Sarah Knafo en pleine tourmente médiatique
Sarah Knafo est partout. L'eurodéputée Reconquête, numéro 2 du parti d'Éric Zemmour, enchaîne les apparitions médiatiques et les succès de librairie. Mais son actualité récente est marquée par une controverse : la diffusion d'une vidéo truquée au Parlement européen.
Un livre qui cartonne
Publié chez Fayard, Le Casse du siècle dépasse déjà les 200 000 exemplaires vendus, selon L'Express. Un score impressionnant qui place Sarah Knafo devant des poids lourds de l'édition comme Delphine de Vigan ou Virginie Grimaldi, et qui lui permet de rivaliser avec Fred Vargas et Guillaume Musso. À titre de comparaison, François Hollande, qui publiait au même moment Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, n'a vendu que 4 000 exemplaires. Un écart de 1 à 50 qui illustre la dynamique actuelle de l'essayiste d'extrême droite.
La polémique de la vidéo truquée
Mais c'est une autre affaire qui agite la classe politique. Le 5 octobre, Sarah Knafo publie sur ses réseaux sociaux une vidéo de son intervention au Parlement européen, où elle dénonce les « bandes de racailles » responsables des violences lors des blocages lycéens. La séquence, agrémentée d'une musique épique, la montre ovationnée par ses collègues. Problème : les applaudissements n'ont jamais eu lieu.
Révélée par l'eurodéputée insoumise Leïla Chaibi, la supercherie est confirmée par les images officielles du Parlement, qui ne montrent que quelques applaudissements épars. Interrogée par Libération, Sarah Knafo se défausse sur « le prestataire qui a monté la vidéo », assurant n'avoir « demandé aucun ajout ». Les séquences trompeuses restent toutefois en ligne.
Un contexte politique sous tension
Une rentrée médiatique offensive
Cette séquence intervient dans un contexte où Sarah Knafo est devenue une figure incontournable des médias. Malgré le score marginal de Reconquête aux dernières législatives (0,7 % des suffrages), elle est invitée sur les plateaux pour commenter l'actualité. Sa stratégie de provocation et son discours radical lui assurent une visibilité disproportionnée par rapport à son poids électoral.
La riposte de Bruno Le Maire
Autre moment fort de sa rentrée : son passage dans l'émission Esprits Libres du Figaro, le 1er octobre. Face à Bruno Le Maire, elle défend la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires. L'ancien ministre de l'Économie réplique : « Le premier poste de fonctionnaire qu'on pourrait supprimer, c'est le vôtre. » Il pointe le fait qu'elle est toujours auditrice à la Cour des comptes, en disponibilité, et l'invite à démissionner pour ne plus être « juge et partie ». Une punchline saluée jusque dans les rangs de La France insoumise.
Perspectives : une stratégie de confrontation risquée
Entre succès commercial et dérive factuelle
Le succès de Le Casse du siècle ne doit pas masquer les critiques sur son contenu. Libération qualifie l'ouvrage de « bourré d'erreurs et de manipulations ». La vidéo truquée s'inscrit dans cette tendance : une communication politique qui privilégie l'impact émotionnel sur la vérité factuelle. Une méthode qui séduit une partie de l'électorat, mais qui expose Sarah Knafo à des accusations de malhonnêteté intellectuelle.
Un avenir politique incertain
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, Sarah Knafo incarne une ligne radicale au sein de Reconquête. Son alliance avec les néonazis de l'AFD au Parlement européen, son discours anti-immigration et ses propositions libérales assumées lui confèrent une place singulière dans le paysage politique. Mais les polémiques à répétition pourraient fragiliser sa position. Reste à savoir si le public suivra sur le long terme.
En attendant, la députée européenne continue de faire parler d'elle. Une chose est sûre : que ce soit par ses ventes de livres ou ses controverse, Sarah Knafo ne laisse personne indifférent.
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