Isaac del Toro domine Paul Seixas à Singapour
Le Mexicain Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG) a remporté ce dimanche 8 novembre la cinquième édition du Tour de France Singapore Criterium, une course exhibition disputée sur un circuit urbain de 2,45 km autour de Marina Bay. Vêtu de son maillot blanc de meilleur jeune du Tour de France, il a attaqué à deux kilomètres de l'arrivée pour devancer le Français Paul Seixas, tandis que le Suisse Mauro Schmid complétait le podium devant le Norvégien Søren Wærenskjold.
La course, longue de 61,25 km (25 tours), a vu une échappée matinale animée par Baptiste Veistroffer et Jonas Abrahamsen, avant que les sprinteurs ne règlent les sprints intermédiaires — Biniam Girmay s'adjugeant le classement des points. Dans les derniers tours, un quatuor composé de Del Toro, Seixas, Schmid et Wærenskjold s'est détaché. Del Toro a alors placé une attaque tranchante à 2 km du but, résistant au retour de Seixas pour s'offrir la victoire. « Je veux juste dormir, je suis fatigué ! » a-t-il déclaré à l'arrivée, selon Cyclism'Actu.
Cette victoire conclut une saison 2026 exceptionnelle pour le coureur mexicain, qui a notamment remporté une étape du Tour de France à Barcelone et terminé troisième du classement général, ainsi que meilleur jeune.
Un duo de jeunes talents qui structure l'avenir
Del Toro-Seixas, une rivalité naissante
Le critérium de Singapour était présenté comme un « clash des rivaux » entre Del Toro et Seixas, deux représentants de la nouvelle génération. Leur duel avait déjà animé le Grand Prix de Montréal deux mois plus tôt. À Singapour, le Français a de nouveau dû s'incliner, confirmant la hiérarchie actuelle entre les deux hommes, mais leur confrontation promet de rythmer les saisons à venir.
La relation avec Pogacar au cœur des débats
En marge de la course, Isaac del Toro s'est confié à Marca sur l'importance d'avoir Tadej Pogacar à ses côtés. « Le fait qu'il puisse voir quelque chose que je ne vois pas est flatteur, mais c'est aussi assez profond. Il veut faire partie de mon développement et il me soutient à chaque instant. C'est une chose merveilleuse et je me sens très privilégié », a-t-il déclaré, relayé par Domestique Cycling.
Cette confiance s'est illustrée lors du Tour de France 2026. Sur la deuxième étape à Barcelone, Pogacar a laissé la victoire à son coéquipier, préférant surveiller les poursuivants plutôt que de sprinter. Lors de l'avant-dernière étape, alors que le Slovène avait quasiment assuré son cinquième maillot jaune, il s'est mué en « domestique de luxe » pour aider Del Toro à conserver sa troisième place et le maillot blanc face à Seixas. « C'était un honneur de rouler pour Isaac pendant cette dernière heure et demie », avait confié Pogacar après l'étape, ajoutant que franchir la ligne ensemble à l'Alpe d'Huez resterait mémorable.
Une progression mesurée
Del Toro a expliqué avoir volontairement retardé la prise de responsabilités au sein de l'équipe. « J'ai essayé de repousser le rôle de leader aussi longtemps que possible, afin d'apprendre plutôt que d'être une simple figure de proue », a-t-il confié. « Après un an, je suis plus à l'aise et j'ai compris quel type de coureur je suis ; je performe dans une grande variété de situations, même si je ne suis pas sûr d'être un spécialiste dans un domaine précis. »
Vers une saison 2027 ambitieuse pour UAE
Les performances de Del Toro confortent les ambitions de UAE Team Emirates-XRG, qui a signalé son intention de cibler les trois Grands Tours en 2027. La question de la répartition des rôles entre Pogacar et Del Toro se posera avec acuité : le Slovène visera probablement un sixième Tour de France, tandis que le Mexicain pourrait se voir confier un leadership sur le Giro ou la Vuelta. Cette dynamique s'inscrit dans une tendance plus large : l'émergence d'une génération de coureurs nés au début des années 2000, à l'image de Seixas, qui bouscule la hiérarchie établie. Le critérium de Singapour, course de gala, offre un aperçu de ce que pourrait être le cyclisme de demain : des duels de jeunes talents, mais aussi des alliances stratégiques au sein des équipes. Pour Del Toro, l'heure est encore au repos, mais les défis ne manqueront pas dès la reprise.
Avec cette victoire, le Mexicain confirme qu'il est bien plus qu'un espoir : il est déjà un champion, et il le doit en partie à la foi que Tadej Pogacar place en lui.
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