Russie : Poutine célèbre la prise de Kostiantynivka, verrou clé du Donbass

Cabane d'une cireuse de chaussures dans la rue à Moscou, en Russie.

La chute de Kostiantynivka annoncée par Moscou

Le président russe Vladimir Poutine a salué, ce 4 juillet 2026, la prise de la ville de Kostiantynivka dans l'est de l'Ukraine, présentée comme une avancée majeure dans le conflit qui entre dans sa cinquième année. Selon des images diffusées par le Kremlin, le chef de l'État a reçu un rapport du général Valery Gerasimov, chef d'état-major russe, confirmant le contrôle total de cette localité stratégique du Donetsk.

"Nous savons tous que cette ville est un centre de transport clé et un grand centre industriel du Donbass", a déclaré Vladimir Poutine, cité par l'agence Reuters. Le ministère russe de la Défense a publié sur Telegram des photographies montrant des soldats brandissant des drapeaux russes devant des bâtiments en ruine. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a précisé que le président avait évoqué une conquête réalisée "à un coût élevé pour les défenseurs ukrainiens".

De son côté, l'Ukraine n'a pas officiellement commenté cette annonce. Dans son rapport du soir, l'état-major général ukrainien s'est contenté de mentionner "de violents combats autour de Kostiantynivka". Les autorités militaires ukrainiennes avaient pourtant reconnu ces derniers jours une situation difficile dans cette cité déjà lourdement détruite par les bombardements.

Pourquoi Kostiantynivka est un enjeu crucial

Kostiantynivka constituait l'un des derniers verrous de la ligne défensive ukrainienne dans le Donetsk. Avec Sloviansk, Kramatorsk et Druzhkivka, elle formait un "quadrilatère" protégeant la partie encore sous contrôle de Kiev dans la région. Sa chute ouvre désormais la voie vers ces trois autres villes, qui se retrouvent en première ligne.

Les experts s'accordent sur le caractère stratégique de cette conquête. "La capture de Kostiantynivka permettrait à la Russie de disposer d'une base pour avancer plus au nord le long de cette ligne de défense", analyse un rapport cité par Big News Network. Le général Gerasimov a d'ailleurs confirmé que les troupes russes se rapprochent déjà de Lyman, une ville située à environ 70 kilomètres au nord, décrite comme "d'une importance logistique et stratégique clé pour la poursuite de l'avancée".

Les combats pour Kostiantynivka auraient été d'une violence extrême. Selon des sources militaires ukrainiennes, de petits groupes de soldats russes s'efforçaient de pénétrer dans les faubourgs, laissant présager des affrontements rapprochés. L'artillerie et les drones russes ont pilonné sans relâche les infrastructures et les routes d'approvisionnement menant à la ville, fragilisant davantage les défenseurs.

Une guerre d'usure qui s'intensifie

Cette annonce intervient dans un contexte de pressions multiples sur les forces ukrainiennes. Avec environ 55 attaques enregistrées sur la ligne de front, les directions de Sloviansk et Kostiantynivka concentrent l'essentiel de l'activité ennemie, selon l'état-major général ukrainien. Parallèlement, les frappes aériennes et les tirs de drones russes se multiplient contre les villes encore tenues par Kiev.

Pour Vladimir Poutine, cette conquête le rapproche de son objectif affiché de contrôler la totalité du Donbass, composé des provinces de Donetsk et Louhansk. Après plus de quatre ans de guerre, l'Ukraine ne conserve qu'environ un cinquième de la région de Donetsk. La prise de Kostiantynivka réduit encore cette emprise.

Si certains analystes estiment que la chute de la ville n'est qu'une question de temps, des responsables ukrainiens affichent leur détermination. Un général ukrainien a assuré que la cité pouvait encore tenir si les moyens en hommes et en ressources étaient maintenus. Cependant, la situation se dégrade, et les dons d'armes occidentaux, notamment les systèmes de défense antiaérienne Patriot, restent jugés insuffisants par Kiev.

Alors que la guerre s'enlise sur la majeure partie du front long de 1 200 kilomètres, la progression russe dans le Donetsk illustre sa capacité à concentrer ses efforts sur des objectifs précis, malgré des pertes humaines et matérielles élevées. Le coût de la guerre, humain et économique, ne cesse de s'alourdir.

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