Voiture électrique : Leapmotor B10 made in Europe, Fiat Koala à 10 000 €, Toyota Corolla en Chine

Leapmotor B10 : une production européenne qui change la donne

C'est une première symbolique dans l'industrie automobile européenne. Le Leapmotor B10, SUV électrique du constructeur chinois partenaire de Stellantis, est désormais assemblé dans l'usine de Figueruelas, près de Saragosse, en Espagne. Une annonce officialisée le 19 octobre 2026 par le groupe automobile franco-italo-américain, qui marque une étape importante dans le rapprochement entre les deux entreprises.

Le site espagnol, qui produit déjà les Peugeot 208, Opel Corsa et Lancia Ypsilon, accueille donc un modèle chinois sur ses chaînes. Pour Stellantis, l'objectif est clair : rentabiliser ses capacités industrielles tout en accélérant l'implantation européenne de Leapmotor. De son côté, le constructeur chinois apporte sa technologie et son expertise dans les véhicules électriques à prix compétitifs. Le B10, long de 4,52 m et fort de 218 ch, revendique entre 361 et 434 km d'autonomie selon le cycle WLTP, pour un tarif français débutant sous les 30 000 euros.

Un avantage fiscal potentiel pour les acheteurs français

Cette production espagnole pourrait avoir une conséquence directe pour les automobilistes français. Le Leapmotor B10 devrait échapper à la taxe de 30,7 % appliquée aux véhicules électriques importés de Chine par l'Union européenne. Mieux : le modèle pourrait devenir éligible à la prime CEE renforcée en France, sous réserve de remplir les critères d'éligibilité. Une aubaine pour le constructeur, qui pourrait ainsi doper ses ventes sur le marché français.

L'alliance entre Stellantis et Leapmotor ne devrait pas s'arrêter là. Les deux partenaires envisagent déjà la production d'un nouveau SUV électrique Opel à Saragosse, potentiellement dès 2028, qui utiliserait des composants issus de l'écosystème Leapmotor pour réduire les coûts. Un autre modèle de la marque chinoise pourrait également rejoindre l'usine de Madrid.

Fiat Koala : la voiture électrique à 10 000 euros

Dans le même temps, Fiat prépare une offensive sur le segment des citadines électriques abordables. La marque italienne travaille sur une nouvelle voiture, potentiellement baptisée Koala, dont le prix cible est fixé autour de 10 000 euros, aides comprises. Un positionnement ultra-agressif qui en ferait l'une des voitures à batterie les moins chères du marché européen.

Pour y parvenir, Fiat s'appuiera sur la plateforme E-Car du groupe Stellantis, qui servira également de base à la future 2CV prévue pour 2028. Arnaud Belloni, nouveau patron de Fiat, a confirmé au Mondial de l'Automobile de Paris que la marque « travaille sur plusieurs voitures basées sur la plateforme E-Car », ajoutant qu'une « petite voiture dérivée de la 2CV » allait « faire sensation ». Le nom Koala a d'ailleurs été officiellement déposé.

Un lancement encore mystérieux

Si le modèle semble déjà bien avancé, Fiat a choisi de ne pas le dévoiler au Mondial de Paris. Selon François Leboine, directeur du design de la marque, la Koala est « prête » mais le salon parisien n'était « pas le bon moment » pour la présenter. La marque ne voulait pas risquer de voir son nouveau modèle éclipsé par les nombreux concepts exposés par Stellantis, ni perturber la visibilité de la 2CV française. Le dévoilement devrait intervenir « au moment opportun ».

Cette stratégie s'inscrit dans une refonte plus large de l'entrée de gamme de Fiat, qui planche également sur les futures Pandina et 500. L'objectif est clair : contrer la concurrence chinoise sur le terrain des prix, tout en capitalisant sur l'héritage de la 2CV, sans pour autant tomber dans le néo-rétro.

Toyota Corolla : l'électrification passe par la Chine

Autre actualité marquante : Toyota s'apprête à franchir un cap historique avec sa Corolla. Selon le quotidien économique japonais Nikkei Asia, la treizième génération de la best-seller mondiale sera produite dès 2028 en Chine, dans la coentreprise FAW Toyota de Tianjin. Une décision stratégique pour le constructeur japonais, qui fait face à une chute de ses ventes dans l'Empire du Milieu : en août 2026, les ventes de Toyota et Lexus y ont plongé de 22,8 %, soit la septième baisse mensuelle consécutive.

La future Corolla sera la première à utiliser la plateforme « multi-pathway » de Toyota, capable d'accueillir aussi bien une batterie qu'un hybride rechargeable, un hybride classique ou un moteur thermique. Une architecture unique qui doit permettre au constructeur de réduire les coûts et les délais de développement, tout en adaptant son offre aux différents marchés. Aucune fiche technique n'a filtré, mais la présentation mondiale est attendue en 2027.

Un sentiment de crise chez Toyota

Ce pari chinois traduit une forme d'urgence. Un ingénieur du programme a confié à la télévision publique NHK craindre que Toyota « perde la bataille face aux constructeurs chinois ». La chute des ventes en Chine, minée par la flambée du carburant et l'offensive des électriques locales, a poussé le groupe à remodeler son implantation : le 8 octobre, FAW, GAC et Toyota ont signé un accord-cadre prévoyant le rachat par GAC des 50 % détenus par FAW dans FAW Toyota, qui mutualisera ensuite recherche, achats et production avec GAC Toyota.

En France, rien n'indique pour l'heure que la Corolla chinoise franchira nos frontières. Les versions à hayon et Touring Sports vendues chez nous continuent de sortir de l'usine anglaise de Burnaston, et Toyota n'a annoncé aucun changement en ce sens.

EDF : l'angle mort de l'électrification des flottes

Enfin, l'électrification des flottes professionnelles reste un chantier semé d'embûches, même pour les entreprises les plus volontaristes. EDF, qui a été parmi les premiers groupes à convertir sa flotte, affiche un taux de 43 % de véhicules électrifiés sur un parc mondial d'environ 50 000 unités. L'objectif de 50 % d'ici fin 2026 reste maintenu, mais un angle mort persiste.

Selon Pascal Pavard, responsable flotte du groupe, 86 % des cas d'usage de la flotte EDF peuvent aujourd'hui être électrifiés avec une solution satisfaisante. Le problème concerne les 14 % restants : les interventions hors réseau routier, qui nécessitent des pick-up et des 4x4 électriques. Or, l'offre de tels véhicules reste insuffisante chez les constructeurs. À cela s'ajoutent les contraintes du secteur lourd : surcoûts supérieurs à 100 %, rareté des bornes dédiées et dépendance aux batteries extra-européennes freinent durablement l'électrification des camions et engins spéciaux.

Une transition électrique à plusieurs vitesses

Les actualités de ce 21 octobre 2026 dessinent une transition électrique à plusieurs vitesses. D'un côté, les constructeurs chinois et leurs partenaires européens accélèrent la production locale pour contourner les barrières douanières et conquerir de nouveaux marchés, à l'image du Leapmotor B10 fabriqué en Espagne. De l'autre, les marques historiques comme Fiat et Toyota réinventent leur entrée de gamme et leurs modèles phares pour résister à la concurrence, quitte à délocaliser leur production en Chine.

Pour les automobilistes français, les perspectives sont contrastées : des modèles électriques toujours plus abordables, comme la future Fiat Koala à 10 000 euros, mais aussi des questions persistantes sur la souveraineté industrielle et la capacité des infrastructures à suivre le rythme. La voiture électrique n'a pas fini de bousculer l'industrie automobile mondiale.

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