Lamballe : un projet éolien participatif divise la ville, le préfet tranche

Sur le parvis de l'Eglise Saint-Jean Lamballe

Le préfet autorise le parc éolien participatif de Lamballe

Ce vendredi 25 septembre 2026, la préfecture des Côtes-d'Armor a signé l'autorisation environnementale du parc éolien participatif de Lamballe, porté par la société coopérative Énergie Citoyenne. Le projet, qui prévoit l'installation de quatre turbines de 150 mètres de hauteur sur la commune de Lamballe-Armor, entre dans sa phase active après trois ans de procédures.

Les chiffres clés sont significatifs : une puissance totale de 12 mégawatts, une production annuelle estimée à 28 gigawattheures, soit l'équivalent de la consommation électrique de 12 000 foyers. Le chantier doit débuter en mars 2027 pour une mise en service prévue à l'été 2028. La particularité du montage réside dans son financement : 40 % du capital est ouvert aux habitants et collectivités locales, via une levée de fonds qui a déjà récolté 1,2 million d'euros sur les 2,5 millions visés.

Une opposition farouche

Si la décision préfectorale marque une étape décisive, elle ne met pas fin aux tensions. Le collectif « Lamballe sans éoliennes », qui rassemble une centaine d'opposants, a immédiatement annoncé son intention de déposer un recours devant le tribunal administratif de Rennes. En cause : la proximité de deux habitations à moins de 500 mètres des futures machines, et un impact paysager jugé incompatible avec le classement de la vallée du Gouessant.

« Nous ne contestons pas la transition énergétique, mais l'endroit choisi est absurde », plaide Marie Le Guen, porte-parole du collectif. De son côté, le maire de Lamballe-Armor, Loïc Cauret, se veut rassurant : « Ce projet est exemplaire sur le plan démocratique et environnemental. Nous avons mené une concertation de dix-huit mois. »

Un contexte national qui pèse sur le dossier

Cette décision intervient dans un climat tendu autour de l'éolien en France. Le gouvernement a fixé un objectif de 50 gigawatts d'énergie éolienne installée d'ici 2030, contre 24 aujourd'hui. Les projets participatifs, comme celui de Lamballe, sont présentés comme une solution pour réduire les conflits d'acceptabilité. Pourtant, les recours contentieux se multiplient : selon la fédération France Énergie Éolienne, près d'un tiers des autorisations délivrées en 2025 ont été attaquées en justice.

Le précédent de Saint-Brieuc

À l'échelle locale, le souvenir du parc éolien en mer de la baie de Saint-Brieuc reste vif. Lancé en 2012, il n'a été mis en service qu'en 2023 après une décennie de batailles juridiques. Les pêcheurs et riverains avaient obtenu des compensations financières, mais le coût final du projet avait bondi de 30 %. À Lamballe, les promoteurs assurent avoir tiré les leçons : « Nous avons intégré les retours d'expérience, notamment sur la concertation et le partage de la valeur », explique Hervé Guihard, président d'Énergie Citoyenne.

D'autres actualités nationales, comme le débat sur la souveraineté énergétique ou les tensions autour de la santé fragile de Charles III, semblent plus lointaines. Mais pour les habitants de Lamballe, c'est bien le quotidien qui change.

Quelles implications pour les territoires ruraux ?

Le dossier de Lamballe dépasse le cadre local. Il illustre la difficulté française à concilier transition énergétique, acceptabilité sociale et protection des paysages. Les collectivités rurales, souvent en quête de ressources fiscales, voient dans ces projets une manne financière : les retombées annuelles sont estimées à 150 000 euros pour la commune, auxquelles s'ajoutent les loyers versés aux propriétaires fonciers.

La question de la participation citoyenne

Le modèle coopératif séduit de plus en plus. Selon une étude de l'ADEME publiée en juin 2026, les projets éoliens participatifs bénéficient d'un taux d'acceptation de 68 %, contre 45 % pour les projets classiques. Mais la lourdeur administrative et le risque juridique freinent les initiatives. « L'État doit sécuriser ces montages s'il veut tenir ses objectifs », plaide Claire Desmares, spécialiste des énergies renouvelables au CNRS.

À Lamballe, la prochaine étape sera l'enquête publique, prévue au premier trimestre 2027. D'ici là, les recours devraient se poursuivre. Une chose est sûre : le dossier cristallise les débats d'une France qui cherche sa voie entre urgence climatique et préservation de ses territoires.


Journaliste web SEO, le 27 septembre 2026.

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