Xenia Fedorova qualifiée d'«agente russe» : Glucksmann exige son exclusion des médias

Accusations d'ingérence : Glucksmann réclame le retrait de Xenia Fedorova de l'antenne

La polémique autour de la présence de Xenia Fedorova dans les médias français a franchi un nouveau palier. Ce dimanche 31 mai, Raphaël Glucksmann, leader de Place Publique et candidat déclaré à la présidentielle, a vivement critiqué la chroniqueuse, l'accusant d'être une "agente russe" au service du Kremlin. Dans l'émission Le Grand Jury (RTL, Public Sénat, Le Figaro, M6), il a déclaré : "Il faut lui retirer le micro parce qu'en réalité, ce n'est pas une journaliste, ce n'est pas une commentatrice, c'est une agente russe et c'est une agente russe depuis le début" de l'offensive en Ukraine.

Pour Glucksmann, les médias du groupe Bolloré (CNews, Europe 1, JDNews) en offrant une tribune à Fedorova "se font les caisses de relais de la propagande poutinienne". Il a ajouté que si "l'extrême droite appelle cela du patriotisme", cela confirme selon lui que "ces gens sont au service d'intérêts étrangers hostiles à ceux de notre Nation". L'ancienne directrice de RT France est régulièrement critiquée pour reprendre "mot pour mot les narratifs de propagande russe", selon le Quai d'Orsay.

Une journaliste russe au cœur de la tempête médiatique

Un soutien ferme de la direction des médias Bolloré

Face à ces accusations, la direction des médias concernés a volé au secours de leur chroniqueuse. Arnaud Lagardère, gérant de Lagardère Radio (Europe 1), et Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, ont publié une tribune dans Le Journal du dimanche (JDD) intitulée "Défendre la liberté d'expression, surtout lorsqu'elle dérange". Ils y affirment que Xenia Fedorova "contribue depuis près de 10 ans à la diversité du paysage audiovisuel français" et apporte "sur le conflit russo-ukrainien un éclairage que l'on n'entend pas ailleurs". "Nous n'approuvons pas forcément chacune de ses positions. En revanche, nous nous opposons à sa délégitimation systématique", écrivent-ils.

Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, avait également pris sa défense vendredi en y voyant un enjeu de "liberté d'expression". La journaliste russe, qui présente l'émission religieuse Lumières orthodoxes sur CNews et CStar, signe une chronique dans le JDNews et intervient régulièrement sur CNews et Europe 1, est ainsi devenue une figure clivante du paysage médiatique français.

Un parcours qui alimente les soupçons

Xenia Fedorova, 45 ans, est une ancienne dirigeante de RT France, chaîne fermée en 2023 après l'invasion de l'Ukraine. Depuis, elle a trouvé refuge dans l'empire médiatique de Vincent Bolloré, où elle bénéficie d'une forte visibilité. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l'a qualifiée de "propagandiste patentée qui sert de relais à la désinformation du Kremlin". Une enquête du journal Le Monde s'est notamment interrogée sur la validité de son titre de séjour de dix ans, suscitant l'indignation de ses défenseurs.

Liberté d'expression ou ingérence étrangère ? Les enjeux d'un débat qui divise

Cette affaire cristallise les tensions autour de la liberté d'expression et de l'influence étrangère dans les médias français. D'un côté, les accusations d'ingérence et de propagande se multiplient, portées par des responsables politiques et certains médias. De l'autre, les dirigeants des médias Bolloré invoquent le pluralisme et le droit à la contradiction, estimant que la journaliste apporte un point de vue différent sur un conflit souvent traité de manière univoque.

Le débat dépasse le simple cas Fedorova. Il pose la question de la place des voix pro-russes dans l'espace médiatique français, en pleine guerre en Ukraine. Alors que la présidentielle de 2027 se profile, cette polémique pourrait devenir un enjeu politique majeur, opposant défenseurs de la liberté d'expression et vigilance face aux ingérences étrangères. En attendant, Xenia Fedorova reste à l'antenne, soutenue par sa direction, mais sous le feu des critiques.

Cet article a été rédigé à partir d'informations collectées le 1er juin 2026. Pour suivre l'actualité politique, n'hésitez pas à consulter notre article sur Ibrahima Konaté quitte Liverpool libre : le feuilleton est terminé.

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