FC Nantes : Halilhodžić entre résignation et défis impossibles, le maintien semble hors de portée

Illustration during the Ligue 1 Uber Eats match between FC Nantes and Clermont Foot 63 at Beaujoire Stadium on October 30, 2022 in Nantes, France. -...

« La situation est de plus en plus désespérée » : Halilhodžić lâche le mot

Le ton est donné. Après le nul concédé à Auxerre (0-0) lors de la 29e journée de Ligue 1, Vahid Halilhodžić n'a pas cherché à masquer la gravité de la situation du FC Nantes. En conférence de presse d'après-match, le technicien bosnien s'est montré particulièrement sombre : « La situation est de plus en plus désespérée. Mon équipe est sous grosse, grosse pression. Je suis vraiment triste pour mon club. » Des mots lourds, prononcés par un entraîneur qui a pourtant choisi de revenir aux commandes des Canaris début mars pour tenter de conjurer le sort.

Résultat de ce déplacement bourguignon : un point arraché certes, mais insuffisant au regard de l'urgence sportive. Pire, ce nul face à un concurrent direct n'a permis à Nantes ni de se rapprocher d'Auxerre — barragiste avec cinq points d'avance — ni de combler son retard sur Nice, première équipe non relégable, distante de huit points. La marge de manœuvre se rétrécit à vitesse alarmante.

Un calendrier cauchemardesque en guise de sprint final

Si Halilhodžić a tenu à saluer le « super travail » de ses joueurs à l'entraînement et rappelé que « dans le sport, tout est possible », la suite du calendrier nantais ressemble davantage à un parcours du combattant qu'à une bouée de sauvetage. Après la réception de Brest lors de la 30e journée, les Canaris devront enchaîner contre quatre des cinq meilleures équipes du championnat, dont un déplacement au Parc des Princes face au PSG, avant de terminer la saison face à Toulouse. Un programme qui laisse peu de place à l'optimisme.

Le PSG en ligne de mire : Halilhodžić impressionné, mais lucide

À l'occasion de la conférence de presse du vendredi 17 avril, à la veille du match contre Brest, Vahid Halilhodžić a évoqué l'échéance parisienne avec une franchise désarmante. Loin de chercher à gonfler artificiellement les ambitions de ses troupes, l'ancien joueur du PSG a rendu un hommage appuyé au club de la capitale, qualifiant son pressing collectif de « meilleur du monde ».

Pour illustrer son propos, il a cité en exemple la transformation d'Ousmane Dembélé : « Je ne peux jamais m'imaginer un jour le voir faire ce meilleur pressing du monde qu'il fait. C'est lui, c'est grâce à lui et ce sacrifice phénoménal, que d'autres profitent un petit peu de ça. » Avant de conclure sur une prévision sans ambiguïté : « Sur un match tu peux gagner contre Paris, sur deux matchs impossible. » Une sortie médiatique qui résume l'état d'esprit du vestiaire nantais : combatif en apparence, mais conscient du gouffre sportif qui le sépare des cadors de la Ligue 1.

Des absences qui compliquent encore la tâche

Sur le plan des effectifs, le staff nantais doit également composer avec plusieurs contraintes. Avant le match à Auxerre, Tylel Tati était suspendu deux matchs après son carton rouge de la journée précédente. Si Dehmaine Tabibou a pu réintégrer le groupe après une blessure au mollet, le cas de Rémy Cabella a suscité l'inquiétude : victime d'une alerte aux ischio-jambiers à l'entraînement, le meneur de jeu nantais, maître à jouer de l'équipe, est suivi de près par le staff médical. Sans lui, le dispositif offensif perd une grande partie de sa créativité.

La question de l'après-Halilhodžić déjà dans les esprits

Tandis que la saison touche à sa fin, la question de l'avenir du technicien sur le banc nantais commence déjà à circuler dans les rédactions spécialisées. Le nom de Nicolas Usaï a été évoqué comme successeur potentiel, avant d'être rapidement démenti. Le débat qu'il a néanmoins suscité est révélateur d'un club en pleine incertitude structurelle.

Les avis divergent sur la pertinence d'un tel profil. Certains analystes estiment qu'Usaï, s'il connaît bien la Ligue 2, manque de l'expérience et de la légitimité nécessaires pour gérer la pression d'un club historique comme Nantes, qu'il soit question de maintien ou de remontée. D'autres pointent la nécessité, en cas de relégation, de s'appuyer sur un entraîneur capable de construire un véritable projet sportif sur la durée plutôt que de simplement gérer l'urgence.

Cette agitation autour du futur poste d'entraîneur illustre une réalité plus profonde : le FC Nantes souffre d'une instabilité chronique depuis plusieurs années, aggravée par des choix de recrutement contestés et une gestion sportive souvent décriée.

Un club à la croisée des chemins

Le FC Nantes, l'un des clubs les plus titrés de l'histoire du football français avec huit titres de champion de France, vit une période particulièrement troublée. La menace d'une relégation en Ligue 2 n'est pas seulement un drame sportif : elle aurait des conséquences économiques significatives, avec une réduction drastique des droits TV et une probable hémorragie de joueurs lors du prochain mercato.

Le retour de Halilhodžić, figure emblématique du club qu'il a déjà entraîné par le passé, avait suscité un espoir de sursaut. Mais avec 19 points au compteur et un calendrier impitoyable, les Canaris semblent se diriger inexorablement vers l'antichambre du football professionnel français. La suite des événements, dans les prochaines semaines, dira si le « tout est possible » du coach bosnien était prophétique ou simplement la dernière flamme d'un club en train de s'éteindre dans l'élite.

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