Bab el-Mandeb : les Houthis prennent le contrôle du détroit, crise pétrolière mondiale

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Les Houthis s'emparent du détroit de Bab el-Mandeb

Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont achevé vendredi 11 septembre 2026 leur offensive éclair sur la côte yéménite de la mer Rouge, prenant le contrôle de l'île de Périm, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb. Selon plusieurs agences de presse, les forces houthies ont capturé la veille la ville portuaire historique de Mocha, avant d'avancer sur la localité stratégique de Dhubab et de contraindre les forces du gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, à se retirer de Périm, également appelée Mayun.

Cette progression rapide place de facto le détroit de Bab el-Mandeb – point de passage obligé entre l'Europe et l'Asie – sous contrôle houthi. Le détroit, large de seulement 30 kilomètres à son point le plus étroit, constitue un goulet d'étranglement majeur pour le commerce mondial et le transport pétrolier.

En parallèle, l'Arabie saoudite a confirmé vendredi l'arrêt d'un oléoduc critique après des frappes de drones lancées depuis l'Irak. Riyad a précisé ne pas vouloir riposter dans l'immédiat, à la demande du Premier ministre irakien, tout en se réservant le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté. Un commandant militaire irakien a été limogé samedi après que les enquêtes ont confirmé l'origine irakienne des attaques. Les États-Unis apportent leur aide à l'Arabie saoudite pour développer et coordonner des cibles au Yémen, selon un responsable américain.

Un contexte de guerre régionale et de crise énergétique

Un conflit yéménite réactivé

La guerre civile yéménite, qui oppose depuis 2014 les Houthis à une coalition dirigée par l'Arabie saoudite, connaissait une accalmie relative ces dernières années. Mais les combats ont repris avec une intensité nouvelle ces dernières semaines, faisant craindre un retour à une guerre totale. La prise de Bab el-Mandeb par les Houthis constitue une escalade majeure et une menace directe pour l'économie mondiale.

Le pétrole au-dessus des 100 dollars

Le cours du pétrole a franchi la barre des 100 dollars le baril, alimenté par les perturbations de l'approvisionnement. L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial d'or noir, dépend déjà de la route de la mer Rouge depuis la perturbation du détroit d'Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole mondial avant que les États-Unis et Israël ne déclenchent une guerre contre l'Iran fin février 2026. Si les Houthis parviennent à menacer la navigation à Bab el-Mandeb, cela réduirait encore les approvisionnements via un autre passage stratégique, aggravant la crise énergétique mondiale.

Un bras de fer avec l'Iran et les États-Unis

Pour Téhéran, le contrôle houthi sur Bab el-Mandeb représente un levier puissant dans sa guerre avec les États-Unis. Il permet à l'Iran de menacer indirectement le trafic maritime sans intervention directe. Washington, déjà engagé sur plusieurs fronts, soutient son allié saoudien dans la coordination des cibles au Yémen, mais semble pour l'instant éviter une escalade directe.

Quelles conséquences pour le commerce mondial et la géopolitique ?

La mainmise houthie sur Bab el-Mandeb pourrait avoir des répercussions durables sur les routes commerciales mondiales. Les armateurs pourraient être contraints de dévier leurs navires par le cap de Bonne-Espérance, allongeant les trajets de plusieurs milliers de kilomètres et augmentant les coûts de transport. Les prix de l'énergie et des biens de consommation pourraient s'en ressentir, alimentant l'inflation dans un contexte déjà tendu.

Sur le plan géopolitique, cette avancée renforce l'axe iranien et affaiblit la position de l'Arabie saoudite et de ses alliés. Elle pourrait également pousser les États-Unis à revoir leur stratégie au Moyen-Orient, alors que la guerre contre l'Iran semble s'enliser. La communauté internationale, déjà confrontée à de multiples crises, pourrait être appelée à réagir pour garantir la liberté de navigation dans ce détroit vital.

La situation reste évolutive. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si les Houthis consolident leur emprise ou si une contre-offensive parvient à les repousser. Une chose est sûre : le contrôle de Bab el-Mandeb est devenu un enjeu central de la nouvelle guerre régionale.

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