La Diagonale des Fous 2026 devrait bien s'élancer sur son parcours initial
À trois jours du départ de la 34e édition du Grand Raid, l'incertitude qui pesait sur le tracé de la Diagonale des Fous 2026 semble définitivement levée. L'Office national des forêts (ONF) de La Réunion a annoncé ce lundi 12 octobre que le sentier reliant Roche Plate à La Brèche, dans le cirque de Mafate, devrait rouvrir dès le mardi 13 octobre. Une nouvelle rassurante pour les 2 839 coureurs engagés sur l'épreuve reine, qui s'élanceront jeudi 15 octobre à 22 heures depuis le front de mer de Saint-Pierre.
L'éboulement survenu mercredi 7 octobre avait endommagé cette portion stratégique du parcours, contraignant les autorités à fermer le sentier par arrêté préfectoral dès le lendemain. Les travaux de déblayage des matériaux et de sécurisation de la falaise sont désormais achevés. Il reste à finaliser les interventions sur la rambarde et la ligne de vie, deux équipements indispensables pour garantir la sécurité des passages. Éric De Penanros, référent sentiers à l'ONF Réunion, invité de la matinale de Réunion La 1ère, s'est montré confiant quant au respect du calendrier, tout en soulignant que la météo pourrait encore perturber les dernières opérations.
Cette annonce met fin à plusieurs jours de spéculation. Alors qu'une modification du parcours semblait inévitable il y a encore 48 heures, la Diagonale des Fous et le Trail de Bourbon devraient finalement pouvoir emprunter l'itinéraire initialement prévu. Une décision cruciale pour les organisateurs comme pour les participants, à quelques heures d'un départ déjà marqué par de nombreux bouleversements.
Un tracé inédit et déjà profondément remanié
La plus longue Diagonale de l'histoire
Même sans l'éboulement, l'édition 2026 de la Diagonale des Fous s'annonçait exceptionnelle. Pour la première fois depuis la création de l'épreuve, le parcours ne passe pas par Cilaos. Les organisateurs ont dû renoncer à plusieurs passages historiques pour des raisons de sécurité et de circulation, notamment liées à l'accès au cirque. Le tracé emprunte désormais le secteur de Salazie, avec une traversée de Bélouve et un passage par Hell-Bourg, avant de rejoindre Mafate.
Conséquence directe : la course atteint environ 180 kilomètres pour 10 200 mètres de dénivelé positif, ce qui en fait la plus longue distance de son histoire. Les coureurs partiront de nuit en direction du premier poste de ravitaillement à Domaine Vidot, avant de contourner par Mont-Vert-les-Hauts, puis de rejoindre Notre-Dame-de-la-Paix, les pâturages, la Grande Ferme, Les Trous Blancs et l'Aire d'accueil du Nez-de-Bœuf. S'ensuivra la Plaine-des-Cafres, l'ascension vers le Piton des Neiges via le Coteau Maigre et le Coteau Kerveguen, dernier point d'eau avant le gîte de Bélouve, puis la Caverne Dufour perchée à 2 477 mètres d'altitude.
Une arrivée à Saint-Denis
L'arrivée reste fixée au stade de La Redoute à Saint-Denis. Les meilleurs sont attendus moins de 24 heures après le départ, soit le vendredi 16 octobre dans la soirée. Les autres concurrents auront jusqu'au dimanche 18 octobre à 16 heures pour franchir la ligne. Ce délai accordé aux traileurs les plus lents témoigne de l'exigence extrême de l'épreuve, qui traverse les reliefs escarpés et les climats extrêmes de l'île, du sud au nord, en passant par la Plaine-des-Cafres, Salazie et Mafate.
Un contexte d'incertitudes multiples
L'éboulement du 7 octobre
L'éboulement survenu mercredi 7 octobre entre Roche Plate et La Brèche avait fait craindre le pire. Ce passage figure sur les itinéraires prévus de la Diagonale des Fous et du Trail de Bourbon. La fermeture officielle par arrêté préfectoral dès le jeudi 8 octobre avait plongé l'organisation dans une situation délicate. Si les équipes de l'ONF ne parvenaient pas à sécuriser le passage avant l'arrivée des concurrents, les organisateurs auraient dû trouver une solution de remplacement, modifiant potentiellement l'ensemble du tracé.
