Vente d'or et crise des chenilles : deux actualités belges qui font débat

Vente d'or et crise des chenilles : deux actualités belges qui font débat

Ce 23 juillet 2026 : deux dossiers brûlants en Belgique

Alors que l'été bat son plein, deux actualités belges retiennent l'attention ce 23 juillet 2026. D'un côté, la vente de lingots et pièces d'or (le fameux « veloop ») devient un casse-tête fiscal pour de nombreux particuliers, poussés par la flambée des cours du métal précieux. De l'autre, à Steenbergen, la guerre contre les eikenprocessierupsen (chenilles processionnaires du chêne) prend un tour inattendu : Staatsbosbeheer refuse d'intervenir, laissant riverains et animaux domestiques subir les brûlures et difficultés respiratoires causées par les poils urticants des chenilles.

Vente d'or : des questions de provenance qui coincent

Selon un article publié ce jour par Legal News (source : DVD Tax Law), la hausse spectaculaire du prix de l'or incite de plus en plus de Belges à vendre leurs lingots, plaques et pièces d'or. Mais attention : les banques et les négociants en métaux précieux appliquent désormais strictement la loi anti-blanchiment (Witwaspreventiewet). Concrètement, dès qu'un particulier souhaite transférer le produit de la vente sur un compte bancaire, l'institution financière doit vérifier l'origine des lingots et peut exiger des documents prouvant leur acquisition légale. Si les explications sont jugées insuffisantes, la banque peut exiger une régularisation fiscale et, en cas de refus, saisir la Cellule de traitement des informations financières (CTIF). Celle-ci peut alors déclencher une enquête pénale.

Cette situation place de nombreux vendeurs dans une position délicate : beaucoup ont hérité de ces métaux sans déclaration, ou les ont acquis « de confiance » il y a des années, sans facture ni justificatif. Les spécialistes, comme Laurens Vergauwe de DVD Tax Law, conseillent de se faire accompagner par un fiscaliste avant toute transaction, sous peine de voir son compte bloqué ou de faire l'objet d'une enquête.

Contexte : pourquoi ces deux sujets font débat aujourd'hui

La fièvre de l'or et le spectre de la fraude fiscale

Le prix de l'or a atteint des sommets historiques ces dernières années, ce qui a logiquement multiplié les ventes de particulier à particulier ou via des négociants. Or, beaucoup de Belges détiennent de l'or sans avoir jamais déclaré leur patrimoine : héritages non déclarés, achats à l'étranger sans TVA, placements « sous le matelas ». La législation belge, renforcée depuis 2020, impose désormais aux établissements financiers une vigilance accrue sur tout mouvement de fonds supérieur à 10 000 euros. Même en dessous de ce seuil, les transactions en métaux précieux sont scrutées.

Cette vague de contrôles s'inscrit dans un mouvement plus large de lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment, qui touche aussi les crypto-monnaies ou les placements offshore. Pour les épargnants, la vente d'or est devenue une opération à haut risque fiscal si elle n'est pas préparée.

Des chenilles qui empoisonnent la vie à Steenbergen

Depuis plusieurs semaines, les habitants de la Moerstraatseweg, à Steenbergen, souffrent d'une invasion massive de chenilles processionnaires du chêne. Les poils urticants de ces insectes provoquent des éruptions cutanées sévères, des démangeaisons intenses et des problèmes respiratoires, notamment chez les enfants et les personnes âgées. Les propriétaires de chevaux constatent que leurs bêtes paniquent dans les prés à cause des piqûres.

La commune de Steenbergen a bien commencé à aspirer les nids, mais a dû stopper net : les arbres concernés se trouvent sur des terrains appartenant à Staatsbosbeheer, l'office national des forêts. Or, cet organisme refuse catégoriquement d'intervenir. Dans un courriel, un senior boswachter a expliqué que l'élimination des nids est « financièrement et pratiquement irréalisable » et que la priorité est donnée à la biodiversité et aux prédateurs naturels. Il a conclu en espérant que les riverains « puissent quand même profiter de la nature ». Une réponse qui passe mal, alors que Staatsbosbeheer vient d'annoncer une perte de 3,4 millions d'euros sur 2025.

Des solutions alternatives, comme l'utilisation de phéromones pour perturber la reproduction des chenilles, sont évoquées par les habitants. La commune promet de rouvrir le dialogue avec l'organisme.

Perspective : des implications plus larges

Fiscalité, or et transparence : un tournant pour les épargnants

Ce durcissement des contrôles sur la vente d'or n'est pas un cas isolé. Il reflète une tendance européenne à traquer tous les actifs non déclarés, qu'il s'agisse de lingots, de crypto-actifs ou de comptes à l'étranger. Pour les épargnants belges, cela signifie qu'il ne suffit plus de vendre son or à un négociant : il faut pouvoir prouver son origine, sous peine de se voir refuser l'accès à son propre argent. La question de la régularisation fiscale (tax shelter pour les revenus passés) devient centrale. À terme, cela pourrait pousser certains à déclarer spontanément leurs réserves d'or, faute de pouvoir les monnayer sans encombres.

Nature, santé et responsabilités : le dilemme des gestionnaires d'espaces naturels

Le conflit de Steenbergen illustre un dilemme qui va devenir croissant : comment concilier protection de la biodiversité et santé publique ? Staatsbosbeheer, en refusant de traiter les chenilles pour préserver les autres insectes, applique une logique écologique de long terme. Mais pour les riverains qui souffrent au quotidien, cette position est vécue comme un abandon. Sans intervention humaine, la prolifération des chenilles pourrait s'aggraver les années suivantes. La piste des phéromones, solution sans insecticide, pourrait offrir une porte de sortie, mais son coût et son efficacité restent à évaluer. Ce bras de fer entre gestionnaires publics et citoyens est amené à se reproduire, notamment dans les zones où les espèces dites « nuisibles » se multiplient.

Et ailleurs dans l'actualité ?

Si vous vous intéressez aux questions de gestion de crise et de nature, vous pourriez également suivre le dossier des incendies records en France ou encore l'actualité politique au Nicaragua avec Daniel Ortega.

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