Zemmour doute de Bardella, annonce sa candidature et s'invite au Mondial de l'Auto

Le chef du parti d'extrême droite Reconquête !, Eric Zemmour, assure qu'il annoncera bientôt sa candidature à la présidentielle.

Zemmour doute de la sincérité de Bardella dans l'affaire des propos antisémites

Interrogé lundi 12 octobre sur RTL, Éric Zemmour a estimé ne pas croire « pas vraiment » à la sincérité des dénégations de Jordan Bardella, accusé d'avoir tenu des propos antisémites dans des écrits de jeunesse révélés par Mediapart. « Est-ce que je le crois sincère ? Pas vraiment mais je ne me mêle pas des guerres intestines au sein du Rassemblement National, ils se débrouillent assez bien tout seuls », a déclaré le président de Reconquête. Le média d'investigation a publié de nouvelles preuves vendredi 9 octobre, renforçant les accusations contre le président du RN, qui nie en bloc.

Au-delà de cette affaire, Éric Zemmour a profité de son passage sur RTL pour esquisser une analyse plus large de la stratégie du Rassemblement National. Selon lui, Jordan Bardella serait « en voie de marginalisation » au sein de son propre parti depuis l'annonce de la candidature de Marine Le Pen le 7 juillet. « Il n'entrera pas à Matignon » en cas de victoire de la candidate RN en 2027, a-t-il assuré, balayant les scénarios de cohabitation agités par le parti. « Tout ça c'est simplement pour tromper les électeurs de droite et leur faire croire qu'en votant Marine Le Pen, ils voteraient pour une femme de droite alors qu'elle est une femme de gauche », a-t-il ajouté, reprenant un argumentaire déjà utilisé par le passé.

Une candidature imminente et un agenda chargé

Crédité de 4 à 5 % d'intentions de vote dans les sondages, Éric Zemmour a confirmé qu'il annoncerait « bientôt » sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. « Maintenant que la campagne va commencer », a-t-il justifié, alors que les tractations politiques s'intensifient à droite et à l'extrême droite. Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs figures de la droite et du centre tentent de structurer une alternative, comme en témoigne la récente sortie de David Lisnard, qui a appelé à « ne pas faire d'arrangements entre notables » et à repenser le processus électoral.

En parallèle, le patron de Reconquête a également fait parler de lui mardi 13 octobre en se rendant au Mondial de l'Auto de Paris, accompagné de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. Cette visite s'inscrit dans une stratégie de terrain visant à renforcer sa visibilité médiatique et à séduire un électorat sensible aux questions de pouvoir d'achat et de souveraineté industrielle. L'ancien journaliste, qui a bâti sa notoriété dans les médias avant de fonder Reconquête en 2021, continue de mêler provocations politiques et apparitions publiques pour maintenir son capital électoral.

Un patrimoine immobilier qui alimente les débats

Alors que son agenda politique s'intensifie, Éric Zemmour fait également l'objet d'une curiosité médiatique persistante concernant son patrimoine. Selon plusieurs sources, il possède un appartement de 165 m² situé au cœur de Paris, acquis en 1996 et estimé à plus de 1,8 million d'euros. Ce logement, qui reflète une situation financière confortable, alimente les critiques de ses adversaires, qui l'accusent d'être déconnecté des préoccupations des Français. D'autant que l'ancien journaliste a régulièrement défrayé la chronique par ses prises de position tranchées sur l'immigration ou la sécurité, comme en juin 2024, lorsqu'une vidéo le montrant en train de fredonner une chanson aux paroles visant les immigrés et le Rassemblement National avait circulé sur les réseaux sociaux.

Cette dimension patrimoniale n'est pas anodine dans le contexte politique actuel. Alors que la question des retraites et du budget 2027 s'annonce comme un dossier brûlant de l'automne, les électeurs pourraient être sensibles aux arguments de transparence et de proximité. Éric Zemmour, qui a toujours assumé son statut d'ancien chroniqueur devenu homme politique, semble vouloir incarner une droite décomplexée, quitte à s'attirer les foudres de ses concurrents.

Une dynamique électorale incertaine

Malgré une base électorale stable, estimée entre 4 et 5 % des intentions de vote, Éric Zemmour doit composer avec un paysage politique en pleine recomposition. La rivalité avec le Rassemblement National reste centrale, mais elle se double désormais d'une concurrence à droite, notamment avec des figures comme David Lisnard ou François Hollande, qui appelle à une « union » élargie à gauche. Dans ce contexte, la stratégie de Zemmour consiste à occuper le terrain médiatique et à multiplier les interventions pour exister face aux grandes formations.

Les prochaines semaines s'annoncent décisives. Entre l'annonce officielle de sa candidature, les débats sur le budget et la mobilisation lycéenne qui secoue actuellement plusieurs villes, comme à Lyon où 11 000 manifestants ont défilé mardi, le leader de Reconquête devra naviguer dans un environnement politique volatil. Sa capacité à transformer sa notoriété en voix électorales reste la principale inconnue d'une campagne qui s'annonce longue et disputée.

Un contexte social tendu

La mobilisation lycéenne et étudiante, qui a donné lieu à de nouvelles tensions mardi à Lyon, illustre un climat social pesant. Avec 234 interpellations depuis le 29 septembre et 66 blessés, dont 54 membres des forces de l'ordre, le mouvement témoigne d'une fracture générationnelle et sociale que les candidats à la présidentielle devront adresser. Éric Zemmour, qui a réagi aux tirs au collège d'Aubagne en appelant à traiter les jeunes comme des adultes, semble vouloir capitaliser sur les thèmes de la sécurité et de l'autorité.

Cette séquence politique et sociale, à un an et demi de l'élection présidentielle, dessine les contours d'un affrontement à venir entre les différentes forces politiques. Pour Éric Zemmour, l'objectif est clair : s'imposer comme une alternative crédible à Marine Le Pen et à la droite traditionnelle, en exploitant les failles de ses adversaires et en mobilisant un électorat en quête de figures fortes. Reste à savoir si sa stratégie portera ses fruits dans les urnes.

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