Un solo improvisé sous les projecteurs de la Plenitude Arena
C'est l'une des révélations des concerts parisiens de Céline Dion. Simon Royer, jeune violoniste breton de 24 ans, se produit depuis le 8 octobre à la Plenitude Arena de Nanterre au sein du quatuor à cordes qui accompagne la star canadienne. Chaque soir, il interprète un solo qu'il a lui-même composé, mis en lumière par la chanteuse lors de sa reprise de Sweet Dreams (Are Made of This) des Eurythmics. Un moment rare pour un musicien de second violon, qui a bouleversé le déroulé habituel du spectacle.
« Céline m'offre ce solo. Elle m'offre un cadeau incroyable. Je n'ai pas une position qui se prête au solo », confie-t-il au micro de France Inter dans l'émission Nouvelles Têtes du 13 octobre. Selon Vogue France, ce passage est devenu l'un des moments les plus remarqués du concert, au point que des vidéos amateurs ont largement circulé sur les réseaux sociaux.
Un parcours inattendu
L'histoire de Simon Royer a de quoi surprendre. Originaire de Vannes, dans le Morbihan, il découvre le violon à cinq ans après avoir assisté à une représentation de Pierre et le Loup de Prokofiev. Formé au conservatoire de sa ville puis à Rennes, il rejoint Paris à 18 ans pour étudier la composition et l'orchestration. Mais avant de fouler les planches aux côtés d'une icône mondiale, il a fait ses gammes dans la rue : au pied de la cathédrale de Vannes, puis à Montmartre.
« Il faut montrer qu'on a envie d'être là, parce que quand on est dans la rue comme ça, qu'on propose de la musique, c'est pas quelque chose que les passants attendent », raconte-t-il à France Inter. Cette expérience, souvent décriée, lui a permis de forger sa présence scénique et de financer ses débuts.
Une reconnaissance née sur les réseaux sociaux
Le tournant survient au printemps 2026, lorsqu'il apparaît dans le clip Dansons, le titre de Céline Dion sorti en avril. Repéré par l'équipe de la chanteuse grâce à sa visibilité sur les réseaux sociaux, il est contacté directement. « Je sors du conservatoire. Je suis un nouveau venu, je suis si jeune. Je viens quasiment de nulle part. J'ai mis peut-être un jour ou deux à réaliser que c'était moi qu'elle voulait », confie-t-il.
Après une audition à distance avec Scott Price, le directeur musical de Céline Dion, il intègre le quatuor à cordes pour l'ensemble de la tournée parisienne. Une consécration pour celui qui, quelques mois plus tôt, se produisait encore dans les rues de la capitale.
Le mannequinat comme deuxième corde
En parallèle de sa carrière musicale, Simon Royer est également mannequin depuis 2022, représenté à Paris. Il a notamment collaboré avec Maison Margiela. « La musique et la mode se nourrissent et cela me donne un profil singulier », explique-t-il. Cette double casquette, alliée à sa silhouette longiligne et à ses traits androgynes, a contribué à sa visibilité médiatique.
Avant Céline Dion, il avait déjà attiré l'attention du Symphony Orchestra Northern Virginia, qui lui avait commandé une pièce pour un orchestre d'environ 80 musiciens. Une première reconnaissance dans le domaine de la composition, lui qui rêve de créer pour le cinéma et les jeux vidéo.
Un tremplin pour la suite ?
Alors que la tournée de Céline Dion à la Plenitude Arena s'achève le 17 octobre après 16 concerts, l'avenir de Simon Royer semble désormais ouvert. Sa performance remarquée pourrait lui ouvrir de nouvelles portes, tant dans le monde de la musique classique que dans celui de la composition. Son profil hybride — musicien de rue devenu soliste, mannequin et compositeur — incarne une nouvelle génération d'artistes capables de naviguer entre les disciplines.
Cette ascension s'inscrit dans un contexte plus large de redécouverte des talents issus de la rue, portée par les réseaux sociaux et les castings sauvages. À l'image de Céline Dion, dont les derniers concerts à Paris mêlent émotion, mode et flambée des prix, l'industrie du spectacle semble de plus en plus sensible à ces parcours atypiques.
Pour Simon Royer, l'essentiel reste ailleurs : « Savoir qu'on va jouer avec elle, c'est comme aller au paradis. » Une façon de rappeler que, parfois, la rue mène directement aux plus grandes scènes.
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