Zelensky au G7 : comment Macron a convaincu Trump de soutenir l'Ukraine

‘I Hope They Understand’ – Trump Skips Zelensky Meeting, Leaves G7 Early

Frappes ukrainiennes sur Moscou et promesses du G7 : la double offensive de Zelensky

Alors que l'Ukraine a frappé une raffinerie de pétrole à Moscou pour la deuxième fois en une semaine, le président Volodymyr Zelensky a participé au sommet du G7 en France, obtenant des engagements majeurs de la part des alliés. Les frappes de drones ukrainiens, jeudi 18 juin, ont visé la raffinerie de Moscou, provoquant d'épaisses colonnes de fumée et interrompant les vols à l'aéroport de Cheremetievo. Dans le même temps, la Russie a lancé des missiles sur Kyiv. Cette démonstration de force intervient alors que Zelensky cherche un soutien international accru pour mettre fin à la guerre.

Au G7, les dirigeants ont promis de renforcer la défense aérienne de l'Ukraine, d'assurer sa résilience énergétique et d'imposer de nouvelles sanctions à la Russie. Le président français Emmanuel Macron a joué un rôle clé en convainquant Donald Trump de soutenir fermement l'Ukraine dans la déclaration commune du sommet.

Comment Macron a retourné Trump : le récit des coulisses du G7

La scène décisive s'est déroulée mardi, lorsque Zelensky a montré à Trump des photos de la cathédrale de la Dormition de Kyiv, gravement endommagée par une frappe russe. Selon des responsables du G7, le président américain, visiblementému, a alors basculé en faveur d'un soutien accru à l'Ukraine. C'est Macron qui avait orchestré cette rencontre, en misant sur une approche psychologique adaptée à Trump.

Lors d'un dîner lundi, les leaders du G7 ont présenté à Trump l'Ukraine comme un vainqueur et la Russie comme un perdant, soulignant que Moscou ne parvenait plus à franchir la ligne de front et perdait du territoire. "Ils ont expliqué à Trump, tous ensemble, que Zelensky gagnait parce que la Russie ne peut pas traverser la ligne de front et perd même du territoire", a rapporté un diplomate européen. L'objectif était de montrer que Moscou, désespérée, frappait des civils et des sites sacrés.

Macron, qui avait préparé le terrain depuis des années en flattant Trump et en alignant ses priorités sur les siennes (minage, terres rares chinoises), a réussi là où beaucoup craignaient un échec. Même la Première ministre italienne Giorgia Meloni, pourtant en froid avec Macron, a salué son "excellent travail".

Contexte : une guerre qui s'intensifie et des défis diplomatiques

L'accord du G7 intervient alors que la guerre en Ukraine est entrée dans son cinquième année, avec des combats intenses, notamment autour de la Crimée et des infrastructures énergétiques russes. Les forces ukrainiennes ont frappé un pont ferroviaire sur le canal de Crimée du Nord, visant à perturber la logistique militaire russe. En représailles, Moscou a multiplié les frappes aériennes sur Kyiv.

Sur le plan diplomatique, Zelensky fait face à des tensions avec la Pologne. Le président polonais Karol Nawrocki a retiré à Zelensky l'Ordre de l'Aigle Blanc, la plus haute distinction polonaise, après que Kyiv a nommé une unité militaire en l'honneur de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Varsovie accuse l'UPA de crimes de guerre contre des Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette décision, qualifiée de "profondément décevante" par Nawrocki, n'affecte pas le soutien polonais à l'Ukraine, mais elle illustre les fragilités de l'unité occidentale.

Par ailleurs, la guerre en Iran détourne l'attention de Washington, et Trump a cherché à négocier directement avec Poutine, contournant Kyiv et l'Europe. Zelensky a donc multiplié les rencontres bilatérales, notamment avec les dirigeants du G7 et avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a dénoncé les récents tirs de semonce d'un navire de guerre russe dans la Manche.

Perspective : vers une nouvelle dynamique de guerre ou de paix ?

Les promesses du G7 marquent un tournant potentiel. Le renforcement de la défense aérienne ukrainienne, combiné aux frappes sur les infrastructures russes, pourrait changer l'équilibre des forces sur le terrain. Les analystes estiment que les drones ukrainiens de haute technologie, qui clouent les troupes russes au sol, ouvrent une nouvelle phase du conflit.

Cependant, l'issue dépendra de la capacité de l'Occident à maintenir une unité fragile. Les tensions avec la Pologne, les réticences de certains partenaires et la distraction iranienne pourraient affaiblir le front pro-ukrainien. Si Trump, séduit par la méthode Macron, semble pour l'instant soutenir Kyiv, son imprévisibilité reste un facteur de risque.

Enfin, le refus de Poutine de rencontrer Zelensky, malgré les offres de ce dernier, suggère que Moscou mise sur une guerre d'usure. Dans ce contexte, les décisions prises au G7 pourraient soit accélérer une issue diplomatique, soit durcir l'affrontement.

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