Lavrov à l'ONU : la Russie refuse toute pause dans la guerre en Ukraine

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Lavrov exclut toute pause militaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a créé la sensation mercredi 23 septembre 2026 en déclarant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni à New York en marge de la 81e Assemblée générale, que la Russie n'allait pas « faire de pause » dans ce qu'elle qualifie d'« opération militaire spéciale » en Ukraine. Une formule qui enterre, au moins pour l'instant, les espoirs d'une désescalade rapide portés la veille par Kiev et Washington.

« Nous n'allons pas faire de pause dans notre opération militaire spéciale », a martelé le chef de la diplomatie russe, ajoutant que « l'Europe veut obtenir une pause, pour l'utiliser pour approvisionner en armes » l'Ukraine. Cette prise de parole, très attendue, intervient au moment où les appels à un cessez-le-feu se multiplient sur la scène internationale, à commencer par le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue américain Donald Trump.

Un échange direct avec Marco Rubio

En marge de cette réunion du Conseil de sécurité, Sergueï Lavrov s'est entretenu pendant plus de cinquante minutes avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Selon la diplomatie russe, cet entretien, qui s'est tenu à huis clos sans déclaration préalable à la presse, a confirmé la poursuite d'un dialogue direct entre Moscou et Washington sur plusieurs dossiers majeurs. Les deux responsables ont abordé la question ukrainienne, mais aussi les relations bilatérales, le Moyen-Orient, le Caucase du Sud et l'Amérique latine. Ils sont convenus de poursuivre leurs échanges par l'intermédiaire de leurs ministères respectifs.

Zelensky prêt à un moratoire sur les frappes énergétiques

La veille de cette intervention, Volodymyr Zelensky s'était dit « prêt » à un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques russes, à condition que Moscou fasse de même avec ses propres attaques. Une proposition formulée en marge de l'Assemblée générale, lors d'une conférence de presse où le dirigeant ukrainien a précisé avoir discuté avec Donald Trump « des mesures de désescalade susceptibles d'ouvrir la voie à la diplomatie ».

Dans un communiqué publié mardi, la présidence ukrainienne a affirmé que Kiev et Washington souhaitent voir la guerre prendre fin « avant l'hiver ». « Les États-Unis comme l'Ukraine veulent voir cette guerre absurde menée par la Russie prendre fin avant l'hiver », peut-on lire dans ce texte. Donald Trump, s'exprimant devant l'Assemblée générale de l'ONU, avait pour sa part assuré qu'un accord entre l'Ukraine et la Russie arriverait « plus tôt qu'on ne le pense », sans fournir davantage de détails sur les modalités d'un tel compromis.

De nouvelles frappes meurtrières

Ces déclarations diplomatiques contrastent avec la réalité du terrain. Mercredi, de nouvelles attaques russes ont visé des infrastructures de transport civil en Ukraine, touchant des stations-service, la navigation maritime et le réseau ferroviaire. Ces frappes ont fait au moins deux morts, selon les autorités ukrainiennes. Elles illustrent l'intensification des opérations militaires russes, en dépit des appels internationaux à une désescalade.

Pourquoi cette position russe bloque les négociations

La déclaration de Sergueï Lavrov constitue un revers pour les efforts diplomatiques menés depuis plusieurs semaines. En refusant toute pause dans les combats, Moscou ferme la porte à l'idée d'une trêve humanitaire ou d'un gel temporaire des hostilités qui pourrait servir de base à des négociations plus larges. La Russie justifie cette position en affirmant qu'une simple trêve ne suffirait pas à traiter les « causes profondes » du conflit, reprenant un argumentaire déjà utilisé par le Kremlin par le passé.

Selon la diplomatie russe, la recherche d'un « règlement politique durable » reste prioritaire, mais sans renoncer aux objectifs fixés par Moscou. Cette formule, maintes fois répétée depuis le début du conflit, suggère que la Russie ne compte pas céder sur ses exigences territoriales et sécuritaires, à savoir la reconnaissance de l'annexion de plusieurs régions ukrainiennes et la neutralité de Kiev.

