Coupe du monde 2026 : Zidane Iqbal, un symbole pour le Pakistan
Ce mardi 17 juin 2026, l'Irak entre en lice dans la Coupe du monde 2026 face à une nation encore inconnue. Mais au-delà de l'enjeu sportif, une première historique est attendue : si le milieu de terrain Zidane Iqbal foule la pelouse, il deviendra le premier joueur d'origine pakistanaise à participer à un Mondial masculin. Un événement qui dépasse largement le cadre du football irakien.
Agé de 23 ans, l'ancien espoir de Manchester United, aujourd'hui à l'Utrecht, est aussi le premier joueur formé à Carrington à représenter l'Irak en phase finale. Mais c'est son héritage paternel qui suscite l'émotion des 240 millions de Pakistanais, dont l'équipe nationale n'a jamais réussi à se qualifier pour la compétition reine. Avec une seule victoire en éliminatoires et un modeste 198e rang au classement FIFA, le Pakistan reste l'un des pays les plus en retrait du football mondial.
Un joueur fier de ses racines multiples
Né et élevé à Manchester, Zidane Iqbal est le fruit de deux cultures : son père est pakistanais, sa mère irakienne. Interrogé par la BBC, il confie avoir été "surpris" en découvrant le caractère unique de sa situation : "Je ne le savais pas moi-même. J'ai vu un compte sur les réseaux sociaux qui le disait, et je l'ai envoyé à mon père immédiatement. Nous étions tous les deux étonnés."
Son respect pour ses deux origines est visible jusque dans ses crampons : il arbore le drapeau irakien sur la chaussure gauche et le drapeau pakistanais sur la droite. "Quand on me demande à quel pays je me sens le plus lié, je ne peux pas répondre. Ils sont égaux pour moi", explique-t-il dans un entretien accordé à Sky Sports.
Le chemin semé d'embûches vers le Mondial
L'Irak n'avait plus participé à une Coupe du monde depuis 1986. Pour briser cette malédiction de quarante ans, les Lions de Mésopotamie ont dû passer par les barrages, avec un match décisif contre la Bolivie au Mexique. Blessé et de retour de longue date, Iqbal est resté sur le banc, mais a vécu l'exploit en spectateur impuissant mais enthousiaste, coiffé d'un sombrero après la victoire.
Avant cela, il avait marqué un but crucial contre l'Indonésie lors des éliminatoires, un moment qu'il décrit comme "surréaliste". Depuis, le joueur formé à Manchester United se prépare intensément, multipliant les séances individuelles à Manchester pendant ses jours de congé, afin d'aborder le tournoi à 100 % de ses capacités.
Une inspiration pour des générations
"J'espère inspirer des enfants, quel que soit leur milieu", déclare Iqbal. Son parcours résonne particulièrement dans les communautés sud-asiatiques du Royaume-Uni, où le football reste parfois un rêve lointain. Il est le premier joueur d'origine britannique sud-asiatique à avoir évolué en Premier League avec Manchester United, et désormais le premier à fouler la scène mondiale.
Son histoire dépasse le simple cadre sportif : elle incarne la possibilité, pour des milliers de jeunes issus de l'immigration, de représenter fièrement leurs racines multiples sur le plus grand terrain du monde.
Un rendez-vous avec l'histoire
Si l'Irak réussit à sortir de sa poule, Iqbal pourrait offrir au Pakistan une raison supplémentaire de supporter une équipe qui n'est pas la sienne. En attendant, chaque minute de jeu de Zidane Iqbal sera un pas de plus dans l'histoire. Un pas que les supporters pakistanais, privés de Mondial depuis toujours, suivront avec une ferveur particulière.
"Je le fais avec beaucoup de fierté", conclut-il, les deux drapeaux aux pieds.
Commentaires