50 Cent et Peacock lancent une série choc sur le tueur de Gilgo Beach
Le rappeur, acteur et producteur Curtis « 50 Cent » Jackson s’associe à Peacock pour développer une série scénarisée autour de l’affaire du tueur en série Rex Heuermann, qui a récemment plaidé coupable du meurtre de huit femmes entre 1993 et 2010. L’information, révélée en exclusivité par Variety le 1er mai 2026, a été confirmée ce lundi 4 mai par un représentant de l’artiste.
Le projet, écrit par Jordan Hawley (connu pour Smallville, Sex/Life et UnREAL), s’inspire du docu-série The Gilgo Beach Killer: House of Secrets, que Jackson coproduisait déjà. La série promet une plongée dans la double vie de cet architecte de 62 ans, qui a vécu pendant trente ans sous le radar des forces de l’ordre, avant d’être démasqué en 2023.
« Pendant 30 ans, le tueur en série de Long Island a chassé dans l’ombre de la banlieue, échappant aux forces de l’ordre en menant une double vie banale. Lorsque les détectives ont enfin résolu l’affaire, sa femme et ses enfants ont dû faire face à l’homme qu’ils pensaient connaître », indique le synopsis officiel.
Un fait divers qui continue de hanter l’Amérique, et qui trouve désormais un écho inattendu dans les déclarations de l’ex-épouse du meurtrier.
Asa Ellerup, la veuve du monstre : « Je dors dans la kill room »
Dans un témoignage glaçant diffusé le 23 avril dernier sur Peacock, Asa Ellerup, l’ex-femme de Rex Heuermann, a révélé occuper désormais la pièce où son mari aurait démembré plusieurs de ses victimes. « La vérité brutale, c’est que Rex Heuermann a dit avoir démembré les corps dans cette pièce », a-t-elle confié. « Je suis ici parce que je me sens spirituelle. Je veux dire, à ma manière, que je suis vraiment désolée pour ce que ces victimes ont traversé. »
Cette pièce, qui était à l’origine la chambre d’enfance de Heuermann, a été entièrement rénovée : « Nouveau sol, nouveaux murs, nouvelles moulures, nouvelles portes. » Elle y a installé un lit Hello Kitty vert et étagères remplies de peluches, tentant de conjurer l’horreur. Mais les cauchemars persistent : « Chaque nuit, je suis hantée par des rêves (...) Cela ne disparaîtra jamais. Cela me suivra pour le reste de ma vie. »
Asa Ellerup, qui a demandé le divorce après l’arrestation de son mari en 2023 pour conserver la maison familiale, affirme l’avoir vu une douzaine de fois depuis ses aveux. « Je veux connaître l’autre côté de Rex. Je veux savoir pourquoi il a tué ces femmes, quels étaient ses déclencheurs », ajoute-t-elle, encore en quête de sens.
Son témoignage, aux confins du pathologique et du spirituel, a été largement relayé par E! News. Il rappelle que l’affaire des meurtres de Gilgo Beach continue de fasciner autant qu’elle révulse.
De l’arrestation aux aveux : la chronique d’une chute annoncée
Rex Heuermann, architecte de profession, a été arrêté en juillet 2023, après une traque de plusieurs années. Il a plaidé coupable en avril 2026 pour le meurtre de sept femmes – dont les corps avaient été retrouvés entre 2010 et 2011 le long de la plage de Gilgo Beach, à Long Island – et a avoué un huitième meurtre commis après son arrestation. Sa condamnation doit être prononcée en juin 2026.
L’affaire avait secoué l’opinion américaine dès 2010, lorsque les enquêteurs avaient exhumé dix corps de femmes, pour la plupart travailleuses du sexe, à quelques kilomètres d’une paisible station balnéaire. Le profil de Heuermann – un père de famille sans antécédents, exerçant un métier respectable – a alimenté l’obsession médiatique pour les « tueurs de banlieue ».
Sa vie de famille, décrite comme « banale et sans histoire » par ses voisins, s’oppose radicalement aux scènes de démembrement qu’il aurait commises dans sa cave. La série produite par 50 Cent entend explorer cette dualité, en s’appuyant sur les témoignages de ses proches, notamment ceux de sa fille Victoria, 29 ans, et de son beau-fils Christopher Sheridan, 35 ans.
Une machine hollywoodienne qui roule sur le true crime
L’arrivée de Curtis « 50 Cent » Jackson sur ce projet n’a rien d’anodin. Le rappeur et producteur est devenu l’un des poids lourds du genre true crime à la télévision, notamment grâce à sa franchise Power (Starz) et aux docu-séries comme TikTok Star Murders (Peacock). Avec The Accomplice, il prépare par ailleurs une adaptation de son propre roman, avec Taraji P. Henson.
La série sur Gilgo Beach s’inscrit dans une tendance lourde : celle de la transformation des faits divers les plus sordides en produits de divertissement premium. Peacock mise sur le frisson, l’intime et le mystère. La présence de Jordan Hawley, scénariste passé de Smallville à UnREAL, garantit un ton sombre et psychologique.
Mais le projet soulève aussi des questions éthiques : jusqu’où peut-on raconter la souffrance des victimes et de leurs familles sans tomber dans le voyeurisme ? Les déclarations d’Asa Ellerup – qui dort entre des peluches et des murs repeints sur les lieux du crime – illustrent ce malaise : la frontière entre reconstruction personnelle et spectacle macabre est parfois ténue.
Renaissance ou malédiction : le poids du passé sur la famille
Asa Ellerup n’est pas la seule à tenter de se reconstruire. La fille de Rex Heuermann, Victoria, 29 ans, a elle aussi livré des confidences poignantes sur sa relation avec son père. Elle a raconté comment elle avait découvert, avec horreur, les détails des crimes. La famille vit désormais sous les projecteurs, entre soutien psychologique et rejet social.
La maison de Long Island, scellée pendant des mois, a été restituée après le plaidoyer de culpabilité. Asa Ellerup y dort toujours, mais confie : « Il n’y aura jamais de justice pour personne, et il n’y aura jamais moyen d’oublier cela. »
Cette affaire rappelle que les tueurs en série laissent des survivants invisibles. Les proches, souvent innocents, paient un lourd tribut : traumatisme, harcèlement médiatique, et parfois double peine d’être associée au monstre. La série à venir, en quête d’audience, devra composer avec cette mémoire douloureuse.
Un écho dans l’actualité : l’enlèvement de Nancy Guthrie
Le même jour où Peacock annonçait sa série, une autre affaire criminelle secouait l’Amérique : l’enlèvement non résolu de Nancy Guthrie, 84 ans, mère de la journaliste de NBC Savannah Guthrie. Disparue depuis le 1er février 2026, l’octogénaire a été enlevée de son domicile en Arizona, un crime pour lequel le FBI offre toujours une récompense. Aucun suspect n’a été arrêté.
Si les deux affaires sont distinctes – l’une est un cold case réchauffé par des aveux, l’autre une disparition active – elles montrent l’appétit insatiable du public pour les mystères criminels, et la capacité des plateformes à les transformer en contenus à haute valeur ajoutée.
En attendant la sortie de la série, prévue pour 2027 ou 2028 sur Peacock, la machine à scandale continue de tourner. La prochaine étape : la sentence de Rex Heuermann, le mois prochain, qui refermera (juridiquement) ce chapitre sordide. Mais l’ombre de la kill room, elle, ne s’éteindra jamais.
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