Les Bleues enchaînent, Manae Feleu en capitaine conquérante
Deux matchs, deux victoires bonifiées. Le XV de France féminin confirme ses ambitions dans le Tournoi des Six Nations 2026 avec une régularité remarquable. Après avoir dominé l'Italie 40 à 7 à Grenoble lors du match d'ouverture, les Françaises ont récidivé ce samedi 18 avril à Cardiff, en disposant du pays de Galles sur le score de 38 à 7. Au cœur de ce beau départ : Manae Feleu, la troisième ligne wallisienne qui porte le brassard de capitaine et emmène son équipe avec autorité.
Issue de Wallis-et-Futuna, Manae Feleu est titulaire au poste de numéro 7 sous les couleurs de Grenoble et du XV de France. Sa présence dans le groupe est une constante depuis plusieurs saisons, mais c'est désormais en tant que capitaine qu'elle incarne le leadership des Bleues dans cette édition du Tournoi. Un rôle qu'elle assume avec un engagement physique et une présence en jeu qui n'ont pas échappé aux observateurs.
Un bilan flatteur, mais une entame à corriger
Contre l'Italie : une entrée en matière solide
Lors du premier match disputé à Grenoble, les Bleues avaient signé une victoire nette face à l'Italie (40-7). Yllana Brosseau, pilier guadeloupéenne, et Manae Feleu avaient toutes deux participé à ce succès inaugural, dans ce qui constitue pour la sélectionneuse et le staff un point de départ encourageant dans la compétition européenne de référence.
Au pays de Galles : un scénario quasi identique
Le déplacement à Cardiff ce samedi a suivi un schéma similaire. Les Bleues ont de nouveau mal entamé le match, laissant les Galloises croire en leurs chances en première période, avant de hausser nettement le ton en seconde période. Six essais plantés au total, un score final de 38-7, et un deuxième point de bonus offensif engrangé : l'addition est généreuse, même si le staff tricolore sait que la copie reste à améliorer.
Dans cette rencontre, Carla Arbez (10) a été l'une des grandes artisanes du succès français, notée 7/10 par les spécialistes. La demi de mêlée Pauline Bourdon-Sansus a également animé le jeu français, malgré un carton jaune concédé en première période. L'ailière Anaïs Grando a inscrit un doublé, portant son total à trois essais en deux matchs internationaux. Côté staff, François Ratier, à la tête du XV de France féminin depuis peu, a procédé à deux ajustements dans son XV de départ : Aubane Rousset a remplacé Joanna Grisez, blessée et forfait pour le reste du Tournoi, tandis qu'Yllana Brosseau était titularisée en pilier gauche à la place d'Ambre Mwayembe.
Teani Feleu, rappelée en urgence pour pallier l'absence de Grisez, a fait son entrée en jeu en seconde période, apportant de la puissance au milieu de terrain français après avoir retrouvé les terrains lors du week-end précédent après une longue blessure à la cheville.
Le contexte : un nouveau cycle sous François Ratier
Ce Tournoi des Six Nations féminin 2026 s'inscrit dans une période de transition pour l'équipe de France. François Ratier, nouveau sélectionneur, dispute ses premiers matchs officiels à la tête des Bleues. Ses deux premières feuilles de match montrent une continuité dans les choix, avec une ossature stable et une volonté affichée de ne pas bouleverser un collectif déjà rodé.
Manae Feleu représente, dans ce contexte, un fil conducteur précieux. Capitaine expérimentée, elle incarne la dimension ultra-marine du rugby français — une richesse que les Bleues ont su intégrer dans leur ADN collectif. Sa présence est le symbole d'un rugby féminin français qui puise ses forces dans toutes ses composantes géographiques et humaines, des métropoles aux territoires d'Outre-mer.
La composition publiée par Rugbyrama avant le match au pays de Galles confirme que Feleu occupe le numéro 7 et le brassard de capitaine, positionnée au cœur d'un pack qui cherche encore sa pleine cohérence mais qui affiche une solidité défensive indéniable (7 points concédés en deux matchs).
Perspectives : les Bleues en position de force pour la suite
Avec deux victoires bonifiées en deux matchs, le XV de France féminin se place d'emblée en haut du classement du Tournoi des Six Nations 2026. La dynamique est favorable, mais les prochaines adversaires — notamment l'Angleterre et l'Irlande, deux nations historically compétitives — demanderont une version bien plus aboutie des Bleues, notamment en première période.
L'enjeu dépasse le simple palmarès : à moins de deux ans des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, chaque compétition internationale est aussi un laboratoire pour affiner les automatismes, tester des profils et construire une profondeur de groupe. Les retours de blessure comme celui de Teani Feleu, ou l'émergence de jeunes comme Pauline Barrat à l'arrière, sont autant de signaux positifs pour le staff tricolore.
Manae Feleu, elle, continue d'écrire son histoire en bleu. Capitaine, référence, symbole : la Wallisienne est aujourd'hui l'un des visages du rugby féminin français à son meilleur niveau.
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