Black Ops et Black Ops 2 arrivent sur PS5 en juillet, mais ce sont de simples ports

Activision Confirme Que Black Ops 1 & 2 Sur PlayStation Sont Des Portages

Call of Duty Black Ops 1 et 2 débarquent sur PS4 et PS5 en juillet 2026

C'est une nouvelle qui va diviser les fans de la première heure. Activision a confirmé que Call of Duty: Black Ops (2010) et Call of Duty: Black Ops II (2012) seront disponibles sur PlayStation 4 et PlayStation 5 dès le mois de juillet 2026. Une sortie qui met fin à plus d'une décennie d'attente pour les joueurs Sony, mais qui s'accompagne d'une annonce décevante : il ne s'agit pas de remasters, mais de simples ports.

Les deux tites, développés à l'origine par Treyarch, seront proposés dans leur intégralité : campagne solo, multijoueur et mode Zombies. Le portage technique a été confié à Iron Galaxy Studios, un studio spécialisé dans ce type d'exercice. Selon les informations rapportées par Tweaktown et confirmées par Eurogamer, Activison a pris soin de préciser que les jeux n'ont subi aucune amélioration graphique : pas de textures retravaillées, pas de 60 images par seconde garanties, ni d'ajustement de résolution.

Pourquoi un tel retard ? Le problème de la rétrocompatibilité PlayStation

Si les joueurs Xbox peuvent profiter de ces deux opus depuis des années (via la rétrocompatibilité de la Xbox One et de la Xbox Series X|S), les possesseurs de PlayStation étaient restés sur le carreau. La raison est purement technique : la PS4, puis la PS5, n'ont jamais été capables de lire nativement les jeux PS3 en raison d'un changement d'architecture radical.

Comme l'explique Hipertextual, la PlayStation 3 utilisait un processeur Cell BE (Broadband Engine) au fonctionnement très spécifique, tandis que les consoles modernes de Sony reposent sur une architecture x86-64, proche de celle d'un PC standard. Cette rupture technologique a rendu l'émulation des jeux PS3 extrêmement coûteuse et complexe.

Face à ce vide, et alors que la nostalgie autour des premiers Black Ops reste immense, Activision a choisi la solution la plus pragmatique : porter les jeux tels quels. Un choix économique qui évite les lourds investissements d'un remaster, mais qui suscite la grogne d'une partie de la communauté. Boing Boing rappelle d'ailleurs que les versions PC de ces jeux sont encore vendues au prix fort, DLC non inclus, une pratique jugée "criminelle" par certains observateurs.

Un pari commercial doublé d'une stratégie financière

Au-delà de la simple nostalgie, cette sortie répond à des enjeux bien plus larges. Black Ops II reste à ce jour le jeu Call of Duty le plus rentable de l'histoire avec 500 millions de dollars de recettes en un seul jour lors de son lancement en 2012. Capitaliser sur cette popularité est une évidence pour Activision, d'autant que la franchise a connu une baisse de régime : les ventes de Call of Duty auraient chuté de plus de 60 % en 2025, selon les propos d'un ancien CEO rapportés par Tweaktown.

Mais cette décision s'inscrit aussi dans la stratégie de Microsoft, maison-mère d'Activision via Xbox. Alors que la branche Xbox peine à dégager des marges (seulement 3 %), la vente de ces ports à un prix probablement élevé (les versions PC étant encore à 60 euros sans les DLC) pourrait générer des marges confortables. C'est un moyen pour le groupe de maintenir des revenus sur un vieux catalogue, tout en comblant le vide laissé par Sony sur sa propre rétrocompatibilité.

Que faut-il en attendre ? L'avis des joueurs

Pour les joueurs nostalgiques qui n'ont jamais quitté l'orbite PlayStation, l'arrivée de ces deux jeux reste une excellente nouvelle. La campagne de Black Ops est souvent citée comme l'une des plus abouties de la saga, mêlant guerre froide, conspiration et manipulation mentale. Black Ops II, de son côté, a marqué les esprits avec son univers futuriste et ses choix narratifs influençant la fin de l'aventure.

Cependant, pour ceux qui espéraient une refonte graphique ou un passage en 4K, la déception sera au rendez-vous. Les captures d'écran diffusées par la presse montrent des visuels proches de l'original PS3, avec des textures datées et des résolutions modestes. Les joueurs exigeants devront se contenter de ce que les consoles PS4 et PS5 offrent en termes de latence et de stabilité, sans bénéficier d'un véritable coup de jeune.

Cette sortie pose aussi une question plus large sur l'avenir de la rétrocompatibilité chez Sony. Alors que Microsoft a fait de la rétrocompatibilité un argument de vente massif pour le Game Pass, Sony continue de traiter son catalogue PS3 comme un angle mort. En attendant une hypothétique solution d'émulation logicielle – que la PS5 pourrait techniquement supporter –, le groupe semble préférer laisser les éditeurs tiers comme Activision faire le travail à sa place.

Les implications pour le marché du jeu vidéo

En pleine année 2026, alors que l'industrie du jeu vidéo traverse une période de consolidation et de vaches maigres après le boom post-pandémie, ce genre de réédition low-cost est une tendance lourde. Plutôt que de financer de nouveaux AAA risqués, les éditeurs préfèrent souvent ressortir des valeurs sûres avec un investissement minimal.

Call of Duty: Black Ops et Black Ops II rejoindront ainsi la longue liste des classiques recyclés, au même titre que les Grand Theft Auto ou les Resident Evil. Si l'opération séduit les joueurs les moins exigeants, elle illustre aussi une certaine frilosité créative dans un secteur où les cycles de développement s'allongent et où les budgets explosent.

Comme le rappelle Boing Boing, ce phénomène de "réchauffé" touche toutes les grosses franchises. Mais dans le cas de Call of Duty, qui a déjà cannibalisé son propre catalogue avec des remasters (comme Modern Warfare en 2016), ce nouveau portage souligne surtout l'incapacité de Sony à offrir une solution élégante à ses joueurs nostalgiques.

Rendez-vous en juillet pour savoir si le prix de vente sera à la hauteur des attentes – ou si, comme le craignent de nombreux fans, Activision tentera une nouvelle fois de vendre le passé au prix du présent.

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