Unchosen s'impose en tête du classement Netflix dès ses premiers jours
Depuis son lancement le 21 avril 2026, la série britannique Unchosen a rapidement conquis la plateforme Netflix, atteignant la première place du classement mondial en moins de 48 heures. Selon les données de FlixPatrol, le thriller psychologique occupe la tête des charts non seulement aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Argentine, en Belgique et au Danemark, entre autres pays. Un démarrage fulgurant qui confirme l'appétit du grand public pour les drames à haute tension gravitant autour de communautés fermées et de personnages en quête d'émancipation.
Une intrigue centrée sur la liberté et la manipulation
Créée par Julie Gearey et réalisée par Jim Loach, Unchosen plonge le spectateur au cœur de la Fellowship of the Divine, une secte chrétienne fictive installée aux abords d'une petite ville anglaise. La communauté y cultive une image de pureté et de vie commune harmonieuse, mais dissimule une réalité bien plus sombre : les femmes y sont soumises aux hommes, la technologie y est bannie et tout contact avec le monde extérieur — les fameux « unchosen », ceux qui n'appartiennent pas à la secte — y est prohibé.
L'histoire se cristallise autour de Rosie (Molly Windsor), épouse et mère étouffée par ce carcan. Tout bascule lorsque sa fille Grace (Olivia Pickering), sourde, s'échappe dans les bois lors d'un orage et manque de se noyer. Elle est sauvée in extremis par Sam (Fra Fee), un mystérieux vagabond au passé criminel lourd. Rosie, tiraillée entre gratitude, désir et besoin d'air, décide de cacher Sam, ignorant qu'il s'agit d'un meurtrier en cavale. La série réunit également Asa Butterfield dans le rôle d'Adam, le mari de Rosie, et Christopher Eccleston en Mr. Phillips, le leader charismatique et tyrannique de la communauté.
Ce que révèle la fin de la série — attention, spoilers
La finale de Unchosen donne lieu à une escalade dramatique. Adam's brother, Isaac (Aston McAuley), parvient à fuir la secte après y avoir été torturé pour avoir aimé quelqu'un de « non-choisi ». Dès lors qu'il accède au monde extérieur et découvre les crimes de Sam dans les informations télévisées, il tente d'alerter Rosie. Sam intercepte cependant Isaac avant qu'il ne puisse la rejoindre, causant sa mort dans un accident de voiture. Il fait ensuite peser les soupçons sur Mr. Phillips, présent dans le véhicule, avant de prendre la fuite.
Le dénouement révèle ainsi toute l'ambiguïté de Sam, personnage initialement présenté comme un sauveur mais dont les troubles mentaux et la violence refont irrémédiablement surface. La question de la survie de Rosie constitue le fil rouge émotionnel de cet épisode final, dans une mise en scène qui mêle courses-poursuites, révélations et affrontements.
Des critiques en demi-teinte face à un public conquis
Un fossé marqué entre audience et presse
Le paradoxe d'Unchosen réside dans l'écart entre son succès populaire fulgurant et l'accueil réservé par la critique spécialisée. Sur Rotten Tomatoes, la série affiche un Tomatometer de seulement 50 %, tandis que le Metascore sur Metacritic plafonne à 47. Sur IMDb, les premières évaluations tournent autour de 5,9/10, bien que le nombre de votes reste encore limité compte tenu de la fraîcheur de la diffusion.
Du côté de la presse britannique, les avis sont sévères. The Guardian regrette que la série, pourtant dotée d'un casting de premier ordre, tombe dans les travers d'un thriller générique et prévisible, qualifiant le résultat de « gâchis de talents ». Anita Singh, dans le Daily Telegraph, estime qu'Unchosen aurait pu constituer un portrait puissant de l'émancipation féminine, mais que le récit glisse trop rapidement vers « un territoire de thriller faiblard, avec course-poursuite et enlèvement grotesque ».
Un casting taillé pour le grand public
Malgré ces réserves, la présence d'Asa Butterfield — révélé dans Sex Education — et de Christopher Eccleston, habitué des rôles à forte emprise psychologique, contribue indubitablement à attirer un large public. Molly Windsor, dans le rôle central de Rosie, parvient à incarner avec subtilité la trajectoire d'une femme qui s'éveille douloureusement à sa propre condition.
Unchosen, symptôme d'une tendance lourde du streaming
Le succès immédiat d'Unchosen s'inscrit dans une dynamique plus vaste observée sur les plateformes de streaming en 2026 : les drames à caractère sectaire et les thrillers psychologiques à fort ancrage social continuent de dominer les audiences mondiales. Des séries comme The Handmaid's Tale ont ouvert la voie à une représentation critique des sociétés fermées et patriarcales, et Unchosen surfe sur cette vague avec des codes bien rodés.
La créatrice Julie Gearey a d'ailleurs soigné la crédibilité documentaire de son projet en s'appuyant sur des témoignages réels d'anciens membres de sectes britanniques — le Royaume-Uni compterait actuellement au moins 2 000 groupes de ce type en activité. Jim Loach, à la réalisation, a grandi dans une région où certains enfants de ses camarades d'école appartenaient à de telles communautés.
Ce soin apporté au réalisme sociologique tranche avec les critiques sur les excès du scénario, et illustre une tension récurrente dans ce genre de production : entre ambition thématique et impératifs du divertissement grand public. Unchosen ne révolutionne pas la grammaire du genre, mais confirme que la recette — femme en quête de liberté, huis clos oppressif, étranger mystérieux — reste redoutablement efficace pour capter l'attention d'un public mondial, quoi qu'en pensent les critiques.
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