Emirates lorgne Denver, Detroit et Philadelphie
Emirates pourrait bientôt ajouter trois nouvelles destinations américaines à son réseau. Sir Tim Clark, président de la compagnie basée à Dubaï, a cité Denver (DEN), Detroit (DTW) et Philadelphie (PHL) comme candidates potentielles à une liaison directe avec Dubaï International (DXB). L'information, rapportée par The Points Guy lors de la conférence Routes World à Francfort, intervient alors qu'Emirates dessert déjà douze aéroports américains, dont New York JFK, Los Angeles, Chicago, Houston, Boston, Seattle et Miami.
Aucune de ces trois villes ne dispose actuellement de vol sans escale vers Dubaï. Denver, qui ne possède aucune liaison directe vers le Golfe, son plus long vol étant Turkish Airlines vers Istanbul depuis juin 2024, est la seule des trois à avoir été publiquement associée à Emirates par le passé. En 2025, l'ancien directeur de l'aéroport, Phil Washington, avait affirmé que la prochaine nouvelle route serait « probablement Dubaï avec Emirates », avant que la compagnie ne démente tout plan officiel. Detroit, hub majeur de Delta, et Philadelphie, cinquième hub d'American Airlines, figurent depuis des années sur les radars de la compagnie émiratie.
Un réseau américain déjà bien implanté
Emirates sert six des hubs de United Airlines (Newark, Chicago, Houston, Washington, San Francisco et Los Angeles) et entretient un accord de partage de codes avec la compagnie américaine depuis 2023. Denver est le seul hub de United non desservi par Emirates, ce qui renforce l'attrait de cette destination. Toutefois, la compagnie dessert déjà Newark et JFK, situés à moins de 130 kilomètres de Philadelphie, ce qui pourrait réduire la pertinence de cette dernière option.
Riyadh Air délocalise ses vols à Al Qassim
La compagnie saoudienne Riyadh Air, lancée récemment, a annoncé le 25 octobre 2026 la reprise de ses opérations, mais depuis l'aéroport d'Al Qassim (ELQ), situé à environ 400 kilomètres de Riyad. Cette décision fait suite à une série d'attaques houthies contre l'aéroport international King Khalid (RUH), qui ont causé au moins 15 morts et plus de 300 blessés, endommageant plusieurs appareils, dont un Airbus A320 de Saudia et au moins un Boeing 787 de Riyadh Air.
Les vols reprendront initialement vers Le Caire, Dhaka, Islamabad, Djeddah, Londres Heathrow et Lahore. Pour les passagers au départ de Riyad, la compagnie a mis en place un dispositif logistique inédit : enregistrement à l'hôtel InterContinental Durrat Al Riyadh, puis transfert en autocar gratuit de 4h30 vers Al Qassim, avec arrivée 30 minutes avant la clôture des bagages. Un périple qui allonge considérablement le temps de voyage, mais qui permet à la compagnie de maintenir une activité minimale.
Un aéroport de Riyad toujours fermé aux passagers
L'aéroport de Riyad n'opère pour l'instant que sur autorisation préalable et les vols passagers n'ont pas repris. Riyadh Air, qui avait déjà suspendu ses opérations et déplacé ses appareils, doit composer avec cette contrainte majeure. La question de la sécurité d'Al Qassim reste toutefois posée : rien ne garantit que cet aéroport ne devienne pas à son tour une cible, même si les attaques récentes se sont concentrées sur Riyad.
Sydney inaugure son second aéroport international
À l'autre bout du monde, l'Australie a franchi une étape historique. Le nouvel aéroport international de Western Sydney (Nancy-Bird Walton) a accueilli son premier vol passager international le lundi 26 octobre 2026 : le vol NZ165 d'Air New Zealand en provenance d'Auckland, assuré en Boeing 787-9. L'appareil a ensuite repris la direction d'Auckland sous le numéro NZ166, inaugurant une liaison tri-hebdomadaire (lundi, mercredi, vendredi).
Ce jalon intervient après l'ouverture du site aux vols domestiques le dimanche 25 octobre, avec un premier départ assuré par Jetstar vers la Gold Coast. Il s'agit du premier grand aéroport international ouvert en Australie depuis plus de 50 ans. Situé à Badgerys Creek, à environ 60 kilomètres à l'ouest du centre de Sydney, l'équipement a coûté 5,6 milliards de dollars australiens et doit soulager l'aéroport Kingsford Smith, saturé.
Un calendrier de développement progressif
D'autres compagnies ont confirmé leur arrivée : Singapore Airlines débutera des vols quotidiens vers Singapour Changi le 23 novembre 2026, Vietjet prévoit une liaison vers Hô Chi Minh-Ville en janvier 2027, Fiji Airways vers Nadi en mars, et Qatar Airways a annoncé son intention de desservir Western Sydney. L'aéroport, conçu pour accueillir jusqu'à 10 millions de passagers par an dans sa configuration initiale, dispose d'une piste de 3,7 km capable d'accueillir des long-courriers. Le terminal unique regroupe services domestiques et internationaux sous le même toit, avec plus de 40 bornes d'enregistrement et 34 bornes de dépôt de bagages automatisées.
Perspective : un secteur aérien entre expansion et turbulences
Ces trois actualités illustrent les dynamiques contrastées du transport aérien mondial en cette fin octobre 2026. D'un côté, l'expansion se poursuit : Emirates étudie de nouvelles routes vers les États-Unis, Sydney se dote d'une infrastructure majeure et les compagnies low-cost comme Southwest Airlines multiplient les liaisons vers des destinations tropicales. De l'autre, les risques géopolitiques et sécuritaires pèsent lourdement sur les opérations. Les attaques contre l'aéroport de Riyad rappellent que les infrastructures aériennes demeurent des cibles vulnérables, tandis que les compagnies doivent adapter leurs réseaux en conséquence, quitte à imposer des trajets terrestres de plusieurs heures à leurs passagers.
Pour les voyageurs, ces évolutions signifient à la fois plus d'options et de nouvelles contraintes logistiques. La multiplication des hubs et des liaisons directes, notamment vers le Golfe et l'Asie-Pacifique, pourrait à terme intensifier la concurrence sur les tarifs, mais la sécurité et la stabilité des routes resteront des critères déterminants dans le choix des compagnies.
Commentaires