Affaire Luc Besson : le parquet général demande la réouverture de la procédure pour viol

Affaire Luc Besson : le parquet général demande la réouverture de la procédure pour viol

Un rebondissement judiciaire dans l'affaire Luc Besson

Le parquet général de la cour d'appel de Paris a requis, le 3 février 2026, la réouverture de la procédure pour viol concernant le réalisateur Luc Besson. Cette demande, révélée par Mediapart, fait suite à la production par la plaignante, Sand Van Roy, de nouvelles analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement qu'elle portait le soir des faits présumés.

Selon des sources proches du dossier, le parquet général considère que ces analyses constituent un « élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles justifiant la réouverture de l'information en vue de nouvelles investigations ». La chambre de l'instruction examinera cette demande le 2 juin 2026, une date qui pourrait marquer un tournant décisif dans cette affaire emblématique de #MeToo.

Les avocats des deux parties adoptent des positions opposées. Me Thierry Marembert, conseil de Luc Besson, a déclaré à l'AFP : « Nous ne ferons aucun commentaire et attendons la décision de la chambre de l'instruction », tout en rappelant que « la justice s'est prononcée à quatre reprises et a toujours conclu à l'innocence de Luc Besson ». De son côté, Me Antoine Gitton, avocat de Sand Van Roy, n'a pas souhaité s'exprimer.

Les faits et le parcours judiciaire

Sand Van Roy, actrice belgo-néerlandaise, avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien. Depuis, l'affaire a connu plusieurs épisodes judiciaires : un classement sans suite le 25 février 2019, un non-lieu le 8 décembre 2021, une confirmation par la chambre de l'instruction le 24 mai 2022 et un arrêt de non-admission du pourvoi le 21 juin 2023. À chaque étape, la justice a conclu à l'absence de charges suffisantes contre le cinéaste.

Un élément matériel capital ignoré ?

La nouvelle donne repose sur une analyse ADN du sous-vêtement porté par Sand Van Roy la nuit des faits. Dans sa requête, citée par le parquet général, l'avocat de la plaignante fait valoir que « l'ADN du mis en cause a été formellement retrouvé sur la partie postérieure » du sous-vêtement. Il regrette que cette pièce à conviction n'ait « jamais été expertisée de manière adéquate au cours de l'enquête », qualifiant cette absence d'« un fait matériel capital ignoré ».

Ce rebondissement intervient alors que Luc Besson a toujours assuré que sa relation avec Sand Van Roy était « consentie » et empreinte de « douceur ». Les deux versions des faits divergent radicalement, et la justice devra déterminer si cette nouvelle preuve est suffisante pour relancer les investigations.

Une affaire qui dépasse le simple cas individuel

L'affaire Luc Besson est devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles dans le milieu du cinéma français. Elle intervient dans un contexte où la parole des victimes est de plus en plus écoutée, mais où la présomption d'innocence reste un principe fondamental. Ce nouveau développement pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul cas du réalisateur, en relançant le débat sur la manière dont la justice traite les plaintes pour viol, notamment lorsqu'elles concernent des personnalités puissantes.

Le 2 juin, la chambre de l'instruction devra trancher. Si elle suit l'avis du parquet général, une nouvelle information judiciaire pourrait être ouverte, permettant de mener des investigations complémentaires. Dans le cas contraire, le non-lieu déjà prononcé serait définitif. Quoi qu'il en soit, cette affaire continue de diviser l'opinion et de questionner les limites de la justice face à des accusations aussi graves.

En parallèle, d'autres personnalités, comme le réalisateur Costa-Gavras, invité d'honneur d'un festival en Corse, rappellent que « tout acte de création est politique », un écho lointain mais significatif aux questionnements éthiques qui traversent le monde du cinéma.

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