Dupont et Ntamack sur le banc : un choix stratégique avant les doublons
Pour ce qui devait être leur dernier match avec le Stade Toulousain avant près de deux mois, Antoine Dupont et Romain Ntamack ont débuté sur le banc face à Perpignan, samedi 24 octobre. Une décision du staff toulousain qui peut surprendre, mais qui s'explique par plusieurs facteurs. Les deux internationaux, logiquement appelés dans la liste des 42 joueurs retenus par Fabien Galthié pour préparer le Championnat des nations, vont quitter le club après la 7e journée de Top 14. Leur absence coïncide avec la période des doublons, toujours délicate pour l'effectif haut-garonnais.
En les laissant sur le banc, Ugo Mola et son staff ont permis à Paul Graou et Blair Kinghorn de prendre leurs premiers repères à la charnière avant le déplacement à Pau, où cette association a de fortes chances d'être reconduite. Kinghorn, qui n'a joué que 95 minutes cette saison, avait besoin de retrouver du rythme à un poste qu'il n'occupait plus depuis la saison dernière. Ce choix anticipateur vise à préparer au mieux l'équipe à l'absence des deux cadres, tout en offrant une forme d'émulation au sein du groupe.
Un succès poussif face à Perpignan
Sur le terrain, le Stade Toulousain a décroché une sixième victoire consécutive (38-33), mais a laissé filer le bonus offensif. Les Toulousains menaient pourtant 38-7 avant de concéder un 26-0 lors des vingt dernières minutes. Une première à Ernest-Wallon cette saison, alors que le champion de France en titre avait inscrit six essais à un. Matthis Lebel, interrogé après la rencontre, exprimait une certaine frustration : « On va retenir la victoire avant de se séparer des copains pendant quelque temps mais c'est vrai qu'il y a de la frustration d'envoyer cette image où on encaisse encore 33 points à la maison. »
Ce relâchement coupable prive Toulouse d'un point de bonus qui pourrait compter en fin de saison. Il met aussi en lumière les difficultés défensives récurrentes des « rouge et noir », qui avaient déjà encaissé 33 points face à Exeter et 34 face à Bayonne. Un signal d'alerte pour le staff, à quelques semaines d'une période de doublons particulièrement périlleuse.
Un effectif décimé par les blessures
La rencontre face à Perpignan a également été marquée par un nouveau coup dur pour le Stade Toulousain. Joel Merkler, pilier droit international espagnol qui dépanne avec brio en deuxième ligne depuis le début de la saison, a été contraint au forfait en raison d'une alerte à un ischio-jambier. Cette absence s'ajoute à une infirmerie déjà bien remplie, notamment en deuxième ligne où Thibaud Flament (épaule), Emmanuel Meafou (genou) et Clément Vergé (genou) sont indisponibles.
Face à l'USAP, la deuxième ligne était composée d'Efrain Elias et Joshua Brennan, ce dernier portant le numéro 5 pour la deuxième fois seulement de sa carrière. Roméo Bonnard-Martin, lui, connaissait sa septième feuille de match. Le retour d'Anthony Jelonch, titulaire en troisième ligne pour la première fois depuis avril, offre toutefois une bouffée d'oxygène. Anthony Jelonch de retour : le Stade Toulousain respire avant l'USAP avait d'ailleurs été salué comme une bonne nouvelle avant cette rencontre.
Le casse-tête du pilier droit
Avec la sortie sur commotion de Dorian Aldegheri face à Perpignan, les questions s'accumulent au poste de pilier droit. Joël Merkler a connu une petite alerte musculaire dans la semaine, et Tomas Rapetti sera en stage toute la semaine avec l'Argentine, ce qui ne lui permettra pas de préparer le match contre Pau. Le staff toulousain doit donc composer avec un effectif réduit à peau de chagrin, alors que s'annonce une série de rencontres cruciales.
Un leader sous tension avant les doublons
Malgré ces difficultés, le Stade Toulousain occupe la place de leader du Top 14 avant les premiers doublons. Une position enviable, mais fragile. Les récentes performances défensives inquiètent, et l'absence prolongée de Dupont et Ntamack pourrait peser lourd dans la course au titre. Le club devra s'appuyer sur ses forces vives, à l'image de Matthis Lebel, Teddy Thomas ou Ange Capuozzo, dont la vitesse a fait des ravages face à Perpignan.
La gestion des internationaux est un enjeu majeur pour les clubs du Top 14, et Toulouse, fort de son effectif pléthorique, est habitué à ces périodes. Mais cette saison, l'hécatombe de blessures complique la donne. Le staff devra faire preuve d'ingéniosité pour maintenir le cap et éviter que le relâchement aperçu face à l'USAP ne se reproduise.
Un match bizarre, des enseignements à tirer
La rencontre face à Perpignan a été qualifiée de « bizarre » par plusieurs observateurs. Après vingt minutes abouties, les Toulousains ont semblé baisser de pied, à l'image d'un temps de jeu effectif très faible en première période. Le tacle par-derrière du centre usapiste Mascarenc sur Gourgues, en position de marquer, aurait pu changer le cours du match, mais l'arbitre n'a pas sanctionné d'essai de pénalité. Toulouse a finalement assuré l'essentiel, la victoire, mais a laissé échapper un bonus qui pourrait peser.
Perspective : un tournant dans la saison
Pour le Stade Toulousain, cette 7e journée marque le début d'une période charnière. Les départs de Dupont et Ntamack pour le Championnat des nations, combinés aux blessures, vont mettre l'effectif à rude épreuve. Le déplacement à Pau, puis la réception de Clermont et le Racing 92 début décembre, seront autant de tests pour un groupe qui devra prouver sa capacité à rebondir sans ses cadres.
Au-delà, cette situation interroge sur la gestion des calendriers et l'impact des doublons sur la compétition. Le Stade Toulousain, quadruple champion de France en titre, reste favori, mais les signaux d'alerte se multiplient. La défense, en particulier, devra retrouver de la solidité. Comme l'a souligné Matthis Lebel, il faudra « tenir compte des signaux d'alerte » pour ne pas laisser filer des points précieux. La prochaine rencontre, à Pau, sera l'occasion de mesurer la capacité de réaction des « rouge et noir ». Une chose est sûre : le staff toulousain n'a pas fini de se creuser les méninges.
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