Le passage à l'heure d'hiver 2026 aura lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre, une date record
Le compte à rebours est lancé. En 2026, le passage à l'heure d'hiver interviendra dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre. À 3 heures du matin, les horloges devront être reculées d'une heure pour afficher 2 heures. Une heure de sommeil sera donc gagnée, mais surtout, ce changement survient à la date la plus précoce possible, comme le soulignent plusieurs médias. En effet, la règle européenne fixe l'opération au dernier dimanche d'octobre. Or, en 2026, ce dimanche tombe le 25, soit le jour le plus tôt du mois où cela peut se produire. Il faut remonter à 2020 pour retrouver une configuration aussi précoce.
Ce rendez-vous biannuel, instauré en France dans les années 1970, reste profondément ancré dans le quotidien de millions de personnes. Pourtant, il ne fait plus l'unanimité. Alors que le changement d'heure devait être supprimé par l'Union européenne dès 2021, il demeure en vigueur, faute d'accord entre les États membres. Retour sur les faits marquants, le contexte historique et les perspectives d'une pratique qui divise.
Une date exceptionnellement précoce
Un calendrier immuable depuis 1998
Depuis 1998, les dates de changement d'heure sont harmonisées à l'échelle de l'Union européenne. Le passage à l'heure d'hiver s'effectue toujours le dernier dimanche d'octobre, et celui à l'heure d'été le dernier dimanche de mars. Cette régularité apparente masque pourtant des variations : selon les années, le dernier dimanche d'octobre peut tomber entre le 25 et le 31. En 2026, il tombe le 25, ce qui rend le passage à l'heure d'hiver particulièrement précoce. À l'inverse, en 2025, il avait eu lieu le 26 octobre, et en 2027, il se produira le 31 octobre.
Les modalités pratiques
Le changement s'appliquera à 3 heures du matin, heure de Paris. Il concernera l'ensemble des départements métropolitains ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon. En revanche, les territoires d'outre-mer ne sont pas concernés, car ils ne pratiquent pas le changement d'heure. En Europe, la plupart des pays membres appliqueront la même règle, à l'exception notable de la Russie, de la Biélorussie et de l'Islande, qui ont choisi de ne plus changer d'heure. Au total, près de 70 pays dans le monde, principalement situés dans l'hémisphère Nord, continuent d'appliquer ce système.
Les origines énergétiques d'une tradition contestée
Une mesure née des chocs pétroliers
L'idée de décaler les horloges pour économiser l'énergie n'est pas nouvelle. Dès 1784, Benjamin Franklin évoquait la possibilité de se lever plus tôt pour réduire la consommation de bougies. Mais c'est en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, que l'Allemagne adopta la première ce système pour économiser du charbon. La France suivit rapidement, avant d'abandonner la mesure. Il fallut attendre 1976, en pleine crise pétrolière, pour que l'Hexagone réintroduise le changement d'heure sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. L'objectif était alors de réduire la consommation d'électricité, produite majoritairement à partir de pétrole à l'époque.
Un bilan énergétique aujourd'hui marginal
Depuis les années 1970, les modes de consommation ont radicalement changé. L'éclairage représente une part bien moindre de la facture énergétique, et les appareils électriques sont plus performants. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le changement d'heure permettrait d'économiser environ 0,1 % de la consommation annuelle d'électricité en France, soit l'équivalent de la consommation d'une ville de 100 000 habitants. Un gain considéré comme marginal par de nombreux experts, qui remettent en cause l'utilité de la mesure.
Des effets sur la santé documentés
Au-delà de la question énergétique, le changement d'heure est accusé de perturber le rythme circadien, l'horloge biologique interne. Des études ont montré une augmentation des troubles du sommeil, de l'irritabilité, voire des accidents cardiovasculaires dans les jours suivant le passage à l'heure d'été ou d'hiver. Les enfants, les personnes âgées et les travailleurs postés sont particulièrement vulnérables. La perturbation de la production de mélatonine et de sérotonine peut entraîner une fatigue persistante, une baisse de concentration et des sautes d'humeur. Ces effets, bien que temporaires, sont pris au sérieux par les autorités sanitaires.
