Marc Touati tire la sonnette d'alarme sur la dette publique française
L'économiste Marc Touati, président du cabinet ACDEFI et chroniqueur régulier sur Capital, CNews et Sud Radio, multiplie les avertissements sur la situation économique française. En cette fin septembre 2026, ses interventions dessinent un tableau préoccupant : une dette publique à 119% du PIB, un pouvoir d'achat rogné par l'inflation et un marché immobilier en pleine correction.
Selon les chiffres publiés par l'Insee le 29 septembre, la dette publique française atteint 3 595,5 milliards d'euros, soit 119% du PIB. Un niveau inédit depuis 1949. « On n'a jamais vu ça dans l'histoire de France, même pendant le Covid on était au plus haut à 117,8% », a souligné l'économiste sur Sud Radio. Le coût par habitant s'élève désormais à 52 048 euros, soit plus de 210 000 euros pour une famille avec deux enfants.
Une augmentation trois fois plus rapide que la richesse créée
L'analyse de Marc Touati met en évidence un déséquilibre structurel : depuis 2020, la dette publique a bondi de 1 208 milliards d'euros tandis que le PIB en valeur n'a progressé que de 587,1 milliards. « Il manque 621 milliards qui ont disparu du circuit économique », martèle-t-il. La charge d'intérêts de la dette, initialement prévue à 60 milliards d'euros pour 2026, atteint déjà 80 milliards et devrait approcher les 100 milliards en 2027.
« Toutes les recettes de l'impôt sur le revenu sont jetées par la fenêtre pour payer juste les intérêts de la dette », alerte-t-il, évoquant une « bulle de la dette » où l'État doit s'endetter pour rembourser ses intérêts.
Le Livret A, un placement qui fait perdre de l'argent
Sur le front de l'épargne, la situation n'est pas plus réjouissante. Avec une inflation à 3% en septembre selon l'Insee, le taux du Livret A fixé à 1,7% devient négatif en termes réels. « Vous perdez 1,3% en laissant votre argent sur le Livret A », prévient l'économiste interrogé sur CNews.
Cette érosion du pouvoir d'achat a des conséquences en chaîne : baisse de la consommation, ralentissement de l'activité des entreprises et hausse du chômage. Marc Touati anticipe une possible détente au printemps 2027, la baisse de la consommation finissant par peser sur les prix des matières premières.
L'immobilier en pleine correction
Le marché immobilier subit également les effets de la remontée des taux. Les obligations d'État françaises à dix ans ont atteint 4,7%, leur plus haut depuis juillet 2008, et celles à trente ans 5,3%. Conséquence directe : les prix des logements anciens ont reculé de 1% au deuxième trimestre 2026, et de 6,2% sur quatre ans.
La baisse est plus marquée dans les grandes villes : -11% à Paris, -16% à Lyon, -18% à Nantes. Marc Touati y voit un « dégonflement de la bulle » après la flambée de 34% des prix entre 2015 et 2022. Il anticipe une poursuite de la baisse jusqu'en 2027, d'au moins 10% supplémentaires.
Des perspectives économiques sous tension
Au-delà des chiffres, c'est la crédibilité économique de la France qui est en jeu. « L'État est en pleine faillite », n'hésite pas à déclarer Marc Touati, rappelant que la dette ne sera jamais remboursée en totalité et que les engagements hors bilan, comme les retraites, alourdissent encore le fardeau.
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de dégradation des finances publiques, qui pourrait peser sur les décisions politiques et budgétaires à venir. La question de la soutenabilité de la dette française devient un enjeu central, alors que les taux d'intérêt continuent de grimper et que les marchés financiers scrutent la trajectoire budgétaire du pays.
Quelles implications pour les Français ?
Pour les ménages, les conséquences sont concrètes : perte de rendement de l'épargne, pouvoir d'achat érodé, et pour les propriétaires, une valeur patrimoniale en baisse. Les investisseurs, eux, pourraient voir dans la correction immobilière une opportunité, Marc Touati rappelant que sur le long terme, l'immobilier reste un placement performant avec l'or et les marchés boursiers.
L'économiste appelle à une prise de conscience collective : « Il faut repenser la dette publique française, on ne peut plus continuer comme ça. » Une interpellation qui résonne alors que le gouvernement doit présenter son budget dans les prochaines semaines.
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