La Côte d'Azur envahie par les caméras de HBO
C'est désormais officiel et le tournage est en cours : la quatrième saison de The White Lotus, la série anthologique à succès de Mike White diffusée sur HBO, se déroule sur la French Riviera. Après Hawaï, la Sicile et la Thaïlande, la Côte d'Azur devient le nouveau terrain de jeu d'un casting étincelant comprenant Helena Bonham Carter, Steve Coogan, Sandra Bernhard, Vincent Cassel et Max Greenfield. Le cadre choisi cette saison n'est pas anodin : l'action se déroule sur une semaine, pendant le Festival de Cannes, l'un des événements les plus médiatisés et les plus élitistes de la planète.
Contrairement aux trois premières saisons, tournées dans des hôtels Four Seasons, la production a cette fois misé sur deux établissements distincts. Le premier, l'Airelles Château de la Messardière, perché sur les hauteurs de Saint-Tropez avec vue sur les plages de Pampelonne, incarnera le « White Lotus du Cap ». Le second, l'Hôtel Martinez de Cannes, institution Art Déco fréquentée par les plus grandes stars du cinéma mondial, jouera le rôle du « White Lotus Cannes ». Deux adresses dont les nuitées oscillent entre 2 800 et plus de 15 000 euros en période de festival — des chiffres qui résument à eux seuls l'univers de la série.
L'Hôtel Martinez, un décor naturellement taillé pour la série
Un hôtel hors du commun pendant le Festival
Pour ceux qui ont eu la chance de séjourner à l'Hôtel Martinez durant le Festival de Cannes, l'établissement ressemble déjà, par bien des aspects, à un épisode de The White Lotus. Derrière ses façades ocre et ses lignes Art Déco, l'hôtel se transforme chaque mois de mai en une scène à ciel ouvert où se croisent stars hollywoodiennes, producteurs richissimes et journalistes aux budgets serrés. Les ascenseurs minuscules, les longues files d'attente, l'impossibilité de rentrer dans l'hôtel sans accréditation valide : l'endroit concentre à lui seul toutes les contradictions sociales que la série affectionne.
Les couloirs et le grand hall sous son lustre monumental voient défiler, le temps du festival, des personnalités comme Jane Fonda, Viola Davis ou Adrien Brody, tandis que le personnel, débordé, tente de maintenir un semblant d'ordre dans un chaos organisé. Le plateau de tournage, en d'autres termes, était déjà en place bien avant l'arrivée des caméras.
Le Château de la Messardière, l'autre visage du luxe azuréen
À Saint-Tropez, l'Airelles Château de la Messardière offre un tout autre registre : celui d'un luxe plus discret, dominant la baie depuis ses hauteurs, entouré de vignes et de pinèdes. C'est ici que la dimension « villégiature dorée » de la saison devrait prendre toute son ampleur, loin de l'agitation cannoise, dans un écrin que les habitués de la Côte d'Azur considèrent comme l'un des plus beaux de la région.
Pourquoi Cannes et la Riviera constituent le cadre idéal
Le Festival de Cannes représente depuis des décennies l'archétype d'un monde où la richesse, la célébrité et les inégalités cohabitent dans une promiscuité spectaculaire. Journalistes fauchés partageant des Airbnb à sept, yachts de milliardaires amarrés à quelques mètres des festivaliers endettés, tapis rouge et serveurs épuisés : le festival concentre exactement les tensions de classe que The White Lotus explore depuis ses débuts. Mike White ne pouvait rêver meilleur terrain narratif.
La question de la célébrité s'ajoute ici aux thèmes habituels de la série — argent, pouvoir, rapports entre employés et clients —, ouvrant la voie à de nouveaux ressorts dramatiques : la pression des tournées promotionnelles, l'absurdité des standing ovations chronométrées, la cohabitation forcée entre le monde du cinéma d'auteur et celui des soirées hors de prix. La Croisette, avec ses contradictions assumées, devient presque un personnage à part entière.
Cette attractivité narrative de la Riviera se reflète aussi dans le marché immobilier de luxe de la région, qui ne faiblit pas : à Villefranche-sur-Mer, une villa contemporaine de sept chambres avec court de padel et cinéma en plein air vient d'être mise en vente pour près de 70 millions de dollars, illustrant l'appétit persistant des ultra-riches pour ce coin de Méditerranée. Un engouement que la série contribuera sans doute à alimenter davantage encore.
La Côte d'Azur reste par ailleurs un territoire prisé pour ses événements culturels et son prestige, comme en témoigne également l'intérêt médiatique autour de la famille Grimaldi, dont Caroline de Monaco a fait une semaine d'avril très remarquée.
Une saison à fort impact touristique et culturel
L'effet White Lotus sur les destinations de tournage est désormais documenté : après la diffusion des saisons précédentes, les hôtels concernés ont enregistré des pics de réservations spectaculaires, et les régions hôtes ont vu leur notoriété internationale bondir. La Côte d'Azur, déjà destination incontournable du tourisme de luxe mondial, devrait bénéficier d'un coup de projecteur supplémentaire dès la diffusion de la saison 4, prévue prochainement sur HBO et ses plateformes partenaires.
Pour la filière touristique locale, l'enjeu est de taille : la série touche des millions de téléspectateurs dans le monde entier et transforme chaque hôtel filmé en objet de désir global. Pour les professionnels du secteur, de l'hôtellerie aux agences immobilières de prestige, la Riviera version White Lotus pourrait bien constituer la meilleure campagne de communication jamais réalisée pour la région — à condition, bien sûr, que le portrait dressé ne soit pas trop mordant.
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