Ferrand-Prévot : « irrécupérable »
La 5e étape du Tour de France Femmes 2026, disputée ce mercredi entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais, a tourné à la démonstration pour Demi Vollering, mais au cauchemar pour la tenante du titre, Pauline Ferrand-Prévot. Vainqueure au sprint devant la maillot jaune Marlen Reusser et Katarzyna Niewiadoma, la Néerlandaise a confirmé son statut de grande favorite, tandis que la Française a concédé plus de deux minutes supplémentaires au classement général, portant son retard à 5 minutes sur la Suissesse.
Au micro de France TV, Ferrand-Prévot n'a pas caché son désarroi : « Je ne peux même pas dire que je me sentais mal. Je me sentais à mon niveau. Je pense que les autres sont simplement un ton au-dessus. Le classement général, il ne faut pas se voiler la face... Je pense que c'est irrécupérable. » Des mots forts, qui contrastent avec son discours combatif de la veille.
Vollering en patronne, Reusser résiste
Demi Vollering a frappé un grand coup. Dans les trente derniers kilomètres, la leader de la FDJ United-Suez a attaqué dans le col de Durbize, suivie par Reusser et Niewiadoma. Le trio s'est présenté groupé pour le sprint final, et la Néerlandaise, d'une puissance impressionnante, a réglé ses deux compagnes d'échappée. Il s'agit de sa quatrième victoire d'étape sur le Tour de France, après le Tourmalet, Rotterdam et l'Alpe d'Huez.
Malgré cette démonstration, Marlen Reusser conserve le maillot jaune avec 12 secondes d'avance sur Vollering. La Suissesse, qui a remporté le contre-la-montre de la 4e étape à Dijon, confirme son potentiel, mais elle devra se méfier de la Néerlandaise, qui semble monter en puissance au fil des jours.
Une contre-performance qui interroge
Le Tour de France Femmes 2026 devait être celui de la confirmation pour Pauline Ferrand-Prévot. Triple championne du monde de cyclo-cross, multiple médaillée olympique en VTT, « PFP » a surpris tout le monde l'an dernier en s'imposant sur la Grande Boucle. Mais cette année, la donne est différente. Dès le contre-la-montre de mardi, la Française a perdu 2'13 sur Reusser, et son positionnement sur le vélo, jugé inhabituel, a suscité des interrogations. Certains spécialistes évoquent une préparation perturbée, d'autres une méforme passagère.
Quoi qu'il en soit, la Visma-Lease a Bike devra revoir ses plans. Après l'étape de mercredi, Ferrand-Prévot a reconnu avoir « donné le meilleur de moi-même » mais que cela n'avait pas suffi. Elle a également rappelé que l'année dernière, dans la Madeleine, elle avait su créer des écarts, mais que cette année, la concurrence a visiblement progressé.
Le Ventoux : dernier espoir ou simple étape de transition ?
Vendredi, le Tour de France Femmes 2026 s'attaque au Mont Ventoux, l'ascension mythique qui pourrait redistribuer les cartes. Pour Ferrand-Prévot, il faudrait un exploit pour revenir sur Reusser et Vollering. « Je n'ai pas d'excuse, j'étais simplement moins forte », a-t-elle déclaré, mais elle promet de « se battre comme je me suis battue ». Le défi semble presque insurmontable, mais la Française a déjà prouvé par le passé qu'elle était capable de renverser des situations.
Pour Vollering, le Ventoux représente au contraire une occasion de s'emparer du maillot jaune. Si elle confirme son avantage en haute montagne, la Néerlandaise pourrait bien réaliser le doublé après sa victoire de l'an dernier (NDLR : en réalité, son palmarès compte plusieurs victoires d'étapes, mais elle n'a jamais gagné le général). La bataille s'annonce épique.
Un Tour à rebondissements
Cette édition 2026 du Tour de France Femmes est décidément pleine de surprises. Après le contre-la-montre de Dijon, c'est une autre hiérarchie qui s'est dessinée : Marlen Reusser, la rouleuse suisse, devance désormais Demi Vollering, Katarzyna Niewiadoma et les autres favorites. La jeune Cédrine Kerbaol, passée de la 3e à la 9e place après l'étape de mercredi, incarne l'espoir français, mais elle accuse déjà plus de 3 minutes de retard.
Le Tour se poursuit jeudi avec une 6e étape qui devrait sourire aux sprinteuses, avant l'inévitable rendez-vous du Ventoux. Les enjeux sont énormes, et les écarts se creusent. Ferrand-Prévot, elle, devra puiser au plus profond de ses ressources pour sauver une course qui lui échappe. Mais comme elle le dit elle-même, « il va falloir essayer de grappiller, non pas quelques secondes, mais quelques minutes ». Il faudra plus qu'un exploit sportif pour y parvenir.
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