Sébastien Delogu agressé à Marseille : plainte pour menaces de mort et violences

Le député LFI Sébastien Delogu a déposé plainte contre un homme qui l’aurait insulté, agressé et menacé de mort pour ses positions sur Israël.

Le député LFI Sébastien Delogu victime d'une agression à caractère politique à Marseille

Le député de La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a déposé plainte ce mardi 26 mai 2026 après avoir été la cible d'une agression verbale et de menaces de mort, lundi soir, dans les quartiers Sud de Marseille. L'élu, connu pour son engagement pro-palestinien, a été reconnu par un autre automobiliste alors qu'il était arrêté à un feu tricolore sur le boulevard Michelet.

Selon des sources policières et le récit de la plainte consulté par l'AFP, le conducteur d'une Smart, accompagné d'une femme, s'est approché du véhicule du député et lui a lancé : « Descends, je vais te tuer », avant d'ajouter « Am Israel hai » (le peuple d'Israël vit). L'agresseur aurait également proféré des propos menaçants : « On va exterminer tous les Arabes… Ta mère, on sait où elle habite », avant de cracher sur la voiture de l'élu.

Enquête ouverte pour violences aggravées et menaces de mort

Le parquet de Marseille a immédiatement réagi en ouvrant une enquête pour « violences aggravées » et « menaces de mort contre une personne investie d'un mandat électif », a indiqué le ministère public à l'AFP. Cette qualification souligne la gravité des faits et le contexte politique dans lequel ils s'inscrivent.

Joint par France 3, Sébastien Delogu s'est dit « très choqué » et « très perturbé » par cette agression. « C'est de plus en plus violent. On se demande si on est encore en sécurité », a-t-il confié, évoquant le climat de tension qui entoure ses positions publiques.

Un contexte de tensions croissantes autour de l'engagement pro-palestinien du député

Cette agression s'inscrit dans un climat de radicalisation des discours et de multiplication des actes hostiles envers les élus et les militants engagés sur le conflit israélo-palestinien. Sébastien Delogu, qui avait agité un drapeau palestinien à l'Assemblée nationale en mai 2024 (écopant de deux semaines d'exclusion), est régulièrement la cible de critiques virulentes.

L'élu marseillais avait déjà été visé, en début d'année 2026, par une vaste opération d'ingérence numérique révélée par Libération et le média israélien Haaretz. Cette campagne de déstabilisation, menée via la plateforme Blackcore basée en Israël, visait à le discréditer ainsi que d'autres candidats LFI lors des élections municipales. Aujourd'hui, cette nouvelle agression relance les inquiétudes sur la sécurité des élus et la montée des violences politiques.

En parallèle, la France a récemment annoncé envisager une action en justice après le traitement « odieux » de ses militants par Israël lors de la flotille pour Gaza, un dossier suivi de près par les soutiens de la cause palestinienne. Par ailleurs, la France et la Pologne ont récemment banni Itamar Ben-Gvir après une vidéo choc sur des détenus, illustrant les tensions diplomatiques autour de ce conflit.

Un rappel des précédentes menaces et procédures judiciaires

L'élu n'en est pas à sa première procédure judiciaire. Outre cette plainte pour agression, Sébastien Delogu doit comparaître prochainement devant le tribunal pour « recel de biens provenant d'un vol », « divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct de danger ». Une affaire distincte qui témoigne de la pression judiciaire qui pèse sur lui.

Implications plus larges : la sécurité des élus et la polarisation du débat public

Cette agression intervient dans un contexte où les députés et les figures politiques sont de plus en plus exposés à des violences verbales et physiques. Elle soulève la question de la protection des élus, notamment ceux qui défendent des positions controversées ou minoritaires. Le débat sur le conflit israélo-palestinien, déjà très polarisé, tend à se durcir en France, avec des répercussions directes sur la sécurité des acteurs politiques.

L'ouverture d'une enquête rapide par le parquet de Marseille montre une volonté de répondre fermement à ces actes, mais elle ne masque pas une tendance de fond : la montée des menaces et des agressions envers les élus locaux et nationaux, toutes tendances politiques confondues. Les associations d'élus appellent régulièrement à renforcer les mesures de protection, mais les moyens restent limités.

Pour Sébastien Delogu, cette nouvelle affaire vient s'ajouter à un parcours déjà marqué par les polémiques et les procédures, alors qu'il s'apprête à comparaître devant le tribunal pour d'autres chefs d'accusation. L'avenir dira si cette agression marquera un tournant dans la manière dont les autorités traitent les violences politiques en France.

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