Un passage à l'heure d'hiver au plus tôt
Cette année, le changement d'heure ne vous prendra pas par surprise. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, il faudra reculer les montres d'une heure pour revenir à 2 heures. Un rituel biannuel qui, cette fois, tombe à la date la plus précoce possible. En effet, comme l'expliquent plusieurs médias, la règle européenne fixe le passage à l'heure d'hiver au dernier dimanche d'octobre. En 2026, ce dimanche est le 25, soit le jour le plus tôt dans le mois. Il fallait remonter à 2020 pour connaître un changement aussi matinal (le 25 octobre également). L'an prochain, il faudra attendre le 31 octobre.
Concrètement, nous gagnerons une heure de sommeil. Mais attention : le soleil se couchera aussi une heure plus tôt, réduisant progressivement la lumière en fin de journée. Une aubaine pour les dormeurs, moins pour les amateurs de soirées lumineuses.
Une date précoce mais pas inédite
Si cette précocité peut surprendre, elle n'a rien d'exceptionnel. Depuis 1998, l'Union européenne a harmonisé les dates de changement d'heure pour éviter les disparités entre pays voisins. Le passage à l'heure d'été a lieu le dernier dimanche de mars, et celui à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre. Le calendrier fait donc varier la date entre le 25 et le 31 octobre. En 2025, le changement avait eu lieu le 26 octobre ; en 2024, le 27 ; en 2023, le 28. Cette année, c'est donc le 25, soit la limite basse.
Pourquoi on change d'heure : un héritage énergétique
Instauré en France en 1973-1974 après le choc pétrolier, le changement d'heure visait à réaliser des économies d'énergie en alignant les heures d'activité sur l'ensoleillement. L'objectif était de réduire la consommation d'éclairage artificiel. Depuis, d'autres arguments sont venus s'ajouter : sécurité routière, loisirs en plein air, alignement avec les partenaires commerciaux.
Mais ce système est de plus en plus contesté. Les modes de consommation ont évolué, et les études montrent des impacts négatifs sur la santé : perturbations du sommeil, troubles de l'humeur, augmentation des accidents cardiovasculaires. Les enfants et les personnes âgées y sont particulièrement sensibles.
Un débat européen toujours en suspens
En 2018, la Commission européenne a lancé une consultation publique : 84 % des répondants se sont dits favorables à la suppression du changement d'heure. En mars 2019, le Parlement européen a voté pour sa fin. Mais la crise du Covid-19 a mis ce projet en pause, et le texte n'est plus à l'ordre du jour. Le débat reste donc ouvert, sans arbitrage définitif.
Comment bien vivre le passage à l'heure d'hiver
Même s'il est plus facile de gagner une heure que d'en perdre, le changement d'heure perturbe notre horloge interne, le cycle circadien. Armelle Rancillac, chercheuse Inserm, expliquait en 2025 à Libération que ce décalage a "un impact sur la qualité du sommeil".
Pour faciliter l'adaptation, elle recommande de décaler son coucher et son lever d'un quart d'heure, deux jours avant et deux jours après le changement. "C'est plus facile de s'adapter par tranches de quinze minutes qu'en une seule fois une heure", précise-t-elle. Autre astuce mnémotechnique : en octobRE, on REcule les aiguilles ; en mars, on AVance.
Les appareils connectés (smartphones, ordinateurs) se mettront à jour automatiquement. Pour les montres et horloges manuelles, il faudra penser à les régler.
Un rituel en sursis ?
Si le changement d'heure persiste, c'est surtout faute d'accord politique. Les avis restent partagés entre partisans de l'heure d'été (journées plus longues le soir) et de l'heure d'hiver (matins plus clairs). En attendant une éventuelle réforme, les Européens devront encore composer avec ce rendez-vous biannuel. Une chose est sûre : le 25 octobre, il sera l'heure de reculer. Et de profiter d'une heure de sommeil supplémentaire.
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