Hellfest 2026 : une trentaine de groupes polémiques selon une enquête locale

Hellfest 2026 : une trentaine de groupes polémiques selon une enquête locale

Hellfest 2026 : une trentaine de groupes pointés du doigt par des habitants de Clisson

Alors que le Hellfest s'apprête à ouvrir ses portes le 19 juin 2026 à Clisson, une enquête menée par deux habitants de la commune jette un pavé dans la mare. Gaëtan Blachon et Noé Thiérot ont passé plusieurs dizaines d'heures à éplucher le CV des 183 groupes programmés cette année. Le résultat : selon eux, une trentaine de formations, soit environ 17 % de l'affiche, « font polémique ». Une révélation qui prend le contre-pied des déclarations de Ben Barbaud, le fondateur du festival, qui affirmait dans plusieurs médias qu'« aucun nom ne fera polémique » pour l'édition 2026.

Le duo de Clisson, gêné par la venue en 2025 de Bård Eithun, batteur de Blood Fire Death condamné pour meurtre en 1992, a voulu aller plus loin. « Le public doit pouvoir savoir, notamment dans un lieu où les groupes se succèdent et n'ont pas forcément une grande notoriété, quelles valeurs ils véhiculent », expliquent-ils. Une démarche qui, selon eux, n'a rien d'une opposition au festival ou aux musiques extrêmes : « Nous avons d'ailleurs de nombreux titres de ces styles dans nos playlists. »

Un virage dans la communication de l'organisation ?

Jusqu'à présent, l'équipe de Ben Barbaud considérait que n'importe quel groupe pouvait jouer dès lors qu'il n'était pas interdit par la justice. Mais la promesse d'une édition 2026 sans polémique a poussé les deux habitants à vérifier. Ils ont notamment scruté les paroles, les affiliations politiques et les antécédents judiciaires des musiciens. Sans surprise, les groupes de black metal et de death metal sont les plus concernés, ces genres abordant souvent des thèmes sombres.

Cette polémique survient alors que le Hellfest, qui s'est imposé comme le plus grand festival de metal européen, attire chaque année des dizaines de milliers de festivaliers à Clisson. L'organisation, de son côté, n'a pas encore réagi à cette enquête. Mais le sujet devrait animer les débats dans les semaines à venir, d'autant que le collectif « Qui nous aime nous suive » avait déjà manifesté en silence lors de l'édition 2025.

Une programmation riche entre polémiques et pépites musicales

Pendant ce temps, la programmation du Hellfest 2026 continue de faire le bonheur des amateurs de metal. Parmi les temps forts, on attend le groupe américain de black metal Hulder, qui présentera son nouvel album Verbolgen (sortie le 7 août 2026 chez 20 Buck Spin / Season of Mist). Le groupe, qui jouera le 20 juin à Clisson, a dévoilé un opus aux accents atmosphériques et cérémoniels, mêlant anglais, flamand et proto-germanique. Une curiosité qui promet un live intense.

Autre rendez-vous très attendu : le trio suédois de stoner/doom Monolord, qui partagera la scène avec son nouveau single It’s Neverending, en featuring avec Jörgen Sandström (Grave, ex-Entombed). Leur album Neverending sort le 29 mai 2026 chez Relapse Records, après une collaboration avec la productrice Sylvia Massy (Tool, System of a Down).

Côté rock plus classique, la guitariste française Laura Cox, révélée sur YouTube (plus de 510 000 abonnés), foulera à nouveau les planches du Hellfest après une tournée européenne remarquée. Son quatrième album Trouble Coming confirme son statut de figure féminine majeure du rock européen.

Le Hellfest, tremplin incontournable de la scène metal et rock

Au-delà de la polémique, le Hellfest reste un événement indispensable pour les groupes en tournée. Hulder, par exemple, enchaînera Clisson avec d'autres festivals majeurs comme le Graspop Metal Meeting (Belgique) ou le Resurrection Fest (Espagne), dans le cadre d'une vaste tournée estivale européenne. De même, Monolord entame une tournée américaine après la sortie de son album. Le Hellfest agit ainsi comme une rampe de lancement pour des artistes en pleine ascension.

Pour les mélomanes, l'occasion est aussi de découvrir des pépites moins connues, mais dont les CV peuvent parfois surprendre. Comme le soulignent les deux habitants de Clisson, « le public a le pouvoir de choisir si les valeurs des groupes collent avec les siennes ». Un débat qui, loin de se limiter au metal, traverse toute la société, comme en témoignent les récentes polémiques dans d'autres festivals ou grands rendez-vous culturels. À l'image de Cannes 2026, où certains films ont suscité des controverses, la question de la séparation entre l'artiste et l'œuvre reste plus que jamais d'actualité.

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