Daredevil: Born Again saison 2 : un final en eau de rose qui divise les fans

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Une conclusion qui fait débat

Le 5 mai 2026, Marvel a diffusé le dernier épisode de la saison 2 de Daredevil: Born Again, intitulé "The Southern Cross". La série, désormais sous la seule direction de Dario Scardapane, a suscité des réactions contrastées. Si la saison avait su poser des questions complexes sur la justice et le pardon, le final a laissé de nombreux fans et critiques perplexes. L'épisode, qui voit Matt Murdock (Charlie Cox) affronter une ultime fois Wilson Fisk (Vincent D'Onofrio), alias le Caïd, n'a pas répondu aux attentes.

Une scène clé qui fâche

Le point culminant de l'épisode réside dans le face-à-face entre Daredevil et Kingpin. Alors que Fisk, devenu maire de New York, vient de tuer froidement plusieurs manifestants, Matt Murdock choisit de l'épargner. Pire, il lui offre une chance de se racheter, un choix qualifié de "naïf" et "stupide" par les critiques. Le site AV Club résume bien la frustration : "Mercy kills Daredevil: Born Again 's season finale", titrant un article qui pointe du doigt une morale qui vacille. Après des semaines à bâtir une réflexion sur le pardon et la vengeance, la série semble avoir préféré préserver le statu quo plutôt que d'offrir une conclusion satisfaisante.

Le combat final se déplace au tribunal

L'originalité de ce final tient dans son décor : le tribunal. Après avoir passé une grande partie de la saison en fuite, accusé de vigilatisme suite au décret "Safer Streets" de Fisk, Matt Murdock décide de revenir sous les projecteurs. Il défend sa compagne Karen Page (Deborah Ann Woll), arrêtée sur des charges montées de toutes pièces par le maire. Pour prouver la corruption de Fisk, Matt révèle la contrebande d'armes orchestrée par l'administration municipale.

Un aveu retentissant

Pour étayer ses accusations, Matt n'a d'autre choix que de témoigner en personne. Il déclare avoir été témoin des trafics en tant que Daredevil, reconnaissant publiquement son identité secrète. Ce coup de théâtre, qui fait écho aux comics, a un prix : Matt est radié du barreau et condamné à une peine de prison. "Nous avons maintenant une bonne raison pour laquelle Daredevil ne rejoint pas son ennemi juré le Punisher dans Spider-Man: Brand New Day", note Slashfilm. L'épisode s'achève sur un plan de Matt en cellule, promettant une saison 3 déjà confirmée par Marvel.

La morale en question

Derrière le spectacle, c'est bien une interrogation morale qui traverse toute la saison. Matt Murdock a-t-il raison de refuser de tuer ? Le Caïd, dont le parcours criminel a causé des centaines de morts, mérite-t-il la clémence ? La série a tenté de creuser ce dilemme, notamment en montrant Matt accorder son pardon à Bullseye, l'assassin de son meilleur ami Foggy Nelson. Mais dans le final, cette ligne directrice s'effondre.

Une absence de justice

La critique la plus sévère vient du traitement réservé à Kingpin. Après avoir massacré une petite foule d'électeurs, Fisk est simplement relâché. AV Club souligne l'absurdité de la situation : "Le Caïd a révélé sa véritable nature à la ville qu'il prétend aimer et s'en est recouvert de sang – pas métaphoriquement, littéralement – et la réponse de Daredevil a été un joli discours et une libération ?" Cette absence de justice laisse un goût amer, d'autant que l'épisode précédent, "The Hateful Darkness", avait su monter la pression avec des enjeux élevés.

Les coulisses d'un tournant créatif

Cette saison 2 marque un changement de showrunner. Après le départ de Chris Ord et Matt Corman, Dario Scardapane a pris les rênes en solo. Si la saison a globalement été mieux reçue que la première, ce final divise. Certains y voient une volonté de préserver une continuité pour la saison 3 et les futures apparitions dans le MCU. D'autres, un manque de courage scénaristique.

Un acteur passé de Marvel à DC

En parallèle, une information a fait réagir les fans : Matthew Lillard, qui interprétait Mr. Charles dans cette saison 2, a été annoncé au casting de Man of Tomorrow, le prochain film Superman de James Gunn. Le comédien rejoint ainsi l'univers DC, confirmant un partenariat récurrent avec Gunn (ils avaient déjà collaboré sur les films Scooby-Doo). Une nouvelle qui, si elle n'affecte pas directement Daredevil, montre que les acteurs de la série sont très demandés. Comme le souligne ComicBook.com, Lillard est un "favori de James Gunn" et son rôle dans Man of Tomorrow reste mystérieux.

Où est le Punisher ?

Une autre absence a marqué les esprits : celle de Frank Castle, alias le Punisher. Pourtant vu dans la saison 1, le personnage de Jon Bernthal n'apparaît pas dans cette saison 2. La raison ? Le spin-off The Punisher: One Last Kill, qui doit sortir le 12 mai 2026 sur Disney+. Comme l'explique une vidéo de Yahoo News, le personnage est seulement évoqué dans le troisième épisode, où Karen et Daredevil se réfugient dans sa planque. Le film à venir devrait clarifier l'emploi du temps de Frank Castle, entre son absence dans la série et sa présence potentielle dans Spider-Man: Brand New Day.

Les conséquences pour le MCU

Ce final de saison 2 a des implications au-delà de la série. L'incarcération de Matt Murdock permet d'expliquer pourquoi il ne participe pas aux événements de Spider-Man: Brand New Day, où le Punisher sera présent. Cela ouvre aussi la voie à une potentielle intrigue carcérale pour la saison 3, à l'image de l'arc Daredevil: Prison des comics. En parallèle, le personnage de BB Urich (Nikki M. James) a réussi à fomenter une révolte sociale, même si la série n'a pas eu les moyens de la montrer dans toute son ampleur.

Un avenir incertain pour Kingpin

Wilson Fisk est donc libre à la fin de cette saison 2. Son statut de maire est-il encore tenable après le massacre ? Matt a certes démontré sa corruption devant le tribunal, mais Fisk reste en place. Cette fin, qui rappelle les cycles sans fin des comics, devrait permettre à Marvel de recycler le personnage dans d'autres œuvres. Mais pour les spectateurs qui espéraient une conclusion définitive, la pilule a du mal à passer. Slashfilm le résume en une phrase : "Laisser Fisk vivant pour se battre un autre jour a du sens parce que cela maintient le statu quo de la série."

La réception critique mitigée

À l'heure où nous écrivons ces lignes, les avis divergent. Si la saison 2 dans son ensemble est considérée comme une amélioration par rapport à la saison 1, le final est jugé trop prudent. "C'est la courbe morale du MCU qui se plie sous nos yeux : Daredevil s'angoisse de tuer ses ennemis insensés et brutaux parce que c'est ce qu'on attend de lui", écrit AV Club. Un constat qui rejoint les critiques récurrentes adressées à Marvel : une frilosité à bousculer les codes, au nom d'un status quo rentable.

Un parallèle avec d'autres franchises

Cette situation n'est pas sans rappeler les controverses autour d'autres œuvres super-héroïques. Dans le paysage médiatique actuel, où les séries osent de plus en plus (voir les récents succès de The Penguin ou Peacemaker), Daredevil: Born Again semble hésiter entre tradition et modernité. Ce final, jugé trop sage, pourrait refroidir les fans qui attendaient une prise de risque. Pour les curieux, une comparaison avec les dernières actualités politiques françaises – comme la lutte contre la fraude sociale – montre que les questions de justice et de pardon ne sont jamais simples, que ce soit dans la fiction ou la réalité.

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