'est une voix inattendue qui s'élève depuis les undercards. Cody Garbrandt, ancien champion des poids coqs, s'apprête à affronter Adrian Yanez dans un combat qui s'annonce explosif. Mais dans les médias, le sujet de prédilection du "No Love" n'est ni son adversaire, ni le main event. Garbrandt a profité de la lumière médiatique du plus grand événement de l'année pour lancer un appel poignant à la direction de l'UFC : mieux accompagner ses combattants après leur retraite.
Dans un entretien accordé à MMA Junkie, repris par la BBC et Bloody Elbow, le combattant de 35 ans s'est montré particulièrement ému par la récente descente aux enfers de Dustin Poirier. "Je prie pour que Dieu me permette de rester en bonne santé, intact, et que je puisse partir à ma façon", a confié Garbrandt. "Je pense que beaucoup de combattants n'ont pas cette chance. Ils doivent se battre parce qu'ils ont besoin d'argent. Ils se battent blessés. C'est dur."
Le timing de cette prise de parole est crucial. Alors que le monde du MMA braque ses projecteurs sur le choc McGregor-Holloway et sur l'affiche de prestige entre Benoît Saint-Denis et Paddy Pimblett, Garbrandt détourne l'attention vers un problème structurel : l'absence totale de filet de sécurité pour les gladiateurs modernes.
L'onde de choc Poirier : un déclencheur pour une génération de vétérans
Cody Garbrandt n'a pas mâché ses mots en évoquant le cas de Dustin Poirier. "Je ressens de la peine pour Dustin. J'en ai la gorge serrée rien que d'y penser car c'est un si bon gars", a-t-il déclaré, visiblement ébranlé. Le combattant a fait référence à l'arrestation de Poirier pour ivresse publique, survenue en juin dernier, et à son aveu public de lutte contre des problèmes de santé mentale depuis son départ à la retraite.
"Les gens le ridiculisent dans les médias pour une seule erreur. Ce type a fait tellement de choses incroyables dans le sport, en dehors du sport, les fondations qu'il a créées, le nombre de personnes qu'il a aidées", a poursuivi Garbrandt. "Hé, mon pote, tu as fait une erreur. Ça arrive. Nous sommes humains. Nous ne sommes pas parfaits."
Cette sortie intervient alors que les chiffres officiels publiés par la BBC rappellent la précarité du métier. L'UFC verse entre 12 000 et 20 000 dollars aux combattants débutants. Si les bonus de performance (50 000 dollars) peuvent changer la donne, les athlètes restent classés comme des entrepreneurs indépendants. Conséquence : pas de retraite, pas d'assurance maladie longue durée, et aucune pension. Pour les vétérans comme Poirier ou bientôt Garbrandt, le retour à la réalité est brutal.
Garbrandt, qui dispute son 23e combat professionnel ce week-end, ne se fait pas d'illusions sur son avenir. "C'est effrayant de quitter quelque chose de sécurisé que vous avez poursuivi toute votre vie, et puis c'est fini. Les chèques ne rentrent plus, les parrainages ne rentrent plus." L'ancien champion demande explicitement la mise en place d'une couverture santé, d'une assurance et d'un plan 401K (l'équivalent américain d'un plan d'épargne retraite).
Paradoxalement, cette revendication intervient dans un contexte où l'UFC n'a jamais été aussi puissante financièrement. L'organisation, récemment acquise par un fonds d'investissement saoudien, génère des revenus records. Mais pour Garbrandt, ces bénéfices ne doivent pas occulter le devoir de l'organisation envers ceux qui ont construit son succès.
L'UFC face à son devoir : un combat qui dépasse le cadre de l'octogone
La sortie de Garbrandt n'est pas un cas isolé. Elle s'inscrit dans une tendance de fond où d'anciennes gloires du MMA brisent le silence. La récente promesse de l'ancienne combattante Julie Kedzie de faire don de son cerveau à la science pour la recherche sur les lésions cérébrales, ou l'appel du promoteur Eddie Hearn pour une meilleure protection des athlètes, montrent que la question de l'après-carrière devient un enjeu central.
Le timing est d'autant plus intéressant que l'UFC 329 se déroule en pleine canicule mondiale. Cet été 2026 est marqué par une alerte canicule mondiale qui fait des ravages, du Mondial 2026 à l'Europe. Si le parallèle peut sembler lointain, il souligne une même vulnérabilité : des systèmes (sanitaires, climatiques, sociaux) mis à rude épreuve par des crises structurelles.
Un combat qui peut changer la donne ?
Sur le plan sportif, Cody Garbrandt n'a plus rien à prouver. Champion en 2016, il traverse depuis une période mouvementée avec un bilan de 4 victoires pour 7 défaites. Mais son combat contre Adrian Yanez ce samedi pourrait marquer un tournant. Yanez, confiant, promet un "war" et voit en Garbrandt "un combattant de niveau champion du monde" capable de l'endormir d'un seul coup.
Au-delà du résultat, c'est le message de Garbrandt qui pourrait avoir un impact durable. En utilisant la plateforme de l'UFC 329 pour aborder la santé mentale et la précarité des retraités, il ouvre un débat que l'organisation préfère souvent éviter. Le phénomène n'est pas propre au MMA : dans le football par exemple, les joueurs peinent aussi à se réinventer après leur carrière. Mais dans un sport où le corps est le premier outil de travail, la transition est particulièrement violente.
Alors que la chaleur accable l'Amérique et que l'Europe suffoque sous une canicule qui a contraint le FC Nantes à délocaliser un match amical, Garbrandt rappelle qu'il existe d'autres urgences : celle de la santé mentale des gladiateurs modernes, livrés à eux-mêmes une fois les projecteurs éteints. Une urgence que l'UFC, riche et puissante, ne pourra pas éternellement ignorer.
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