Benoît Magimel : « J'ai refusé le rôle de Mesrine » et se confie sur son nouveau film

Actor Benoit Magimel is photographed for Premiere magazine on April 18, 1998 in Paris, France . (Photo by Michel Haddi/Contour by Getty Images

Benoît Magimel en pleine lumière : confessions et nouveau thriller

Alors que son nouveau film, « Mi Amor », sort en salles ce mercredi 6 mai 2026, Benoît Magimel fait l’objet d’une attention médiatique soutenue. Dans un entretien fleuve accordé au Vidéo Club de Konbini, diffusé le 2 mai, l’acteur de 51 ans s’est livré comme rarement, évoquant aussi bien ses rôles emblématiques que ceux qu’il a refusés. Quelques jours plus tard, il était l’invité de La Provence pour détailler sa préparation du personnage de Vincent, un patron de night-club troublant, dans le thriller psychédélique de Guillaume Nicloux. Un regain de popularité qui coïncide avec la sortie d’un film déjà salué par la critique pour son interprétation « bouleversante ».

La révélation du refus de “Mesrine”

Dans le Vidéo Club, Benoît Magimel a fait une révélation qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux : il a refusé le rôle de Jacques Mesrine dans le diptyque de Jean-François Richet, finalement incarné par Vincent Cassel en 2008. « J’ai refusé le rôle de Mesrine », a-t-il lancé, avant d’expliquer les raisons de ce choix. À l’époque, l’acteur pesait 64 kg et peinait à prendre du volume. « Je me bats pour prendre du poids. Et c’est simplement que ce n’est pas le moment pour moi », a-t-il confié. Il ajoute : « Les autres ne comprennent pas, mais je ne peux pas être crédible. Je vais voir mes potes, je me regarde dans la glace, je fais : je ne vais pas y arriver. La voix, tout, je suis trop jeune ». Un aveu de lucidité rare, qui souligne l’importance de la préparation et de la justesse dans le métier d’acteur.

Cette décision, prise à 30 ans, s’inscrit dans une philosophie de carrière claire : « Il faut être crédible dans ce que l’on fait et ça ne sert à rien de forcer quand ce n’est pas le moment, quand les planètes ne sont pas alignées », a-t-il ajouté. Il a tenu à saluer la performance de Vincent Cassel, qui « l’a fait extrêmement bien ». Une leçon d’humilité qui contraste avec les ego parfois surdimensionnés du cinéma français.

Le Vidéo Club : plongée dans l’enfance et les premiers choix

L’interview de Benoît Magimel pour Konbini est l’occasion d’un retour en arrière. L’acteur y détaille son enfance cinéphile, rythmée par les virées au vidéoclub avec son grand frère, une carte à faire poinçonner, et les VHS du week-end. Il raconte avoir d’abord découvert les westerns et les comédies françaises, avant d’être frappé par la révélation du noir et blanc. « Au début, je n’appréciais pas le noir et blanc », reconnaît-il, mais une véritable révélation a fini par le convaincre – sans doute la découverte de Jean-Pierre Melville et des films comme Le Deuxième Souffle et Le Cercle Rouge, qui l’ont marqué par leurs histoires d’amitié et leurs codes d’honneur.

Le petit rôle de “La Haine” qui reste

Autre moment fort de cet entretien : son expérience sur La Haine, le film culte de Mathieu Kassovitz. Magimel révèle avoir refusé le rôle du skinhead, par crainte des répercussions dans sa vie quotidienne. Il a finalement obtenu un petit rôle lors d’une scène sur le toit, où il prononce une simple phrase à propos d’un flingue perdu. « Ça m’a valu d’être souvent reconnu par les spectateurs, des années durant », confie-t-il. Un exemple parfait de la manière dont un détail, une réplique, peut marquer une carrière bien plus qu’un premier rôle mal ajusté.

Il évoque également l’arrivée du hip-hop à Paris, un mouvement underground qui a marqué une époque forte pour lui, un clin d’œil aux transformations culturelles des années 1990.

« Mi Amor » : un thriller bancal mais une interprétation saluée

En parallèle de ses confidences, Benoît Magimel est à l’affiche de « Mi Amor », le nouveau film de Guillaume Nicloux, en salles ce 6 mai 2026. Le long-métrage, présenté en compétition au festival Reims Polar, est un thriller psychédélique qui se déroule aux Canaries. L’acteur y incarne Vincent, un patron de night-club qui aide une jeune DJ (Pom Klementieff) à retrouver son amie disparue.

“La présence est un mystère”

Dans un entretien à La Provence, Magimel s’est exprimé sur son personnage et sur la notion de charisme. « La présence est un mystère. On ne l’apprend pas. C’est la lumière qui t’accroche ou pas », explique-t-il. Il développe : « On incarne les choses, et pour incarner, il ne faut pas jouer, il faut vivre le moment. Prenez dix personnes dans la rue et filmez-les : il y en aura forcément une ou deux qui attireront le regard. » Ces réflexions résonnent avec son jeu, que la critique de franceinfo qualifie de « bouleversant » dans un film jugé « un peu bancal ». Un paradoxe qui souligne la force de l’acteur, capable d’élever un scénario imparfait par sa seule présence.

L’acteur, qui partage l’affiche avec Pom Klementieff (vue dans Mission : Impossible et Les Gardiens de la Galaxie), confie avoir gagné en aisance au fil des années : « On finit par mieux se connaître dans son corps. Il y a plus d’aisance. » Une maturité qui se ressent à l’écran et qui explique pourquoi il est aujourd’hui l’un des comédiens les plus respectés de sa génération.

Un acteur en pleine maturité, tourné vers l’avenir

Cette actualité multiple confirme que Benoît Magimel est plus que jamais une figure centrale du cinéma français. Capable de refuser des rôles mythiques par souci de crédibilité, il fait aujourd’hui les choix qui lui ressemblent. Son parcours, jalonné de films cultes (La Haine, La Fleur du mal, Les Adieux à la reine) et de collaborations exigeantes, l’a conduit à une forme de sérénité professionnelle. « Parfois, on est trop vieux, parfois, on est très jeune et parfois, il faut savoir ce qu’on peut faire avec le temps qu’on vous donne », résume-t-il dans le Vidéo Club.

Alors que le paysage médiatique est dominé par des polémiques politiques ou des nouvelles people (comme les débuts éclatants de Connor Storrie au Met Gala 2026), Magimel rappelle que le cinéma d’auteur français a encore de belles histoires à raconter. Et si « Mi Amor » divise la critique sur sa forme, tous s’accordent sur la performance de son acteur principal, qui continue de captiver, année après année, par sa sincérité et son mystère.

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