Toprak Razgatlioglu rentre en Turquie pour passer une IRM
Le calvaire de Toprak Razgatlioglu lors du Grand Prix d'Indonésie a pris fin dimanche par un abandon au neuvième tour. Mais les conséquences de sa violente chute de samedi matin pourraient peser bien plus longtemps sur la fin de sa saison rookie en MotoGP. De retour en Turquie, le pilote Pramac Yamaha doit passer une IRM de son épaule droite, luxée lors d'un highside survenu lors des essais libres à Mandalika.
« Demain, je rentre en Turquie et je passerai une IRM dès que possible pour comprendre l'état de mon épaule », a déclaré Razgatlioglu dimanche soir. « J'espère ne pas avoir besoin de chirurgie et qu'un peu de repos suffira pour récupérer avant la prochaine course. »
Un week-end cauchemardesque à Mandalika
Le week-end indonésien avait pourtant bien commencé pour le rookie, qui pointait à une encourageante 15e place en FP1 puis 16e lors de la Practice, à seulement 0,4 seconde du top 10. Le Turc voyait même dans ce circuit le théâtre possible de son premier top 10 en MotoGP, un objectif qu'il poursuit depuis le début de saison. Mais tout a basculé samedi matin : victime d'un highside, il est violemment projeté au sol et se luxe l'épaule droite.
À la surprise générale, il parvient à remettre l'os en place et à reprendre la piste. Il se qualifie 19e et termine la course sprint à la même position, aidé par des antidouleurs. Mais la situation se dégrade nettement dans la nuit. « Samedi, ce n'était pas si mal, c'était une course courte. Mais quand je me suis réveillé dimanche matin, j'avais vraiment mal et moins de mobilité », explique-t-il. « J'ai pris un antidouleur, mais la douleur n'est pas le plus gros problème. Le plus gros problème, c'est qu'il n'y a plus de force après la luxation. »
Une pénalité en plus des douleurs
Comme si les ennuis s'accumulaient, Razgatlioglu a également écopé d'une pénalité de trois places sur la grille pour avoir roulé lentement sur la trajectoire et gêné Marco Bezzecchi lors du warm-up. S'agissant de sa deuxième infraction de la saison, les commissaires ont opté pour une sanction plus lourde qu'un simple avertissement. Compte tenu de sa 19e place en qualifications et du forfait d'Aleix Espargaro, il s'est finalement élancé dernier.
Malgré cela, le pilote Pramac a tenu à prendre le départ, refusant d'abandonner sans essayer. « L'équipe m'a dit : si tu te sens mal, rentre ou ne cours pas. J'ai répondu : pourquoi sommes-nous ici ? Si c'est possible de rouler, je vais essayer de faire de mon mieux », raconte-t-il. « Je ne suis pas un pilote stupide. Si je me sens vraiment mal, je rentre au stand, c'est facile. »
Mais au fil des tours, la perte de puissance dans l'épaule s'est avérée rédhibitoire, notamment dans les changements de direction. « Chaque tour était pire, surtout du virage 7 au 8 et du 13 au 14. Quand je bougeais un peu l'épaule, j'avais l'impression qu'elle se déboîtait à nouveau. » Il a finalement rentré sa Yamaha au neuvième des 27 tours.
Un enjeu crucial pour sa fin de saison rookie
Un objectif top 10 désormais compromis ?
Cette blessure intervient à un moment charnière de la saison de Razgatlioglu, qui découvre le MotoGP après une brillante carrière en World Superbike. Sa progression était réelle ces dernières semaines, et le circuit de Mandalika, où il avait brillé par le passé, représentait une occasion idéale de concrétiser ses progrès.
Désormais, la priorité n'est plus à la performance mais à la récupération. Le prochain rendez-vous est fixé à Phillip Island, en Australie, du 23 au 25 octobre, soit à peine deux semaines après sa chute. Un délai très court pour une luxation d'épaule, surtout si une intervention chirurgicale s'avère nécessaire. Razgatlioglu conserve néanmoins l'espoir de revenir rapidement : « Nous verrons ce que disent les médecins, mais j'espère revenir plus fort le week-end prochain. »
La prudence avant tout
Cette situation rappelle la fragilité physique des pilotes de MotoGP, soumis à des contraintes extrêmes. La luxation d'épaule est une blessure particulièrement problématique pour un pilote, car elle affecte directement la capacité à contrôler la moto, notamment au freinage et dans les changements d'angle. Le risque de récidive est élevé si la guérison n'est pas complète.
Pour l'instant, aucun calendrier précis de retour n'a été communiqué. L'IRM de lundi devrait fournir des réponses cruciales. Si une opération est nécessaire, son absence pourrait se prolonger au-delà de Phillip Island, compromettant sérieusement sa fin de saison rookie. Dans le cas contraire, un simple repos pourrait suffire, mais son état de forme à son retour restera incertain.
Un contexte plus large pour Pramac Yamaha
Au-delà du cas individuel de Razgatlioglu, cette blessure soulève des questions sur la gestion des pilotes blessés en MotoGP. Le Turc a choisi de courir malgré une luxation, une décision courageuse mais risquée qui illustre la pression qui pèse sur les pilotes pour performer malgré la douleur. Son équipier Jack Miller a lui aussi connu un week-end difficile à Mandalika, abandonnant également sur problème mécanique présumé.
Pour Pramac Yamaha, l'incertitude autour de Razgatlioglu ajoute une difficulté supplémentaire dans une saison déjà délicate pour la marque japonaise, qui peine à retrouver son niveau de compétitivité. L'équipe devra peut-être envisager un remplaçant si le Turc venait à manquer plusieurs courses.
En attendant, tous les regards sont tournés vers l'IRM de lundi. Le verdict médical déterminera non seulement la suite de la saison de Razgatlioglu, mais aussi la capacité de Pramac Yamaha à aligner ses deux pilotes dans les meilleures conditions pour les dernières manches du championnat.
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