Bally Bagayoko appelle à une marche nationale contre le racisme le 21 juin

France: Bally Bagayoko appelle à une grande marche contre le racisme le 21 juin

Bally Bagayoko lance un appel à une « grande marche » nationale contre le racisme

Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI), a donné rendez-vous aux Français le dimanche 21 juin 2026 pour une « grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination ». L'élu, qui avait déjà rassemblé plusieurs milliers de personnes sur le parvis de l'hôtel de ville le 4 avril, souhaite donner une ampleur nationale à ce mouvement.

Dans un message publié samedi 2 mai sur ses réseaux sociaux, Bally Bagayoko a estimé que la première mobilisation, qualifiée d'« historique », avait permis de « dire stop aux propos racistes et xénophobes qui se normalisent dans l'espace public ». Mais, ajoute-t-il, « rien ne pourra changer sans une lutte acharnée ».

Le 21 juin, date symbolique qui coïncide avec la Fête de la musique, a été choisie « après discussion avec un certain nombre d’organisations » pour rassembler « toutes celles et ceux qui refusent de renoncer ». Le maire y convie un large panel : collectifs antiracistes, féministes, LGBTQI+, syndicats, organisations politiques et de jeunesse, universitaires, intellectuels, sportifs, habitants des quartiers populaires et des campagnes. L'objectif est clair : ne laisser « aucune place à l’indifférence » face à « la montée du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie, de la négrophobie et de toutes les formes de haine ».

Contexte tendu et geste fort : le portrait de Macron décroché

L'annonce de cette marche intervient dans un climat particulièrement tendu pour le jeune édile, élu dès le premier tour le 15 mars dernier à la tête de la deuxième ville d’Île-de-France. Depuis son élection, Bally Bagayoko est la cible de propos injurieux et racistes. Le 27 et 28 mars, sur le plateau de CNews, le sociologue Jean Doridot l’a comparé à un « grand singe » et l’essayiste Michel Onfray à un « mâle dominant ». Ces déclarations ont conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ». Le président Emmanuel Macron lui avait apporté son soutien le 14 avril lors de sa visite annuelle à Saint-Denis.

Mais la relation entre le maire et le chef de l’État s’est rapidement crispée. Bally Bagayoko a en effet décidé de décrocher le portrait d’Emmanuel Macron de son bureau, geste qu'il assume pleinement. « Je l’ai détaché et retourné, il est dans le coin tant qu’il n’aura pas honoré sa promesse républicaine », a-t-il déclaré au journal belge Le Soir. Il justifie cette action en affirmant que ce n’est pas « un manquement républicain, car le manquement républicain est du côté de l’État qui ne corrige pas les inégalités ». Juridiquement, rien ne l’y oblige : aucune loi ne rend obligatoire l’affichage du portrait du président dans les mairies. Il s’agit d’une tradition républicaine remontant au XIXe siècle, sous le règne de Louis-Philippe, puis sous la IIIe République.

Des actes symboliques qui font débat

Ce geste, bien que légal, est rarissime dans la vie politique française. Il a immédiatement suscité des réactions, entre critiques pour « manque de respect » et soutiens pour « cohérence politique ». Le personnel de l’hôtel de ville raconte d’ailleurs recevoir de nombreux appels anonymes depuis l’élection, où les interlocuteurs diffusent Le Dimanche à Bamako, le tube d’Amadou et Mariam, pour ramener Bally Bagayoko à ses origines.

Une figure montante de la gauche de rupture

Bally Bagayoko s’impose comme la nouvelle coqueluche de la gauche radicale. Sa voix ne monte jamais, contrastant avec le bruit et la fureur habituels des Insoumis, mais ses actes sont tranchants. En deux mois, il est devenu un symbole de la lutte contre le racisme et les discriminations, tout en incarnant une forme de rupture avec les institutions.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte politique plus large, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. La gauche, divisée et en quête d’un leader, pourrait voir en lui une figure de rassemblement, même si son influence reste pour l’instant locale. La marche du 21 juin sera un test de sa capacité à mobiliser au-delà de sa ville. Alors que la France est frappée par des crises multiples, comme les pluies diluviennes sur le nord qui ont placé 16 départements en alerte jaune, le défi pour Bally Bagayoko sera de maintenir l’attention sur son combat sans se laisser happer par l’actualité immédiate.

Un rendez-vous à ne pas manquer

Avec cette marche, Bally Bagayoko espère créer un mouvement durable. Il veut que le 21 juin devienne « la fête de la lutte contre le racisme » bien plus que celle de la musique. Reste à savoir si la société française, entre indifférence et indignation, répondra présente.

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