Zidane, acte I : une première très attendue
C'est un soir que les supporters français attendent depuis des mois. Zinédine Zidane, nommé sélectionneur de l'équipe de France le 28 juillet 2026, dispute ce vendredi 25 septembre son premier match officiel à la tête des Bleus. L'opposition face à la Turquie, comptant pour la première journée de la Ligue des nations 2026-2027, se joue au Kocaeli Stadyumu d'Izmit, à l'est d'Istanbul. Le coup d'envoi est fixé à 20h45, heure de Paris, et la rencontre sera diffusée en clair sur TF1.
Pour cette grande première, Zidane a réservé quelques surprises. Adrien Truffert, habituellement remplaçant, débute au poste de latéral gauche, derrière Kylian Mbappé. La composition des Bleus se veut résolument offensive : Maignan – Koundé, Lacroix, Upamecano, Truffert – Cherki, Koné, Rabiot – Olise, Dembélé, Mbappé. Un 4-3-3 ambitieux qui traduit la volonté du nouveau sélectionneur d'imposer d'emblée son style.
En face, Vincenzo Montella a aligné son équipe type, avec la star du Real Madrid Arda Güler en meneur de jeu. La Turquie devra toutefois composer sans plusieurs cadres : Yildiz, Calhanoglu et Muldur sont absents. La formation turque s'appuie sur Çakir dans les buts, une défense centrale Demiral-Bardakci, et un trident offensif composé d'Arda Güler, Aydin et Can Uzun, avec Yilmaz en pointe.
Un lieu sous haute surveillance
Si le match se déroule à Izmit et non à Istanbul, ce n'est pas un hasard. Selon L'Équipe, les autorités locales craignent de violents débordements après la débâcle de la sélection turque lors de la dernière Coupe du monde, éliminée dès le premier tour après une défaite 1-0 contre le Paraguay. Le sélectionneur Montella a de son côté mis en avant la proximité du stade avec le centre d'entraînement de la sélection.
Un enjeu sportif et symbolique fort
Pour Zinédine Zidane, l'équation est simple : succéder à Didier Deschamps, en poste pendant quatorze ans, et tourner la page d'une ère marquée par un titre de champion du monde en 2018, mais aussi par une fin de cycle douloureuse. Lors du Mondial 2026, les Bleus ont été éliminés en demi-finale par l'Espagne (2-0), future vainqueur, avant de s'incliner lourdement face à l'Angleterre dans le match pour la troisième place (6-4). Kylian Mbappé, capitaine, y a tout de même remporté le Soulier d'Or.
Le nouveau sélectionneur a signé un contrat de quatre ans, jusqu'à la Coupe du monde 2030. Il devient le dix-huitième sélectionneur de l'histoire des Bleus. Son premier groupe mêle cadres expérimentés (Maignan, Rabiot, Dembélé, Olise) et nouveaux visages (Truffert, Cherki, Koné), signe d'une transition en douceur.
La Turquie, un adversaire loin d'être anodin
La rencontre face à la Turquie revêt également une dimension particulière. Dans ce pays, la sélection nationale transcende les clivages. Comme l'explique Nicolas Sarnak, commentateur de la Süper Lig pour beIN Sport, les supporters turcs sont capables de mettre de côté leurs rivalités de club lorsqu'il s'agit de l'équipe nationale. "La sélection et le pays, c'est un autre niveau", résume-t-il. Galatasaray, Fenerbahçe, Beşiktaş et Trabzonspor se livrent une guerre féroce en championnat, mais une fois le maillot national enfilé, les ennemis d'hier deviennent coéquipiers.
La liste de Montella en témoigne : six joueurs de Galatasaray, cinq de Fenerbahçe, quatre de Beşiktaş et trois de Trabzonspor composent le groupe turc. Une cohabitation qui, selon Sarnak, se passe globalement bien. "Sur les cinq, dix dernières années, je n'ai pas de souvenirs de dérapage entre joueurs turcs", affirme-t-il. La dernière altercation notable remonte à 2009, entre Arda Turan et Semih Şentürk, pourtant partenaires de chambre en sélection.
Perspectives : un groupe relevé et une séquence déterminante
Ce Turquie – France n'est que le premier épisode d'une séquence intense pour les Bleus. Placés dans le groupe A1 de la Ligue des nations aux côtés de la Belgique et de l'Italie, les hommes de Zidane enchaîneront à Bruxelles le 28 septembre, avant de recevoir l'Italie le 2 octobre. Un enchaînement qui s'annonce comme un véritable test pour le nouveau sélectionneur.
Le match de ce soir, présenté comme le plus abordable sur le papier, doit permettre à la France de lancer idéalement sa campagne. Mais au-delà du résultat, c'est la manière qui sera scrutée. Zidane, icône du football français, joue gros sur cette première. Son aura et son palmarès (champion du monde 1998, Ballon d'Or 1998, triple vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid) ne suffiront pas à masquer les attentes. Les Bleus sortent d'une Coupe du monde décevante et doivent retrouver une dynamique positive.
Pour la Turquie, l'objectif est tout autre. Après un Mondial raté, la sélection de Montella veut se relancer dans une compétition où elle avait brillé par le passé. La présence d'Arda Güler, considéré comme l'un des meilleurs jeunes joueurs de sa génération, incarne cet espoir. Le public turc, réputé pour sa ferveur, répondra présent, même si le stade d'Izmit devrait être moins bouillant que les antres d'Istanbul.
Ce soir, à 20h45, sur TF1, débutera donc une nouvelle ère pour l'équipe de France. Une ère Zidane, placée sous le signe de l'ambition et de la reconquête.
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