Un débat européen toujours en suspens
La consultation de 2018 et ses suites
En 2018, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur le changement d'heure. Résultat sans appel : 84 % des 4,6 millions de répondants se sont déclarés favorables à sa suppression. Forte de ce soutien, la Commission a proposé en 2019 de mettre fin aux changements d'heure saisonniers, laissant aux États membres le choix de leur heure définitive. Le Parlement européen a voté en faveur de cette suppression. Mais depuis, le dossier est bloqué au Conseil, où les États membres ne parviennent pas à s'accorder sur la question de savoir quelle heure garder : l'heure d'été ou l'heure d'hiver ?
Entre blocages politiques et crise sanitaire
L'épidémie de Covid-19 a relégué le sujet au second plan. Les discussions ont été reportées sine die, et la Commission n'a pas remis le sujet à l'agenda. En 2026, la situation reste inchangée : le changement d'heure continue de s'appliquer, faute d'accord. Pourtant, les opinions publiques restent majoritairement favorables à une suppression, comme en témoignent les sondages réguliers. Mais le consensus sur l'heure à adopter à l'année est loin d'être acquis : les pays du Sud, comme l'Espagne, l'Italie ou la Grèce, préfèrent l'heure d'été, tandis que les pays du Nord, comme l'Allemagne ou les Pays-Bas, penchent pour l'heure d'hiver. La France, quant à elle, n'a pas officiellement tranché.
Des impacts économiques et sociaux contrastés
Pour les entreprises et les transports
Le changement d'heure a des répercussions sur de nombreux secteurs. Les transports (avions, trains) doivent adapter leurs horaires, ce qui engendre des coûts supplémentaires. Les entreprises dont l'activité dépend de la lumière du jour, comme le bâtiment ou l'agriculture, doivent réorganiser leurs plannings. À l'inverse, les secteurs du tourisme et des loisirs peuvent bénéficier d'une heure de clarté supplémentaire le soir en été. Mais ces effets restent difficiles à quantifier précisément.
Pour les particuliers
Pour les citoyens, le changement d'heure est souvent vécu comme une contrainte. Le passage à l'heure d'hiver, avec des journées plus courtes, peut favoriser la déprime saisonnière. Le passage à l'heure d'été, lui, est associé à une perte de sommeil et à une hausse des accidents de la route le lundi matin. Des applications mobiles et des objets connectés facilitent toutefois la mise à jour automatique des horloges, réduisant les risques d'erreur.
Perspectives : vers une suppression progressive ?
Les scénarios possibles
Si l'Union européenne parvenait à un accord, le changement d'heure pourrait être supprimé d'ici quelques années. Chaque pays devrait alors choisir son fuseau horaire définitif. La France, située à la charnière, pourrait opter pour l'heure d'été (UTC+2) ou l'heure d'hiver (UTC+1). Ce choix aurait des conséquences sur les relations avec les pays voisins et sur la vie quotidienne. Un scénario probable est celui d'une harmonisation à l'échelle européenne, mais les divergences actuelles rendent l'échéance incertaine.
Une opinion publique de plus en plus critique
Les appels à la suppression se multiplient. Des pétitions circulent, des associations de patients et de consommateurs plaident pour la fin du changement d'heure. Les débats sur la santé mentale et le bien-être au travail prennent de l'ampleur, et le rythme biologique est de plus en plus pris en compte. Pourtant, le statu quo perdure, faute de consensus politique. En attendant, les Français devront une nouvelle fois reculer leurs montres le 25 octobre prochain. Une habitude qui, selon certains, appartient déjà au passé.
En 2027, le passage à l'heure d'été aura lieu le dimanche 28 mars, et le retour à l'heure d'hiver le dimanche 31 octobre.
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