Une reprise fulgurante attisée par le mistral
Ce vendredi 31 juillet 2026, l'incendie du massif du Gros Bessillon, dans le Var, a connu une reprise spectaculaire. Parti en début d'après-midi de la commune de Correns, le feu a parcouru environ 1 000 hectares en seulement six heures, portant le total à près de 5 500 hectares depuis mardi. Attisé par un mistral violent et des températures avoisinant les 42 °C, le sinistre s'est propagé à une vitesse hors norme, contraignant les autorités à évacuer 2 500 personnes.
Les villages de Montfort-sur-Argens, Correns, Le Val et Châteauvert sont en première ligne. Plusieurs quartiers de ces communes ont été évacués, ainsi qu'un camping à Correns. Le village de Montfort-sur-Argens s'est retrouvé cerné par les flammes, et le maire a demandé aux habitants de ne pas rentrer chez eux pour ne pas gêner l'intervention des secours. Les centres des villages de Correns et de Montfort restent confinés, et la RD45 entre les deux communes est fermée à la circulation.
Le préfet du Var, Simon Babre, a décrit un phénomène "qui défie l'entendement" : "C'est un feu qui va plus vite qu'un cheval au galop, qui défie l'entendement et l'expérience des habitants. La surface parcourue, la destruction de la forêt sont absolument dantesques." Une déclaration qui illustre l'intensité exceptionnelle de ce sinistre, survenu dans l'un des départements les plus boisés de France.
Un dispositif de secours massif mobilisé
Face à cette reprise, les autorités ont déployé des moyens considérables. Pas moins de 700 sapeurs-pompiers étaient à pied d'œuvre dans la soirée, appuyés par des moyens aériens : six hélicoptères bombardier d'eau, six Canadair et deux Dash. Le dispositif doit être renforcé ce samedi matin par quatre colonnes de renforts venues d'autres départements. Les opérations se poursuivent toute la nuit, avec pour objectif de protéger les points sensibles et de contenir l'avancée du front de flammes.
Les évacuations restent entièrement en vigueur, et les autorités appellent à la plus grande prudence. Un point d'accueil a été ouvert à la salle François Mitterrand à Lorgues pour les personnes déplacées. Par ailleurs, les odeurs de fumée sont perceptibles jusque dans l'ouest des Alpes-Maritimes, comme l'a signalé le préfet de ce département, preuve de l'ampleur du panache de fumée généré par le sinistre.
Un contexte estival déjà marqué par des incendies records
Cette reprise s'inscrit dans un été 2026 particulièrement meurtrier pour les forêts françaises. Le Var, déjà durement touché en juillet avec près de 5 600 hectares partis en fumée, voit la situation s'aggraver. Mais le drame le plus important se joue en Gironde, où un mégafeu parti de Saumos a ravagé 42 000 hectares. Ce vendredi, la préfète de Gironde a annoncé que 198 000 des 220 000 personnes évacuées ont pu regagner leur domicile, mais elle a prévenu que le feu n'était pas fixé, tout en saluant une "première journée optimiste".
Ces incendies d'une ampleur exceptionnelle sont favorisés par des conditions climatiques extrêmes : canicule, sécheresse et vents violents. Le mistral, particulièrement fort ce vendredi dans le Var, a transformé la moindre étincelle en brasier.
L'importance de la prévention et de la vigilance
Les autorités rappellent que la saison des feux de forêt est loin d'être terminée. Neuf départements sont placés en vigilance orange pour risque "élevé" de feu de forêt, et 21 départements sont en vigilance orange canicule. Dans ce contexte, la prévention reste essentielle : ne pas jeter de mégots, ne pas faire de feux en plein air, respecter les interdictions d'accès aux massifs.
Selon les statistiques officielles, 308 personnes ont été interpellées depuis janvier pour des départs de feu volontaires, soit deux tiers des interpellations liées à des incendies. Ces chiffres soulignent l'importance de la lutte contre les incendies criminels, comme en témoigne la récente mise en examen d'un homme de 23 ans pour des feux près de Brignoles, dans le Var. Un lien que l'on peut établir avec l'enquête en cours sur les départs de feu de cet été.
Un été sous haute tension pour les sapeurs-pompiers
Cet été 2026 restera gravé dans les mémoires. Les sapeurs-pompiers, épuisés, enchaînent les interventions. La reprise du feu dans le Var, alors que le Gros Bessillon était considéré comme fixé trois jours plus tôt, illustre la difficulté de contrôler ces incendies. Comme le souligne le préfet, un feu "qui défie l'entendement" nécessite des moyens et une abnégation hors du commun.
En Gironde, la mobilisation est également massive, avec des milliers de personnes évacuées et des centaines de pompiers au combat. Les retours à domicile sont autorisés progressivement, mais la prudence reste de mise.
Pour les habitants du Var, l'incertitude demeure. Les prochaines heures seront décisives : les renforts annoncés, l'accalmie du vent et la baisse des températures pourraient permettre de stabiliser la situation. Les autorités appellent à la vigilance et au respect des consignes de sécurité. La solidarité s'organise dans les communes touchées, comme en témoigne l'ouverture de points d'accueil pour les évacués.
Cet été, la France entière retient son souffle face à des incendies d'une intensité inédite, révélateurs d'un dérèglement climatique dont les effets se font sentir plus que jamais.
Une saison des feux record : un signal d'alarme pour l'avenir
Cet été 2026 aura été inédit à plus d'un titre. Selon les données provisoires, la saison des feux de forêt en France est la plus ravageuse depuis le début des enregistrements, avec plus de 60 000 hectares brûlés. Une situation directement liée au réchauffement climatique : les vagues de chaleur sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses, et la sécheresse de la végétation atteint des niveaux records.
Les scientifiques alertent depuis des années sur ce risque. Les feux de forêt ne sont plus un phénomène marginal, réservé au sud de la France : ils touchent désormais des régions jusque-là épargnées, comme la Bretagne ou la Basse-Normandie. Les mégafeux, ces incendies d'une puissance inédite qui créent leur propre météo, pourraient devenir la norme dans les décennies à venir.
Face à ce constat, les pouvoirs publics multiplient les avertissements et les campagnes de prévention. La sensibilisation du public est cruciale, mais elle ne suffit pas. Les experts plaident pour un aménagement du territoire plus résilient : création de zones coupe-feu, débroussaillage obligatoire, limitation de l'urbanisation dans les zones à risque.
L'incendie dans le Var est un nouveau rappel de la fragilité de nos écosystèmes forestiers. Chaque été, ce sont des milliers d'hectares de nature qui partent en fumée, des habitats naturels détruits, des espèces menacées. La reconstruction prendra des décennies, et certains paysages ne seront jamais les mêmes.
En attendant, les pompiers continuent leur combat. Un combat épuisant, dangereux, mais essentiel. Les habitants du Var, eux, restent dans l'attente, entre espoir et angoisse. La pluie est annoncée pour dimanche, mais elle est incertaine. L'heure est à la prudence.
Cet article sera mis à jour au fil de l'évolution de la situation dans le Var et en Gironde.
Commentaires