Un Ntamack retrouvé pour relancer Toulouse
Romain Ntamack semble avoir laissé derrière lui les blessures qui ont gâché son hiver. L'ouvreur du Stade Toulousain, privé du dernier Tournoi des Six Nations en raison d'une blessure au rein et de rechutes aux ischio-jambiers, affiche désormais une forme physique optimale. Comme le souligne une analyse technique de Rugbyrama, il "n'hésite plus à jouer près de la ligne d'avantage" et pèse davantage sur les rencontres. Une aubaine pour le club rouge et noir, qui traverse une période moins faste et cherche des solutions pour retrouver de l'allant en cette fin de saison.
Un catalyseur attendu
Le staff d'Ugo Mola l'attendait au tournant. En début d'année, les difficultés physiques de Ntamack avaient poussé le manager à tester Thomas Ramos, puis Blair Kinghorn à l'ouverture. Mais les prestations en demi-teinte de l'Écossais dans la gestion du jeu n'ont pas convaincu. Aujourd'hui, avec un joueur "bien dans son corps, mieux dans sa tête", Toulouse espère que son numéro 10 retrouvera son rôle de catalyseur offensif, capable d'animer le jeu et de prendre ses responsabilités.
La concurrence Jalibert – Ntamack relancée
Paradoxalement, l'absence de Romain Ntamack durant le Tournoi a permis à un autre ouvreur de briller : Matthieu Jalibert. Mis à l'écart par Fabien Galthié depuis plusieurs saisons, le joueur de l'UBB a saisi sa chance lors du dernier Six Nations, jouant un rôle clé dans le titre français. Ce retour en grâce relance le débat sur le poste d'ouvreur en équipe de France, à un an de la prochaine Coupe du monde. Comme le rapporte Le10sport, le sélectionneur se trouve désormais face à un "véritable casse-tête" : faire confiance à son titulaire historique, désormais rétabli, ou s'appuyer sur la forme éclatante de Jalibert qui a crevé l'écran en Bleu.
La concurrence, une chance pour les Bleus
Pour le Stade Toulousain, cette rivalité est aussi un signe de santé. Ntamack, conscient de la pression, veut prouver qu'il reste le maître à jouer. De son côté, Jalibert, porté par tout un club de supporters, semble revanchard. Si la question divise les observateurs, elle offre à Fabien Galthié une profondeur de banc inédite et une émulation de haut niveau, bénéfique pour le XV de France.
L'image des joueurs, nouveau champ de bataille
Au-delà du terrain, Romain Ntamack incarne aussi les nouveaux enjeux économiques du rugby professionnel. Le président de Toulouse, Didier Lacroix, a récemment plaidé pour une réforme du salary cap concernant le droit à l'image individuel. Il dénonce un système qui considère les joueurs comme "concurrents économiques" de leur propre club lorsqu'ils signent des contrats personnels avec des sponsors partenaires.
"Un Davos du salary cap"
Lacroix estime qu'il "fallait organiser un véritable Davos des règlements du salary cap" pour moderniser les règles. Sous-entendu : les dirigeants du rugby hexagonal n'ont pas suffisamment anticipé l'explosion des valeurs individuelles. Ce débat, qui dépasse largement le cas de Ntamack, touche au cœur du modèle économique français, où les stars comme Antoine Dupont ou Louis Bielle-Biarrey peuvent générer des revenus publicitaires colossaux, potentiellement pénalisés par le plafond salarial.
Une implication locale renforcée
Toujours en marge des matchs, Romain Ntamack montre son attachement au territoire toulousain. Le 4 mai 2026, il participait à l'inauguration de la nouvelle Kidz'Ac du Stade Toulousain à Saint-Orens-de-Gameville, en compagnie de Thomas Ramos et Ange Capuozzo. Cette académie pour enfants, dirigée par son père Émile Ntamack, illustre la volonté du club de s'ancrer localement tout en développant des projets extrasportifs. Un engagement qui renforce l'image du joueur, bien au-delà de ses performances rugbystiques.
Entre son retour au premier plan, la concurrence avec Jalibert et les questions économiques qui l'entourent, Romain Ntamack est au cœur de l'actualité du rugby français. Reste à savoir si sa forme du moment suffira à offrir un titre à Toulouse et à le remettre en selle pour le Mondial 2027.
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