Areski Belkacem, compagnon de Brigitte Fontaine, s'éteint à 86 ans

Areski Belkacem, compositeur et compagnon de Brigitte Fontaine, est mort à 86 ans

Disparition d’Areski Belkacem, l’inséparable complice de Brigitte Fontaine

Le monde de la chanson française perd l’un de ses artisans les plus discrets mais essentiels. Areski Belkacem, musicien, compositeur et compagnon de vie de Brigitte Fontaine, est décédé ce lundi 1er juin 2026 à l’âge de 86 ans. L’information a été confirmée par plusieurs médias, dont France-Antilles et Télérama. Avec lui s’en va l’homme de l’ombre derrière une œuvre majeure, teintée d’orient, de jazz et de poésie.

Un duo indissociable avec Brigitte Fontaine

Né Larezeki Belkacem en 1940 à Versailles, de parents d’origine kabyle, Areski a construit une carrière éclectique – chanteur, compositeur, percussionniste, guitariste, accordéoniste, comédien. Mais c’est sa rencontre avec Brigitte Fontaine, par l’intermédiaire de Jacques Higelin, qui scelle son destin artistique et personnel. Le couple, uni à la ville comme à la scène, a formé durant plus de cinq décennies un binôme créatif hors norme. « Chacun est un peu le révélateur de l’autre », aimait-il dire. Selon ses propres mots, sans Brigitte, sa vie n’aurait « certainement pas été la même ».

Leur premier album commun, Comme à la radio (1970), enregistré avec les jazzmen de l’Art Ensemble of Chicago, marque une rupture avec la chanson française traditionnelle, ouvrant la voie vers les musiques du monde. Areski a composé la plupart des musiques sur les textes de Brigitte Fontaine, tandis que leurs voix se mêlaient – claire pour lui, douce et aiguë pour elle – sur scène ou sur disque.

Une carrière entre ombre et lumière

Du “Niok” aux albums solo

Areski Belkacem n’a publié que trois albums sous son seul nom : Un beau matin (1970), Le triomphe de l’amour (2010) et Long courrier, sorti en 2025. Mais son empreinte est bien plus vaste. Avec Jacques Higelin, rencontré au service militaire, il cofonde le spectacle Niok au théâtre Lucernaire en 1969, une expérience chaque soir ré-improvisée qui réunit aussi Rufus. Leur amitié, restée intacte jusqu’à la mort d’Higelin en 2018, a produit un premier album en commun dès 1969.

Le musicien franco-algérien a également enregistré des disques aujourd’hui vénérés internationalement – du Japon aux États-Unis – sur le label Saravah de Pierre Barouh. Son art puisait aux sources européennes, orientales et africaines, faisant de lui un saltimbanque complet, à l’aise au théâtre et au cinéma.

Une œuvre discrète mais capitale

Loin des projecteurs, Areski était considéré comme « l’homme de l’ombre » de Brigitte Fontaine, mais pas seulement. Il a réalisé, composé et joué sur des classiques de la chanson française « différente », dont certains sont devenus des sommets du genre. La presse souligne son rôle de « fidèle compagnon », un terme qui résume à la fois son engagement artistique et amoureux. Son dernier album Long courrier, publié à 85 ans, témoignait d’une créativité intacte.

L’héritage d’un couple mythique

Un binôme qui a changé la chanson française

La disparition d’Areski Belkacem referme un chapitre majeur de la chanson d’auteur et d’avant-garde. Le tandem qu’il formait avec Brigitte Fontaine a ouvert la voie à une génération d’artistes hybrides, mêlant poésie surréaliste, jazz, rock et musiques du monde. Leur complicité sur scène, demeurée intacte, inspirait le respect et l’admiration. Comme le rappelle Télérama, leurs disques sont « vénérés dans le monde entier ».

L’avenir de l’œuvre après sa mort

Avec la réédition probable de leurs albums et la redécouverte de Long courrier, l’héritage musical d’Areski Belkacem devrait continuer à rayonner. Brigitte Fontaine, désormais seule de ce couple mythique, reste la gardienne d’une œuvre unique. Les hommages rendus par le milieu musical et les médias confirment l’importance d’un artiste qui aura, toute sa vie, préféré la création à la célébrité.

Alors que l’actualité sportive de juin 2026 bat son plein – avec notamment Roland Garros 2026 : Juan Manuel Cerúndolo, la dernière illusion argentine en quête des quarts ou la préparation des Bleus pour le Mondial marquée par la blessure de William Saliba – la disparition d’Areski rappelle que la culture aussi a ses héros discrets. La chanson française perd un de ses piliers, et Brigitte Fontaine, son alter ego.

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