Tom Laperche touche au but
Le skipper de SVR-Lazartigue, Tom Laperche, devrait franchir la ligne d'arrivée de la 13e Route du Rhum – Destination Guadeloupe dans la nuit de samedi 7 à dimanche 8 novembre 2026. Parti en tête depuis plusieurs jours, le jeune navigateur de 29 ans n'était plus qu'à quelques dizaines de milles de Pointe-à-Pitre en début de soirée, selon les estimations de l'organisation. Il devrait ainsi remporter sa première victoire sur cette transatlantique mythique.
À 00h52, heure de Paris, Laperche naviguait à 15 nœuds à l'approche de la pointe sud de la Guadeloupe, avant d'entamer le tour de l'île pour rejoindre la ligne d'arrivée située au Mémorial ACTE. Les conditions de vent et les manœuvres obligatoires ne lui permettaient pas d'arriver avant minuit (heure de Paris), mais il restait en mesure de battre le record de l'épreuve établi en 2022 par Charles Caudrelier.
Une arrivée sous haute surveillance
Les observateurs attendaient avec impatience le chrono final. Pour battre le record de Caudrelier (6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes), Laperche devait couper la ligne avant dimanche matin, 8h49 heure de Paris (3h49 heure locale). Selon les dernières estimations, il était attendu autour de minuit, heure de Paris, soit avec plusieurs heures d'avance sur le temps de référence. Un exploit d'autant plus remarquable que le skipper a bénéficié d'une compensation de 1h02 accordée par le jury après s'être dérouté pour porter assistance à Armel Le Cléac'h, victime d'un chavirage mercredi.
"Le temps de course de SVR-Lazartigue au moment de l'incident a été significativement dégradé sans qu'il n'y ait de faute de sa part, en portant assistance à un autre bateau", a justifié le jury dans son rapport publié samedi. Cette décision pourrait s'avérer décisive dans la quête du record.
Une course maîtrisée de bout en bout
Tom Laperche a dominé cette édition 2026 de la Route du Rhum. Leader quasi incontesté depuis le départ de Saint-Malo le 1er novembre, il a su gérer les transitions météorologiques et les pièges du parcours pour conserver une avance confortable sur ses poursuivants. Son voilier SVR-Lazartigue, ex-Macif de François Gabart, a démontré une fiabilité et une vitesse impressionnantes.
Derrière lui, la lutte pour le podium fait rage. Thomas Coville et Louis Burton se disputent la deuxième place, tandis que Guirec Soudée pointe au quatrième rang. Cette bataille pour les places d'honneur animera la fin de course dans les prochaines heures.
Les autres classes encore en course
Si les Ultim ont ouvert le bal, les autres catégories poursuivent leur route. En Class40, Guillaume Pirouelle (Sogestran - Seafrigo) a repris la tête du classement, tandis qu'en Imoca, Corentin Horeau confirme son avance et devrait arriver mardi en milieu de journée. Les Ocean Fifty et les Class40 devraient suivre dans les jours à venir, avec des arrivées échelonnées jusqu'à fin novembre.
L'organisation a mis en place un dispositif d'accueil au Mémorial ACTE, à Pointe-à-Pitre, qui accueillera tous les skippers jusqu'au dernier. Des zones réglementées à la navigation sont en vigueur du 6 novembre au 3 décembre pour assurer la sécurité des arrivées.
Un record en ligne de mire
L'édition 2022 avait déjà été marquée par des performances exceptionnelles. Charles Caudrelier avait alors pulvérisé le record de l'épreuve en bouclant le parcours en 6 jours, 19 heures et 47 minutes, devenant le premier skipper à passer sous la barre symbolique de la semaine. François Gabart (6 jours, 23 heures) et Thomas Coville (7 jours, 6 heures) avaient également battu l'ancien record de Francis Joyon établi en 2018.
Quatre ans plus tard, Tom Laperche semble en mesure de repousser encore cette limite. Sa performance témoigne de l'évolution constante des technologies et des stratégies dans la course au large. Les foils, les systèmes de routage et l'expérience accumulée permettent aux skippers d'enchaîner les records.
La relève est assurée
À 29 ans, Tom Laperche incarne la nouvelle génération de navigateurs. Formé sur le circuit Figaro, il a gravi les échelons avec méthode avant de s'attaquer aux Ultim. Sa victoire annoncée sur la Route du Rhum, si elle se confirme, serait la consécration d'un parcours prometteur. Il succède à des légendes comme Florence Arthaud, Laurent Bourgnon ou Michel Desjoyeaux, inscrivant son nom au palmarès de l'une des courses les plus prestigieuses au monde.
Un contexte sportif et médiatique
La Route du Rhum 2026 a également été marquée par des événements extra-sportifs. L'inquiétude a été vive autour de Benoît Sineau (Ekinox-Rhétores), dont la balise EPIRB a été déclenchée alors qu'il ne donnait plus de nouvelles. Le skipper a finalement été secouru par Jules Bonnier (Plastic Odyssey), dérouté sur ordre du directeur de course. "Sain et sauf" selon la direction, Sineau a pu être récupéré. Cet incident rappelle les risques inhérents à la course au large.
Par ailleurs, Charles Caudrelier, tenant du titre, a été contraint à l'abandon après des problèmes matériels. Il est arrivé à Lorient samedi, mettant un terme à ses espoirs de doublé. Son absence dans la lutte pour la victoire a ouvert la voie à Laperche.
La médiatisation de l'événement est importante : France Télévisions diffuse les arrivées, et l'organisation propose une chaîne YouTube dédiée. Les réseaux sociaux et les sites spécialisés, comme notre article sur le grand départ à Cancale, permettent aux fans de suivre la course en temps réel. La cartographie officielle et les classements en direct sont accessibles gratuitement.
Perspectives : un avant-goût du Vendée Globe ?
La performance de Tom Laperche sur cette Route du Rhum 2026 pourrait avoir des répercussions sur les prochaines échéances. Le Vendée Globe 2028 approche, et les skippers cherchent à se positionner. Laperche, qui a déjà participé à l'édition 2024-2025, pourrait être l'un des favoris. Son succès en Guadeloupe renforcerait sa crédibilité et celle de son sponsor SVR.
D'un point de vue technologique, la victoire de SVR-Lazartigue (ex-Macif) confirme la pertinence des choix de conception. Les Ultim, trimarans géants de 32 mètres, repoussent sans cesse les limites de vitesse. La question de leur avenir et de leur intégration dans le paysage de la course au large reste posée, notamment face à la montée en puissance des Imoca, plus médiatisés grâce au Vendée Globe.
Enfin, cette édition 2026 aura été marquée par une météo clémente, comme le souligne notre article sur l'anticyclone, permettant des conditions rapides. Les records tombent, et le public répond présent. La Route du Rhum confirme son statut de rendez-vous incontournable de la voile française, mêlant exploit sportif, aventure humaine et spectacle.
Dans les prochaines heures, tous les regards seront tournés vers Pointe-à-Pitre. Tom Laperche devrait y être accueilli en héros. Son nom rejoindra celui des grands vainqueurs. Et le record, lui, pourrait bien tomber. Une nouvelle page de l'histoire de la Route du Rhum s'écrit sous nos yeux.
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