Au plus fort de la crise, aucune date de réouverture n'avait été annoncée. Le problème dépassait la simple difficulté d'entretien : il s'agissait de garantir la sécurité des coureurs sur un sentier de montagne potentiellement instable. La question n'était pas de savoir si la Diagonale des Fous aurait lieu, mais si les coureurs pourraient emprunter l'intégralité du tracé annoncé.
Des favoris à la condition physique incertaine
Au-delà du parcours, plusieurs favoris de l'épreuve présentent une condition physique difficile à évaluer. À six jours du départ, les interrogations se multipliaient autour du Grand Raid de La Réunion. Cette 34e édition s'annonce particulièrement imprévisible, entre un tracé modifié, un éboulement et des incertitudes sur l'état de forme des principaux prétendants.
Une préparation intense pour les coureurs amateurs
L'exemple des sept Arnageois
Parmi les 2 839 engagés, certains viennent de loin. Dans la Sarthe, sept membres de l'US Arnage Athlétisme – une femme et six hommes – ont obtenu leur billet pour l'épreuve. Sur la dizaine de Sarthois engagés, ces sept licenciés d'un club de 180 adhérents, dont 70 enfants, représentent un défi collectif remarquable.
La préparation pour un tel événement ne s'improvise pas. « Il faut justifier d'un trail de 80 km avec dénivelé puis avoir une préparation pointue », explique Erwan Yvin, pour qui ce sera la deuxième participation. La préparation comprend de nombreux exercices physiques entrecoupés de week-ends chocs et de récupération. Les lieux privilégiés pour trouver du dénivelé sont Gazonfier, les Alpes mancelles ou encore le Saut du Serf à Sillé. La mobilité articulaire est travaillée et l'alimentation protéinée revêt une importance particulière.
Un défi pour les clubs amateurs
Pour Philippe Jérôme, président du club, cette participation collective constitue « un défi pour un club de 180 licenciés ». Les participants – Aline Lubineau, Thierry Grenouillet, Mathieu Rigault, Erwan Yvin, Samuel Pupier, Jérôme Vincent et Cyril Bouhoux – incarnent cette dimension populaire et exigeante du Grand Raid, où amateurs éclairés et professionnels se côtoient sur les sentiers.
Un impact médiatique et sportif considérable
La Diagonale, vitrine de La Réunion
La Diagonale des Fous constitue bien plus qu'une simple course. Elle représente une vitrine exceptionnelle pour La Réunion, mettant en valeur des paysages spectaculaires et un patrimoine naturel unique. Le parcours traverse des zones classées au patrimoine mondial de l'UNESCO, notamment les cirques de Mafate et de Salazie. Chaque édition génère une couverture médiatique importante, avec des retransmissions en direct et un suivi international.
L'épreuve attire des coureurs du monde entier, confirmant son statut d'ultra-trail parmi les plus mythiques et les plus difficiles au monde. La distance, le dénivelé et les conditions climatiques extrêmes en font un défi hors norme, réservé à une élite sportive ou à des amateurs particulièrement aguerris.
Une gestion de crise saluée
La réactivité de l'ONF et des autorités locales face à l'éboulement du 7 octobre démontre une capacité de gestion de crise efficace. En moins d'une semaine, les équipes ont réussi à sécuriser un sentier de montagne endommagé, permettant le maintien d'une épreuve internationale. Cette coordination entre l'ONF, la préfecture et les organisateurs illustre l'importance accordée à cet événement pour l'image et l'économie de l'île.
Perspectives : une édition sous le signe de l'adaptation
Le changement climatique en toile de fond
Cet éboulement rappelle la vulnérabilité des sentiers de montagne face aux aléas climatiques. Les autorités réunionnaises devront probablement intensifier la surveillance et l'entretien des itinéraires empruntés par le Grand Raid. Le changement climatique, avec ses épisodes de fortes pluies et ses cyclones plus intenses, pourrait rendre ces incidents plus fréquents à l'avenir.
Un avenir à repenser ?
La modification du parcours 2026, avec l'abandon du passage par Cilaos, pourrait préfigurer une évolution durable de l'épreuve. Les contraintes de sécurité et de circulation pourraient conduire les organisateurs à repenser régulièrement le tracé. Cette flexibilité devient une nécessité pour maintenir l'événement tout en garantissant la sécurité des participants.
Pour l'heure, les 2 839 « Fous » peuvent se concentrer sur l'essentiel : affronter les 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif qui les séparent de l'arrivée au stade de La Redoute. Le départ sera donné jeudi 15 octobre à 22 heures. Une nouvelle aventure commence, sur le sentier finalement maintenu de Mafate.
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