Condamnation pour les menaces contre la famille d'Ángel Di María

Une condamnation pour faire taire les intimidations

Ce lundi 4 juillet 2026, la justice argentine a condamné Sara Belén Gutiérrez à trois ans et demi de prison ferme pour sa participation aux menaces intimidatoires visant la famille d'Ángel Di María. En mars 2024, alors que des rumeurs annonçaient le retour du champion du monde à Rosario Central, une faction de la barra brava de Newell's Old Boys avait orchestré une opération pour faire peur au joueur et le dissuader de rejoindre le club rival.

La jeune femme de 25 ans a reconnu avoir participé à l'attaque survenue devant le country Miraflores, à Funes, où réside la famille Di María. Les faits remontent à la nuit du 25 mars 2024 : un Renault Megane gris s'arrête devant le complexe résidentiel, des tirs sont entendus et une note de menace est déposée. Les caméras de surveillance ont filmé Gutiérrez et son complice, Pablo Acotto, son cousin. La sentence a été homologuée par le juge Lisandro Artacho, suite à un accord entre la fiscal Paula Barros et la défense.

#Un contexte de terreur et de rivalités mafieuses

Cette affaire ne peut se comprendre sans remonter aux tensions qui traversaient alors Rosario. En mars 2024, la ville était en proie à une vague de violence sans précédent. Des narcotrafiquants multipliaient les assassinats de travailleurs, instaurant un climat de terreur. C'est dans ce contexte que s'inscrit la menace contre Di María.

Le plan avait été commandité par Alejandro "Rengo" Ficcadenti, alors chef d'une faction dissidente de la barra brava de Newell's. Il avait sollicité Sergio "Bebe" Di Vanni pour recruter une équipe de malfaiteurs capables d'intimider le joueur. L'objectif ? Faire croire que l'arrivée de Di María à Rosario Central avait été empêchée grâce à leur action, et ainsi renforcer leur leadership dans la lutte pour le contrôle de la barra. Ils espéraient même obtenir l'appui d'Ariel Máximo "Guille" Cantero, le célèbre chef du cartel "Los Monos".

Les enquêteurs ont révélé que les auteurs des menaces ont perçu 4 millions de pesos pour leur "mission". La condamnation de Gutiérrez pour "menaces coactives avec usage d'arme à feu", "intimidation publique aggravée" et "détention illicite d'arme à feu" marque une étape judiciaire importante, mais les commanditaires présumés n'ont pas encore été jugés.

#Di María, otage des rivalités du football argentin

Ángel Di María, formé à Rosario Central avant de briller en Europe (Benfica, Real Madrid, PSG, Juventus), a toujours entretenu une relation complexe avec son club formateur. En 2024, alors qu'il semblait prêt à revenir pour terminer sa carrière là où tout avait commencé, la menace a tout fait basculer. L'impact psychologique sur le joueur et sa famille a été tel que le retour n'a finalement jamais eu lieu.

Cette affaire illustre la façon dont le crime organisé et les groupes ultras argentins instrumentalisent les carrières sportives. Les barra bravas, dans certains clubs, agissent comme de véritables organisations criminelles, capables de peser sur les décisions des joueurs et des dirigeants. La condamnation de Gutiérrez envoie un signal, mais le système reste fragile, comme le montrent les récents incidents dans d'autres clubs.

Sur la scène internationale, Di María a continué à briller. Récemment, lors du Mondial 2026, il a fait partie de l'équipe d'Argentine qui a peiné face au Cap-Vert, tandis que d'autres stars comme Alexis Mac Allister restent au cœur des transferts. Ces épisodes rappellent que les footballeurs sont parfois confrontés à des pressions extra-sportives violentes, bien loin des terrains.

#Vers une justice plus ferme contre les intimidations ?

La peine prononcée contre Sara Belén Gutiérrez est l'une des premières condamnations fermes pour des actes d'intimidation visant un joueur de football en Argentine. Jusqu'à présent, les auteurs de ce type de pression, souvent liés aux mafias des tribunes, bénéficiaient d'une certaine impunité. Ce verdict pourrait faire jurisprudence et encourager d'autres victimes à porter plainte.

Les autorités judiciaires de Santa Fe, qui mènent une lutte acharnée contre le crime organisé, espèrent que cette affaire dissuadera les groupes criminels de s'immiscer dans le sport. Reste que la racine du problème – la porosité entre les barra bravas et les réseaux narcos – demeure. La condamnation d'une exécutante ne règle pas la question du commandement : les vrais décideurs, Ficcadenti et Di Vanni, sont toujours en liberté ou font face à des procédures séparées.

Pour Di María, l'épisode a laissé des traces. Même s'il n'a pas rejoint Rosario Central, son attachement au club demeure. Mais la menace a montré comment des rivalités mafieuses peuvent briser un rêve de retour aux sources. Cette condamnation est une victoire symbolique, mais la route vers un football libéré des pressions mafieuses est encore longue. Les fans de Central espèrent qu'un jour, leur idole pourra fouler la pelouse du Gigante de Arroyito sans craindre pour sa vie.

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