Wout van Aert signe un retour tonitruant sur Strava après son infection
Forfait pour le Tour de France 2026 en raison d'une infection au coude ayant nécessité une intervention chirurgicale, Wout van Aert a publié mercredi 1er juillet une activité Strava qui en dit long sur l'état de sa convalescence. Le coureur de la Visma | Lease a Bike a parcouru 109,3 kilomètres en un peu plus de trois heures, à une moyenne de 35,7 km/h. Un entraînement sérieux, accompagné d'un message prometteur : « Recovery going well, mountains are calling » (« La récupération se passe bien, les montagnes appellent »).
Ce signal fort intervient après une période sombre. Le 12 juin dernier, Van Aert avait été contraint de quitter le Critérium du Dauphiné au lendemain d'une victoire d'étape. Ce qui semblait n'être qu'une « douleur au coude » s'est avéré être une infection grave, contractée lors d'une chute à l'entraînement sur son vélo de contre-la-montre. Hospitalisé une nuit et opéré pour nettoyer la plaie et éviter un risque de sepsis, le Belge a vu son été basculer : pour la première fois depuis ses débuts en 2019, il ne sera pas au départ de la Grande Boucle.
Pourquoi cette absence change tout pour Visma et le Tour 2026
L'absence de Van Aert bouleverse en profondeur la stratégie de la Visma | Lease a Bike pour le Tour de France 2026, qui s'élance ce vendredi. Jonas Vingegaard, double vainqueur de l'épreuve (2022, 2023), perd son lieutenant le plus polyvalent : capable de rouler dans le plat, d'emmener le sprint, de survivre en montagne et de gagner des étapes, le Belge était l'arme tactique ultime de son leader, notamment face à Tadej Pogacar.
Cette absence inattendue ravive les critiques émises l'été dernier par Trine Vingegaard, l'épouse du Danois. Celle-ci avait alors publiquement questionné la politique sportive de l'équipe, jugée trop perméable aux ambitions personnelles de Van Aert. « Est-ce que Jonas n'a pas besoin de toute l'aide possible pour lutter contre Pogacar ? », s'était-elle interrogée, dans des propos repris par le podcast NOS Wielerpodcast. « Peut-être que Vingegaard était gêné que l'équipe veuille jouer la carte Van Aert plusieurs fois », a analysé l'ancien pro Stef Clement.
Cette année, le débat est tranché par la force des choses : Van Aert est à la maison, Laporte aussi, et Vingegaard devra composer avec un collectif remanié. Un défi de taille alors que Pogacar, quadruple vainqueur et tenant du titre, se présente avec une équipe UAE taillée pour la domination. Les autres prétendants, comme Remco Evenepoel ou le prodige français Paul Seixas, espèrent aussi tirer profit de cette verticalisation soudaine des rapports de force chez Visma.
Pression belge, soutien néerlandais : le paradoxe Van der Poel-Van Aert
Dans ce contexte, les déclarations d'Adrie van der Poel, père de Mathieu, prennent une résonance particulière. Dans une interview à Wieler Revue datée du 2 juillet, le Néerlandais estime que Wout van Aert et Remco Evenepoel sont soumis, en Belgique, à une pression démesurée. « Ils ont un palmarès dont la plupart des coureurs ne peuvent que rêver », rappelle-t-il, soulignant que « s'ils sont en retrait pendant deux semaines, les gens cherchent toutes sortes de choses qu'ils ont faites de travers ».
Adrie van der Poel compare cette situation à celle de son fils, Mathieu, qui roule sous pavillon néerlandais. « Je pense que ça l'aide d'avoir un passeport néerlandais », note-t-il, en référence à une pression médiatique et populaire plus mesurée outre-Moerdijk. Un constat qui interroge, alors que les deux champions – Van Aert et Evenepoel – incarnent pourtant l'excellence absolue du cyclisme belge contemporain.
Tour 2026 : un été dédié aux Mondiaux pour Van Aert ?
Alors que le Tour de France 2026 s'annonce comme l'un des plus ouverts des dernières années – avec un Julian Alaphilippe en possible ultime baroud d'honneur et un parcours taillé pour les escarmouches – le Belge fixe déjà un nouvel objectif. La distance et l'intensité de son entraînement de mercredi laissent penser qu'il pourrait viser les Championnats du monde, programmés en septembre au Canada, sur un parcours exigeant qui correspond à ses qualités de puncheur-grimpeur.
Reste à savoir si son équipe, la Visma, lui offrira les mêmes libertés qu'en début de saison. L'épisode du Dauphiné et l'absence au Tour ont fragilisé son rôle au sein du collectif, tandis que l'émergence de jeunes talents comme Paul Seixas bouscule la hiérarchie. Mais une chose est sûre : quand les montagnes appellent, Wout van Aert répond.
Par ailleurs, la canicule qui frappe la France en ce début juillet pourrait complexifier les conditions de course, comme le rappelle notre analyse sur le blocage anticyclonique et la sécheresse aggravée.
Commentaires