Aly Diouara reconnu coupable de diffamation en appel
Le maire de La Courneuve, Aly Diouara (LFI), a été condamné ce jeudi 11 juin 2026 par la cour d’appel de Paris pour diffamation envers son adversaire politique Oumarou Doucouré (PS). Cette décision, rendue en pleine campagne municipale, confirme le jugement de première instance, bien que les dommages et intérêts aient été réduits à un euro symbolique. Le député de Seine-Saint-Denis a immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en cassation.
L’affaire remonte au 23 février dernier, lorsqu’Aly Diouara, alors candidat à la mairie, avait publié un communiqué accusant l’équipe d’Oumarou Doucouré d’avoir distribué des « enveloppes d’argent » et des colis alimentaires – notamment des cartons de poulet – en échange de votes, en particulier auprès de la communauté comorienne. Les juges d’appel ont considéré que l’accusation portant sur la distribution de colis alimentaires n’était pas fondée, mais ils ont en revanche estimé que les preuves concernant les enveloppes d’argent étaient suffisamment concordantes pour que le maire puisse les dénoncer. Ce dernier a donc été relaxé sur ce point, mais condamné pour avoir diffamé son rival sur la question des cartons de poulet.
Une peine allégée mais une inscription au casier judiciaire
En première instance, Aly Diouara avait écopé d’une amende de 500 euros avec sursis et de 3 000 euros de dommages et intérêts. En appel, l’amende est maintenue, mais les dommages et intérêts sont ramenés à un euro symbolique. Cependant, la condamnation sera inscrite à son casier judiciaire s’il ne se pourvoit pas en cassation. Une perspective que l’élu insoumis a déjà écartée, son avocat annonçant un recours devant la Cour de cassation.
Un contexte politique tendu à La Courneuve
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans une campagne municipale particulièrement virulente à La Courneuve, une ville de 47 000 habitants longtemps dirigée par le communiste Gilles Poux. Lors des élections de mars 2026, Aly Diouara a coiffé d’une courte tête Oumarou Doucouré (PS), l’ancien premier adjoint, avec seulement 243 voix d’écart. Depuis son élection, le nouveau maire multiplie les passes d’armes avec ses adversaires, notamment sur les réseaux sociaux.
Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, qui s’était également porté partie civile, a été débouté par la cour d’appel, la diffamation à son encontre n’ayant pas été retenue. Réagissant à la décision, les deux parties civiles victorieuses – Oumarou Doucouré et Stéphane Troussel – ont dénoncé des « méthodes crasses qui s’appuient sur des accusations infondées, destinées à salir ses adversaires politiques ». Ils espèrent qu’Aly Diouara « tirera les leçons de cette double condamnation ».
Les réactions contrastées du camp Diouara
De son côté, le maire de La Courneuve a « pris acte » de la décision dans une vidéo adressée à ses administrés. Il a souligné que la condamnation ne portait que sur un volet limité de ses accusations – les colis alimentaires – et non sur les enveloppes d’argent, qui étaient selon lui « le plus grave ». Ses avocats estiment que les sources produites devant les juges étaient suffisamment concordantes pour étayer ses affirmations, ce qui justifie un pourvoi en cassation.
Une affaire qui éclabousse la vie politique locale
Cette condamnation en appel intervient alors que la Seine-Saint-Denis est sous le feu des projecteurs, notamment en raison des ambitions nationales de Jean-Luc Mélenchon, dont La France insoumise fait de ce département un étendard. Aly Diouara, figure montante du parti, incarne cette nouvelle génération d’élus insoumis.
L’affaire met en lumière les méthodes parfois brutales des campagnes locales, où les accusations de clientélisme sont monnaie courante. Si la justice a tranché sur le fond, le pourvoi en cassation promet de faire durer ce feuilleton judiciaire, qui continue de diviser les habitants de La Courneuve.
En parallèle, l’actualité politique française est marquée par d’autres affaires de diffamation et de rivalités internes, comme en témoignent les récents contentieux autour de la pénalité de Gasly à Monaco examinée par la FIA. Mais pour l’heure, c’est bien le sort d’Aly Diouara qui retient l’attention, alors que la Cour de cassation devra se prononcer sur la solidité juridique des accusations portées.
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