Affaire Epstein : le juge Sullivan hausse le ton face au DOJ de Trump

Justice Department Jeffrey Epstein

Affaire Epstein : le juge Sullivan hausse le ton face au DOJ de Trump

Le 6 août 2026, le juge fédéral Emmet Sullivan a ordonné au département de la Justice (DOJ) de fournir des explications détaillées sur les redactions opérées dans les fichiers Epstein. Selon le journaliste Josh Gerstein, le juge a exprimé des doutes sur la classification de certaines personnes comme victimes, suggérant que des noms de potentiels agresseurs pourraient être protégés. Une audition est prévue le 13 août 2026.

Parallèlement, le Nouveau-Mexique a intenté une action en justice contre le DOJ et le procureur général par intérim Todd Blanche, les accusant de faire obstacle à son enquête sur les activités criminelles d'Epstein dans son ranch Zorro. Le procureur général de l'État, Raúl Torrez, a dénoncé une « résistance soutenue » de la part du gouvernement fédéral, malgré des demandes répétées de partage d'informations.

Contexte : une bataille juridique autour de la transparence

Ces développements s'inscrivent dans un contexte de tensions croissantes entre l'administration Trump et le pouvoir judiciaire concernant la publication des fichiers Epstein. En novembre 2025, le président Trump avait signé une loi sur la transparence des fichiers Epstein, mais des critiques accusent le DOJ de ne pas appliquer pleinement cette loi. Le juge Sullivan, nommé par des présidents des deux partis, a souligné que les justifications du gouvernement ne respectaient pas ses ordres précédents.

Le Nouveau-Mexique enquête depuis février 2026 sur des abus sexuels présumés au ranch Zorro, qui n'a jamais fait l'objet d'une perquisition fédérale, contrairement aux résidences d'Epstein en Floride, à New York et dans les îles Vierges. Le rapport publié par l'État dénonce l'inaction des procureurs fédéraux, qui se sont concentrés sur d'autres juridictions.

Perspective : un tournant potentiel dans la divulgation des fichiers

Cette pression judiciaire pourrait déboucher sur une divulgation plus large des documents Epstein, ce qui aurait des implications majeures pour les victimes et pour les personnes impliquées. Le juge Sullivan a exigé des preuves documentaires pour justifier chaque redaction, une exigence qui pourrait révéler l'ampleur des protections accordées à certains noms. Par ailleurs, la confirmation de Todd Blanche au poste de procureur général est en suspens, certains sénateurs conditionnant leur vote à une rencontre avec des victimes.

Les enjeux sont également politiques : l'administration Trump est accusée de protéger des alliés potentiellement impliqués. L'audience du 13 août pourrait marquer un tournant décisif dans la transparence de l'affaire Epstein, et avoir des répercussions sur la crédibilité du gouvernement.

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