Requins en ville, alertes en Australie et fossiles géants : l'actualité qui agite le monde des squales

Un homme a été tué par un requin sur un site de plongée populaire en Australie

Un requin nage en pleine rue dans le New Jersey

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Samedi 26 septembre 2026, après des inondations massives provoquées par une violente tempête, un requin-chien a été filmé en train de nager dans les rues de Surf City, dans le New Jersey (États-Unis). La scène, immortalisée par un habitant, Drew Procaccino, montre l'animal remontant une allée résidentielle avant de se diriger vers la baie de Barnegat.

« Au début, nous avons pensé que c'était un poisson, ce qui aurait déjà été cool. Mais un bébé requin, c'est encore mieux », a commenté l'auteur de la vidéo, relayée par ABC News et USA Today. Selon les experts, il s'agit d'un requin-chien, également appelé aiguillat en France. Cette espèce inoffensive, qui se nourrit de poissons, de calmars et de crustacés, ne dépasse pas un mètre de long. Sa présence dans des eaux urbaines submergées n'est pas inhabituelle lors d'épisodes de crue, mais elle illustre la facilité avec laquelle ces prédateurs peuvent s'aventurer hors de leur milieu naturel lorsque les conditions météorologiques extremes brouillent les frontières entre terre et mer.

Une espèce inoffensive mais spectaculaire

Si l'aileron dépassant de la surface peut effrayer, le requin-chien demeure totalement inoffensif pour l'homme. Sa petite taille et son régime alimentaire en font un animal craintif, rarement observé en pleine ville. L'épisode de Surf City rappelle toutefois que les inondations peuvent créer des corridors inattendus pour la faune marine, un phénomène qui pourrait se multiplier avec le dérèglement climatique.

Alerte aux requins en Australie après la mort d'une baleine

Quelques jours plus tôt, à l'autre bout du monde, les autorités australiennes ont lancé un avertissement sérieux aux baigneurs. L'organisme SharkSmart a signalé une hausse de l'activité des requins sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud, autour de l'embouchure de la rivière Clarence. En cause : la carcasse d'un jeune rorqual à bosse, qui avait remonté la rivière sur 11 kilomètres avant de s'échouer et de mourir.

La présence de ce cadavre attire les charognards, dont les requins, parfois en grand nombre. Les plaisanciers sont invités à éviter le surf, la baignade et la plongée dans la zone, et à respecter les fermetures en vigueur. Selon la scientifique Vanessa Pirotta, l'animal semblait gravement malade, comme en témoigne la quantité de balanes sur sa peau. La cause exacte de sa mort reste indéterminée.

Un contexte de vigilance accrue

Cet événement survient moins d'une semaine après qu'une autre carcasse de rorqual à bosse s'est échouée près de Perth, dans l'ouest de l'Australie, attirant également plusieurs requins. Ces alertes rappellent que la présence de baleines mortes près des côtes constitue un danger réel pour les usagers de la mer. Elles résonnent d'autant plus au Québec qu'un plongeur a été mordu par un requin blanc au large de Percé, en Gaspésie, le 16 septembre 2026. L'homme, transporté à l'hôpital dans un état stable, a survécu à ce qui constitue une première dans la province selon La Presse. Un expert interrogé par le Journal de Québec a toutefois rappelé que ces rencontres demeurent extrêmement rares, même si le grand requin blanc fréquente les eaux du golfe du Saint-Laurent durant la saison chaude.

Des fossiles de requins géants réécrivent l'histoire évolutive

Sur le plan scientifique, une découverte majeure a été publiée dans la revue Communications Biology. Cinq vertèbres fossilisées, mises au jour dans le nord de l'Australie, près de la plage de Casuarina, ont repoussé de 15 millions d'années l'apparition connue des requins lamniformes de très grande taille. Ces fossiles, vieux d'environ 115 millions d'années, appartiennent à un requin géant de la famille des cardabiodontidés, un groupe disparu apparenté aux lamniformes, qui inclut le grand requin blanc actuel et, bien plus tard, le mégalodon.

Selon les estimations, ce requin mesurait entre six et huit mètres de long et pesait plus de trois tonnes. Il occupait une position de prédateur dominant dans la chaîne alimentaire du Crétacé inférieur. Jusqu'ici, les scientifiques situaient l'apparition de ces grands lamniformes il y a environ 100 millions d'années, principalement dans les eaux européennes et nord-américaines. Cette découverte bouleverse donc la chronologie établie et suggère que la capacité à atteindre des tailles hors normes est un trait ancien chez certains requins, expliquant les origines évolutives du mégalodon.

Un intérêt paléontologique mondial

En France, des terrains marins du Crétacé livrent régulièrement des dents fossiles de requins, étudiées par le Muséum national d'Histoire naturelle et divers musées régionaux. La collecte y est toutefois encadrée sur certains sites protégés. Cette découverte australienne rappelle que l'histoire des requins reste largement à écrire, et que chaque fossile peut remettre en cause des décennies de certitudes.

Perspectives : entre coexistence et fascination

L'actualité récente des requins dessine un portrait contrasté. D'un côté, des événements spectaculaires — un squale dans une rue américaine, des alertes en Australie — qui alimentent les peurs et les fantasmes. De l'autre, des avancées scientifiques qui rappellent que ces animaux peuplent les océans depuis des centaines de millions d'années et continuent de fasciner les chercheurs.

La multiplication des interactions entre l'homme et les requins, qu'elle soit due au réchauffement des eaux, à la mortalité des baleines ou à l'urbanisation des zones côtières, impose une vigilance accrue. Mais elle souligne aussi l'importance de la recherche et de la pédagogie pour dépasser les clichés et mieux comprendre ces prédateurs essentiels à l'équilibre des écosystèmes marins.

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