Le rôle ambigu de l'Europe

Sergueï Lavrov a également pointé du doigt la coordination entre Kiev et ses soutiens européens, un élément régulièrement mis en avant par la diplomatie russe pour justifier son intransigeance. Selon Moscou, l'Europe chercherait à obtenir une pause pour reconstituer les stocks d'armes destinées à l'Ukraine, plutôt que de favoriser une véritable paix. Une accusation que rejettent les chancelleries occidentales, qui affirment soutenir l'Ukraine pour lui permettre de défendre sa souveraineté.

Un dialogue russo-américain qui se poursuit

Malgré les divergences, le canal de communication entre Moscou et Washington reste ouvert. L'entretien entre Sergueï Lavrov et Marco Rubio témoigne de la volonté des deux puissances de maintenir un contact direct, alors que les relations bilatérales demeurent extrêmement tendues depuis le début du conflit. La Russie a appelé à accélérer la normalisation de ces relations et à avancer sur plusieurs dossiers restés en suspens, notamment le fonctionnement des ambassades et les échanges économiques et humanitaires.

Cette reprise du dialogue intervient dans un contexte où Donald Trump, de retour à la Maison-Blanche, a fait de la fin de la guerre en Ukraine l'une de ses promesses de campagne. Le président américain a multiplié les gestes d'ouverture envers Vladimir Poutine, suscitant l'inquiétude de certains alliés européens qui craignent un accord au détriment de Kiev. Jusqu'ici, ces efforts n'ont pas produit de résultats concrets sur le terrain.

Des dossiers régionaux abordés

Au-delà de l'Ukraine, les discussions entre Lavrov et Rubio ont porté sur plusieurs dossiers régionaux, notamment le Moyen-Orient, le Caucase du Sud, l'Amérique latine et les Caraïbes. La Russie et les États-Unis ont des intérêts divergents dans plusieurs de ces régions, mais la volonté affichée de maintenir un canal de discussion pourrait permettre d'éviter une escalade sur d'autres théâtres. La préparation des prochains sommets internationaux a également été évoquée, sans plus de précisions.

Quelles perspectives pour la fin du conflit ?

L'annonce de Sergueï Lavrov assombrit les perspectives d'une fin rapide de la guerre. En refusant toute pause, la Russie semble vouloir maintenir la pression militaire pour obtenir des concessions politiques. Cette stratégie du fait accompli, déjà à l'œuvre depuis 2022, vise à imposer un rapport de force favorable à Moscou avant toute négociation sérieuse.

Pour Kiev, l'équation reste difficile. L'Ukraine continue de réclamer le retrait des troupes russes de son territoire et le rétablissement de son intégrité territoriale, des exigences que Moscou rejette catégoriquement. Les appels à une trêve avant l'hiver, portés par Washington et Kiev, visent à éviter une nouvelle catastrophe humanitaire alors que les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont déjà durement touchées.

Une guerre qui s'installe dans la durée

Avec cette déclaration, Sergueï Lavrov confirme que la Russie n'entend pas relâcher son effort militaire. La guerre en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, semble s'installer dans une nouvelle phase d'intensité, avec des frappes régulières contre les infrastructures civiles et une mobilisation continue des deux camps. Les perspectives d'une paix négociée restent lointaines, malgré les déclarations optimistes de Donald Trump.

La communauté internationale, réunie à New York, assiste à un bras de fer diplomatique où les mots pèsent souvent moins que les armes. Pour l'Ukraine et ses alliés, la priorité reste de maintenir le soutien militaire et financier à Kiev, tout en cherchant une porte de sortie négociée. Mais tant que Moscou refusera toute pause, cette porte restera fermée.

Un test pour la diplomatie onusienne

Cette séquence illustre également les limites de l'ONU face aux conflits majeurs. Le Conseil de sécurité, où la Russie siège avec droit de veto, est une nouvelle fois paralysé par les divisions entre grandes puissances. Les appels du secrétaire général Antonio Guterres à une désescalade, notamment sur le climat et les conflits, restent largement ignorés par les belligérants. Une situation qui alimente les critiques sur l'efficacité de l'organisation internationale dans la résolution des crises contemporaines.

En attendant, sur le terrain, les combats continuent et les populations civiles paient un lourd tribut. La déclaration de Sergueï Lavrov, aussi ferme soit-elle, ne devrait pas modifier l'équilibre des forces à court terme. Mais elle confirme que la voie diplomatique, tant espérée par Kiev et Washington, reste semée d'obstacles.

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